Mardi 9 mars 2 09 /03 /Mars 16:20

                      A la lumière de l’actualité liée à la dette publique grecque, je me pose la question suivante : un Etat endetté fait-il vraiment « ce qu’il veut » ?

Je ne le crois pas. Aussi bien pour les Etats-Unis d’Amérique dont la dette est très peu diversifiée à la fois dans son objet, leurs colossales dépenses militaires, et dans leurs « créanciers », les Chinois, ce qui me laisse penser que les seconds ne laisseront jamais les premiers « intervenir » contrairement à leurs intérêts géopolitiques et économiques.

C’est finalement davantage le cas encore quant à notre pays, car sa dette certes plus diversifiée sert avant tout  à assumer les besoins « vitaux » d’une société au moins partiellement assistée par l’Etat-Providence. La société de consommation en France a besoin des salaires de ses fonctionnaires, des retraites, des minima sociaux mais aussi de la commande publique, du remboursement des frais médicaux et des médicaments par la Sécurité Sociale, de l’attrait des  organismes bancaires et des professionnels de l’immobilier pour les revenus « stables » pour fonctionner. Et comme le secteur privé « productif », agricole et industriel n’est plus en mesure d’assurer les « besoins » du pays tant directement (l’indépendance alimentaire et industrielle n’est plus assurée dans la plupart des secteurs) qu’indirectement (les emplois ne parviennent plus à assurer le financement de l’ « Etat-Providence »), l’Etat doit augmenter sans cesse sa dette pour conserver aux Français (qualité obtenue par la seule naissance sur le territoire ce qui n’est pas sans lien hélas car ce n’est pas normal!) le mode de vie dont ils sont devenus dépendants et dont ils n’envisagent pas de se débarrasser pour l’instant malgré le timide développement des Associations de Maintien de l’Agriculture Paysanne et des relations de proximité. Le Produit Intérieur Brut constitue sous cette aune une statistique assez « décalée » car incluant la pure « consommation » nécessairement ruineuse à terme pour le contribuable  comme pour les épargnants.

C’est la vraie différence  avec les Grecs-je fais abstraction ici de l’importance accordée au budget militaire en raison de la réalité du danger turc- qui travaillent au noir, ne consomment pas vraiment et utilisent le tourisme comme origine de financement « annexe » direct. Dès lors, les grands groupes cotés, qu’il s’agisse des laboratoires pharmaceutiques ou des grands organismes bancaires, ont bien davantage intérêt à laisser la France « fonctionner » ainsi pour l’instant tant directement (une partie d’entre eux détient la dette publique française) qu’indirectement (s’ils délocalisent en Asie, c’est pour permettre aux Français de continuer à consommer à bas coût de production) que la Grèce.

 

 

Et si le « cadeau » que constituent les faibles taux d’intérêt pour la France était due uniquement à son système d’ « Etat-Providence » qui y fait vivre la société de consommation de masse et même certains grands groupes  comme Sanofi-Adventis ? On peut se demander à cet égard comment les grands groupes cotés tirent profit de leur situation, affichant aussi bien une baisse du chiffre d'affaire qu'une hausse des bénéfices dans bien des cas, ce qui signifie une perte d'emplois normalement préjudiciable à une reprise réelle et dont ces groupes se contentent volontiers...

Ou encore à l’envoi de troupes en Afghanistan ? Mon avis intime est que nous entrons depuis l’éclatement de la crise financière dans une période de transition qui implique peut-être le maintien du système de « redistribution » à la française qui, en période de crise financière, présente l’avantage de préserver la capacité de consommation des Français y compris et surtout les plus modestes.

 

                  Y gagnons-nous ? Cela dépend. Le rôle d’amortisseur social a été très net au moment de la crise et, d’un autre côté, l’Etat-Providence retarde la désertification de certaines régions.

D’un autre côté, les prélèvements obligatoires servant essentiellement à rembourser les intérêts de la dette pénalisent trop nos entreprises, l’assistanat empêche la véritable réinsertion sociale et entraîne l’assistanat en attirant la « misère du monde » et les agents publics trop bien payés de certains ministères entretiennent l’inflation immobilière francilienne. Par ailleurs, la recherche à tout prix de recettes publiques accessoires par certaines administrations (le Trésor Public et les forces de police dans le cas des procédures parfois abusives de recouvrement d’amendes, l’Inspection du Travail dans le cadre du travail non déclaré, les administrations centrales et européennes à l’origine de règlements aussi tatillons qu’inutiles et en tout cas non conformes au principe de subsidiarité) pénalise bien souvent l’ « économie réelle » et les « corps intermédiaires » qui la composent.

 

Dans ce contexte où l’on consomme ce que l’on ne produit pas ou plus, la question n’est plus de savoir si l’on fait revivre notre économie privée largement financiarisée mais si l’on fait continue à faire vivre la société de consommation de masse. L’argent-dette n’existe que par le crédit ce qui signifie que la dette permet cette dernière et c’est tout le piège dont les « consommateurs » ne profitent plus vraiment car, même en période de déflation aujourd’hui, le maintien de revenus artificiellement « élevés » se traduit par un haut niveau de prix…et de forts coûts de production pour les entrepreneurs !

 

Comme la revalorisation généralisée des rémunérations et minima sociaux, l’Etat-Providence lui-même se heurte à la tendance des consommateurs à alimenter les déséquilibres inflationnistes, c’est très net dans le domaine immobilier, ce qui entraine une perte de pouvoir d’achat…mais la poursuite du train de vie de l’Etat-Providence et de la société de consommation de masse, c’est l’engrenage !

