REPRISE EN MAIN GOUVERNEMENTALE : VERS UNE PRIVATISATION INTELLIGENTE ?

Publié le par JEAN DU TERROIR

             Décidant un peu tard de se "reprendre en main" après une gestion de crise bien commencée sur le plan politique lors de la présidence française de l'Union européenne puis apparue au moins impuissante face aux spéculateurs internationaux, dont les profits contribuent à choquer légitimement les gens et à décrédibiliser l'action gouvernementale si l'on fait référence aux "engagements" sarkoziens sur l'amélioration du pouvoir d'achat, la "propagande" officielle insiste maintenant sur la différence de situation entre la France et les autres grands pays occidentaux touchés par la crise, dans lesquels les effets pour les habitants s'en ressentent plus que proportionnellement.

Bien sûr, comme il s'agit de fin électorale, il est surtout fait ici état d'un certain "keynésianisme", même si sur certains points (défiscalisation des PME, aides au lancement de l'"économie verte", programme "Galiléo" d'indépendance avec le logiciel américain G.P.S. ou encore mise en place du Fonds européen d'investissement stratégique), je soutiens totalement et si, heureusement, une réforme sur les retraites est venue maintenir provisoirement la fameuse notation "AAA" de la France, qui présente avant tout l'intérêt de montrer aux Français que, en termes d'austérité, il y a bien pire ailleurs!

Reste que, à l'heure de la sécheresse-au bilan énergétique discutable- et des tensions géopolitiques et énergétiques qui ne font qu'aggraver les problèmes de surendettement public et privé structurel-c'est-à-dire liés à une surconsommation au regard de l'appareil productif correspondant pour les nations occidentales (si l'on excepte le cas des "machines-outils allemandes), et au moment où le risque de faillite des banques irlandaises, développées avec la "complicité" de l'Union européenne et de la finance anglo-saxonne, on peut se poser la question de l'étatisation excessive de notre société elle-même. Quant on pense que la moitié des crédits nationaux "de voirie"-et ce n'est qu'un exemple-sont consacrés à l'agglomération parisienne, dont la seule véritable richesse intrinsèque réside dans la présence des sièges sociaux d'entreprises, on peut se demander si une partie de la dépense publique ferait mieux, même si elle devait aboutir à une baisse de "Produit Intérieur Brut" ne pas être!

Autant les agissements et les profits indécents de certains grands groupes financiers peuvent inciter à une plus grande étatisation-encore que le scandaleux arrangement de Madame Lagarde avec l'ignoble Tapie s'est fait au détriment du contribuable avant tout comme le "sauvetage" de certains financiers peu scrupuleux-ou plutôt à une plus grande "nationalisation" des économies excessivement dépendantes de la mondialisation, autant divers évènements comme  la condamnation récente de l'"assassin" du cambrioleur  plus sévèrement que certains jeunes crimminels peut inciter à une certaine "privatisation" de certaines fonctions régaliennes elles-mêmes. Mais, comme je l'ai déjà dit, l'excessive financiarisation des économies occidentales se trouve directement liée à l'excessive étatisation de certaines d'entre elles, ainsi qu'à leur excessive mondialisation.

  

                J'ai noté avec satisfaction diverses mesures comme l'instauration de primes en fonction des dividendes (pour freîner la dissociation du capital et du travail et dont pourraient bénéficier quatre millions de personnes), ou l'instauration de taxes pour le non-résidents ou encore, avec l'excellente loi Ciotti, la restriction du droit au séjour des étrangers malades ou encore la suppression des allocations familiales en cas d'absentéisme, autant de "bonnes mesures" dont l'effet financier proprement dit peut être faible dans un premier temps mais qui peuvent décourager dans un second temps  ce mécanisme malsain d'encouragement des finances publiques à la seule consommation (et spéculation) des résidents indigènes et allogènes, les seconds étant malheureusement attirés par le phénomène de "pompe aspirante" que seule une remise en cause de l'assistanat peut maintenant freîner!

Par ailleurs, si le therminal pétrôlier de Dunkerque et ses emplois constituaient un excellent objectif, la France serait bien inspirée d' exploiter son intervention en Lybie non pour essayer de renverser le dictateur Khadafi mais pour maintenir une zone "réservée" (acceuillant pourquoi pas des chrétiens d'Orient comme des réfugiés tunisiens surnuméraires dont nous n'avons sûrement pas besoin) facilitant son approvisionnement en pétrôle.

 

Attendu que, comme j'y fais référence dans mon dernier article sur la nécessité stratégique du nucléaire, il ne s'agit en aucun cas d'abandonner l'aide aux énergies renouvelables mais  de faciliter leur avènement au profit de notre économie locale avec comme seule modalité "négative" l'absence d'incitation publique à la surconsommation énergétique et au gaspillage ce qui implique une refonte du modèle keynésien curieusement transposé d'une certaine façon par des institutions européennes qui violent allègrement le principe de subsidiarité dans des mécanismes de redistribution directement copiés des Etats vis-à-vis desquels leurs critiques frôlent le dogme comme lorsqu'elles assimilent des allègements de charges à l'agriculture "bio" locale ou à des industries stratégiques ou éco-durables à des aides publiques abusives, renversant ainsi le lien de responsabilité entre pouvoirs publics et "économie réelle".

 

"l'oisiveté est la mère de tous les vices", si l'on considère que cet adage contient nombre d'effets indésirables au sens du Bien Commun, il ne faut surtout pas entretenir les personnes dans l'inaction, ce qui conduit aussi bien à limiter les effets de la mondialisation (et de l'excessive fiscalité) pour qu'ils ne perdent pas leur emploi que limiter les effets de l'assistanat, ce qui peut passer par un conditionnement des prestations à l'accomplissement des travaux agricoles ou utilitaires. Le statut de l'autoentrepreneur partait d'un excellent principe sur le plan incitatif mais il faut aller encore plus loin afin que les nécessaires mesures d'austérité ne provoquent pas uniquement la colère des populations mais les "motive" au contraire et, outre la nécessaire exemplarité des grands acteurs publics et privés qui laisse encore à désirer, cela passe par la revalorisation d'une cohésion sociale liée au sentiment d'appartenance et à l'économie locale de proximité.

Le futur, je l'espère (n'en déplaise à l'incompétente Bachelot) plan Wauquiez de limitation de l'assistanat par l'obligation de contreparties pour les bénéficiaires de minima sociaux ? Oui s'il étend ces obligations aux condamnés de droit commun pour les Travaux d'Intérêt Général, aux "déracinés" de toutes sortes mais aussi aux pré-retraités trop précoces et ce, y compris en zone rurale pour revitaliser l'agriculture vivrière. Enfin, cela va dans le bon sens de toutes façons donc, je ne me livrerai pas à la critique stérile comme vient de s'y complaire malheureusement Marine Le Pen dont j'attends une attitude parfois plus "constructive".

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Peretti 27/05/2011 16:10



L'horizon s'éclaircit peut-être avec l'affaire "DSK" mon cher...mais vous semblez pessimiste sur la capacité de nos concitoyens à accepter les réformes..