GRACE L’AFFAIRE SPAGHERO/FINDUS, CARREFOUR JOUE ENFIN LE PATRIOTISME ALIMENTAIRE

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·         Surgelés : des marques optent pour de la viande française

Mots clés : Plats préparés, Viande de cheval, Findus, Stéphane Le Foll, CARREFOUR

Par Isabelle de Foucaud Mis à jour le 23/02/2013 à 14:21 | publié le 23/02/2013 à 12:33 Réactions (142)


Carrefour s'est engagé à utiliser 100% de viande française dans ses plats préparés de marque de distributeur ce samedi. Crédits photo : PHILIPPE DESMAZES/AFP

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Le géant de la distribution Carrefour s'est engagé à utiliser 100% de viande française dans ses plats préparés. Intermarché certifiera ses produits à base de boeuf.

L'étiquetage obligatoire sur les viandes utilisées dans les plats cuisinés, défendu par François Hollande au Salon de l'agriculture samedi, fait bouger les lignes. Sur le front politique, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, doit se rendre lundi à Bruxelles pour convaincre ses homologues européens. Mais sur le terrain, les industriels et distributeurs agroalimentaires français cèdent à la pression suite au scandale de la viande de cheval.

Carrefour a ainsi indiqué samedi qu'il entendait «d'ici à 6 mois», le temps d'organiser l'approvisionnement et la fabrication, remplacer la viande bovine et porcine de ses plats cuisinés surgelés de marque Carrefour par de la «viande exclusivement d'origine France», c'est-à-dire provenant de bétail né, élevé et abattu en France. Un accord a été signé entre le distributeur et la Fédération nationale bovine (FNB) et annoncé au président de la République sur le Salon de l'agriculture. «Les plats cuisinés frais sont aussi concernés par cette mesure, qui sera effective plus rapidement, à savoir dès le mois de mars», précise Éric Bourgeois, directeur des produits frais de Carrefour. Les consommateurs seront informés de l'origine de la viande de bœuf et de porc contenue dans ces produits préparés grâce à un étiquetage dédié, dès leur mise en rayon.

Le responsable se refuse à évaluer l'impact financier de cet engagement pour Carrefour, notamment sur ses coûts d'approvisionnement. «Cela fait partie des sujets sur lesquels nous travaillons avec la FNB.» Selon lui, en revanche, «l'impact sera neutre pour nos clients et nos produits seront vendus au prix le plus juste». En clair, l'enseigne devra rogner sur ses marges ou obtenir des concessions de ses 20.000 producteurs partenaires en amont. «Cet accord est une vraie aubaine pour les producteurs qui trouvent ainsi de nouveaux débouchés», insiste Éric Bourgeois. Comme Carrefour, son concurrent Intermarché a pris des mesures «pour rassurer les clients». Il lancera à compter du mois de mars un étiquetage «Jean Rozé, Boeuf 100% français» sur ses plats cuisinés.

Gare à la valse des étiquettes

Ces annonces font suite aux engagements pris cette semaine par deux géants du surgelés Findus et Thiriet. Findus, qui a perdu 1 million d'euros en deux semaines après avoir révélé le scandale de la viande de cheval, s'engage dès la fin mars à certifier Viande Bovine Française (VBF) tous ses plats cuisinés à base de viande de bœuf. Enfin, Thiriet a décidé de lancer un nouvel appel d'offres pour remplacer Comigel, qui le fournissait depuis plusieurs années en plats cuisinés. «Par ailleurs, nous avons également décidé de ne commercialiser que des plats cuisinés fabriqués à base de viande bovine d'origine française et de privilégier les circuits courts», expliquait jeudi la porte-parole du groupe au Figaro .

Un défilé d'annonces que certains regardent avec prudence. «Ces mesures auront des conséquences sur les prix de la viande pour les consommateurs», assure-t-on chez Système U, en rappelant la flambée des étiquettes dans la foulée de la crise de la vache folle et des mesures de contrôle et de traçabilité prises alors. «Le problème n'est pas qu'une question de prix mais aussi de disponibilité de la matière en France, notamment avec l'érosion progressive du nombre d'éleveurs», ajoute-t-on. Au total, la France comptait 180.000 éleveurs bovins fin 2011, soit une baisse de 16 % en six ans, selon une récente étude de FranceAgrimer.