Comme il n’est pas question de supprimer tout de suite tout cela, il faut à la fois en alléger le coût en diminuant les dépenses de fonctionnement et d’assistanat surtout par l’encouragement au travail et aux relocalisations ! Et à propos de « relocalisation », veiller à mieux « répartir » les dépenses au profit des zones rurale afin de limiter une concentration coûteuse pour les ménages !

 

Nous approuvons le souhait du chef de l’Etat d’augmenter de 25% la production industrielle d’ici 2015, le grand emprunt avec ses 5, 5 milliards d’euros déjà accordés aux entreprises innovantes et surtout les 500 millions de prêts bonifiés « verts » ainsi que les 200 millions de primes à la « relocalisation » avec un Etat qui, en tant qu’actionnaire, joue un rôle stratégique réel. La fonction "investissement" de la dépense publique, utilisant opportunément le mode du redéploiement des effectifs publics ce qui implique un aboutissement des réformes liées à la mobilité et aux indemnités des fonctionnaires, doit être valorisée surtout si elle privilégie les secteurs stratégiques, les secteurs "écologiques" et les secteurs susceptibles d'employer beaucoup de personnes dans les zonez rurales non protégées en voie de désertification. Il s'agit encore une fois d'une meilleure utilisation de l'argent public!

 

Mais cela ne doit pas faire l’économie d’une réflexion profonde sur le sens de cette société de consommation bureaucratique qui attire « la misère du monde » au détriment des pays d’origine comme des pays d’accueil, entretient l’assistanat anonyme au détriment de l’artisanat, décourage les initiatives individuelles ou associatives et, plus généralement, maintient les populations dans un état d’opulence artificielle se traduisant concrètement par de l’inflation tout en favorisant le gaspillage des ressources naturelles et énergétiques. Et de manière, plus fondamentale, le déracinement.

 

 

                        On peut penser que, compte-tenu du comportement exemplaire en termes de dette publique de certains de nos voisins, la participation à « une zone euro » en voie d’explosion en raison du risque de krach obligataire constitue un avantage…Outre que les « fonds structurels » profitent essentiellement aux Etats s’approchant du modèle grec s’agissant du FEDER et à l’agriculture productiviste mais interdite désormais de production s’agissant du FEOGA, il convient de noter qu’une partie de notre production notamment agricole subit les conséquences de cette « concurrence déloyale » à laquelle on n’ose même pas imposer des critères environnementaux.

C’est tout le sens de la problématique actuelle qui, se traduisant par le relativement faible niveau des taux d’intérêt en France, met à mal la cohésion de la zone euro.

 

Pourtant, la Grèce souffre avant tout du niveau élevé de l’euro, c’est un point commun avec la France…et une divergence majeure avec l’Allemagne qui, encore traumatisée moins d’un siècle après par l’inflation de 1923, a misé sur des exportations à haute valeur ajoutée qui lui assureront une certaine prospérité …jusqu’à ce que les Chinois aient fini de racheter leurs savoir-faire par O.P.A. interposés comme les Indiens ont déjà fait avec le nôtre, même si nous avons encore quelques ressources mal exploitées en termes de recherche, ce qui est un autre sujet !

 

Par ailleurs, plus les échanges internes se généralisent, plus l’impact des échanges externes également.

L’histoire récente de l’Union européenne l’a montré, une union économique monétaire complètement ouverte même théoriquement à l’intérieur de ses frontières ne peut longtemps empêcher que la frontières internes sont d’autant plus perméables car « débordées » ou « saturées » que les frontières externes sont ouvertes. 

Il faudrait réhabiliter un  système d’ écluses, avec une progressivité en fonction du degré d’éloignement (géographique ou culturel) du pays exportateur qui serait autrement plus efficace. Ce qui est aussi valable d’ailleurs pour les réfugiés et les travailleurs clandestins qui, à partir du moment où ils ont réussi à atterrir sur les plages italiennes ou espagnoles, passent d’autant plus facilement en France que les frontières internes sont ouvertes.

 

En plus d’un système d’écluses, les critères environnementaux doivent être favorisés en incluant des critères de proximité tenant compte de l’adage « produire durable, c’est produire local ». Notre « localisme » économique et écologique doit aussi bien s’appliquer à l’intérieur des terroirs qu’à l’intérieur de l’Etat-Nation que, pourquoi pas, à l’intérieur de l’Union européenne !

 

C’est en même temps la condition nécessaire pour que notre société cesse d’être composée d’individus anonymement assistés par les services sociaux et d’administrations pléthoriques associées à tout un monde tertiaire aux limites de la spéculation 

Elle n’en sera que plus « équilibrée » sur les plans social, environnemental et culturel et sa cohésion « identitaire » en sera renforcée, surtout si, faisant prévaloir le principe de subsidiarité, les terroirs soient revalorisées en complémentarité et non en opposition avec la nation qui, ainsi, en perdrait d’autant moins sa dimension universelle que, au lieu d’attirer la « misère du monde » dans des conditions inacceptables et de favoriser l’exploitation humaine dans les zones de délocalisation, elle pourrait ainsi jouer son rôle universel et original.

Rôle comportant des aspects liés au « Co-développement » bien sûr mais aussi à la stabilité « identitaire » des régions à troubles avec lesquels notre nation a des liens historiques. 

Bien sûr, cela impliquerait aussi une valorisation de son rôle à l’intérieur de l’Union européenne, reprenant son indépendant mais impulsant les grands projets européens, que les problématiques liées à sa dette publique lui interdisent partiellement.

Bien davantage matrice de la civilisation européenne que l’Allemagne, la Grèce nous montre-t’elle la voie ?
En dévaluant et sortant de l'euro il va sans dire...

Par JEAN DU TERROIR - Publié dans : EUROPE SUPRANATIONALE
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