REMANIEMENT, NOUVELLE CRISE DE LA DETTE EN ZONE EURO,ROLE INTERNATIONAL DE LA FRANCE: UNE ACTION GOUVERNEMENTALE NECESSAIRE ET INSUFFISANTE

Publié le par JEAN DU TERROIR

              Ainsi, le remaniement tant attendu depuis la défaite des dernières élections régionales a succédé à l'épilogue de la crise générée par une "réforme des retraites" autant indispensable qu'insuffisante à assurer le financement à terme de notre système de retraites par répartition, laquelle pourra très bien dans un second temps, lorsque l'on constate les "villages de vacances" de retraités au Maroc et autres luxes que s'offre la génération soixante huitarde, se traduire par une diminution des pensions elle-même afin que les jeunes l'accepte davantage.

Il présente les avantages de reconduire un François Fillon ayant compris la nécessité d'introduire une certaine rigueur budgétaire, de mettre fin à une "ouverture" démagogique et d'introduire  Thierry Mariani à un postes certes peu stratégique mais nécessitant tout de même une certaine fermeté quand on pense au poids des grandes centrales syndicales.

Le tout est que ce remaniement s'inscrive clairement dans une perspective "de droite, en valorisant malgré tout le rôle international de la France, ce que nous espérons mais en mettant enfin en place une "économie durable de proximité" que nous souhaitons mais n'espérons que partiellement.

 

 

                  Il importe tout d'abord de se réjouir des dernières propositions de lois visant à réduire l'Aide Médicale d'Etat pour les immigrés en situation irrégulière ainsi que de l'introduction dans le débat public de la perspective de déchéance de la nationalité en cas d'agissements délictuels ou crimminels par des personnes à la nationalité trop "récente". Mais il conviendrait à terme de réformer notre système du "droit du sol" qui accorde la nationalité française trop facilement...avec les avantages correspondants en termes sociaux qui, insuffisants pour favoriser une véritable intégration, alimentent toutefois la "pompe aspirante" des personnes attirées par le mirage de la société de consommation de masse qui existe chez nous.

Parallèment, et c'est totalement lié à notre sens, il faut réformer encore les dispositifs d'assistanat qui encouragent souvent nombre de personnes "à ne rien faire de leurs journées" en vivant de l'aide publique alors qu'elles devraient soit travailler, si cela est encore possible, soit s'inscrire  dans des circuits et réseaux de solidarité parallèle qui, seuls peuvent pallier aux nécessaires dysfonctionnements à venir de solidarité publique..

Cela pose bien sûr le problème des prélèvements obligatoires pesant sur notre système productif qui, avec l'absence de protection face à la concurrence "déloyale" constitue la véritable origine des délocalisations qui ont provoqué et la chute des recettes générées dans l'économie par les emplois industriels perdus, non remplacés par des emplois tertiaires en raison de la logique de "bulle" (immobilière, financière, inflationniste et nécessiteuse d'argent public) et de la "nécessité" de produits  d'importation pour maintenir un niveau de vie.

D'un autre côté, il faut bien limiter dès maintenant l'endettement public alors que la dépense publique "pèse" encore 56% du Produit Intérieur Brut. Et c 'est là que l'on constate qu'il n'y a que deux solutions:

                -Soit on envisage de taxer soit les produits d'importation directement soit la consommation elle-même ce qui nuirait au pouvoir d'achat à court terme mais limiterait l'endettement public, l'inflation de ce qui n'est pas importé (immobilier..)et surtout permettrait d'éviter la poursuite des délocalisations massives voire permettre une relocalisation partielle, ce qui permettrait effectivement de réduire l'endettement public tout en encourageant l'activité. Le problème est que la démocratie associée à une société de consommation de masse entretenue (et davantage encore depuis les délocalisations) par l'Etat-Providence risquerait d'être impopulaire et, puisque l'on raisonne uniquement en termes de P.I.B. de générer une certaine "décroissance" qui fait encore peur aujourd'hui un peu à tort, nous y reviendrons.

Sans doute les contraintes extérieures induites par l'exigence d'un "euro fort" par l'Allemagne et par l'ouverture généralisée des frontières aussi bien aux limites qu'à l'intérieur de l'Union européenne, associée aux exigeances des grands groupes dont plusieurs détiennent la dette publique limitent aussi la volonté gouvernementale d'agir dans le sens d'une limitation du désavantage comparatif du système productif française, à part un peu sur le plan strictement monétaire par rapport au yuan mais c'est un peu une erreur, nous y reviendrons aussi.

L'annonce par Nicolas Sarkozy de la suppression du bouclier fiscal dans le sens d'une plus grande taxation du capital peut s'avérer intéressante si elle vise la pure "spéculation" comme les plus-values immobilières mais il faudrait conditionner davantage les aides fiscales à des exigences de "créations d'emplois et/ou à des efforts environnementaux. L'importance du poids de la commande publique ou des remboursements d'impôt donne une marge de manoeuvre à l'Etat concernant des entreprises dont les actionnaires composant le conseil d'administration ne "joueraient" pas le jeu en termes d'actionnariat salarié ou de maintien de l'emploi

            -Soit, et c'est paradoxalement et un peu inconsciamment la voie que semble avoir choisi François Fillon depuis l'arrêt des "politiques de relance" et la prise en compte de leur relative inefficacité sur le moyen terme, on se décide à introduire une "politique de rigueur" en vue d'effectuer des économies à tous niveaux. La question de l'"économie verte" se  conjugue un peu avec les deux solutions car un certain interventionnisme de bon aloi-une  subtilité que Bruxelles n'a jamais vraiment comprise- peut consister en un encouragement aux secteurs qui, comme les "voitures électriques", peuvent permettre à terme de faire faire des économies à l'ensemble de la société tout en générant des emplois. Tout comme le secteur photovoltaïque d'ailleurs qui a été lancé au moyen d'achats d'électricité coûteux par l'entreprise publique E.R.D.F. à la différence que, comme c'est souvent le cas lorsque l'argent public s'en mêle, le pouvoir d'achat en augmentation s'est traduit par une montée des prix et c'est pourquoi le mode de financement induit par une augmentation du tarif semble préférable parce qu'il encouragera les ménages à diminuer la consommation de chauffage ce qui est plus responsabilisant...ou à payer une somme qui servira non seulement au photovoltaïque dont tout le monde profitera mais aussi à l'entretien des centrales nucléaires alors que la technologie peut nous permettre de faire bien d'autres économies y compris dans le domaine militaire, car la maîtrise de la bombe atomique nous rend militairement invulnérable. L'idée est que, mieux qu'encourager les concitoyens à consommer sans cesse dans ce qui ne génèrera pas nécessairement de l'emploi, il vaut mieux les responsabiliser dans leurs dépenses et cela passe par l'économie durable qui encouragera les gens à jouer des solidarités naturelles que j'évoquai ou à produire eux-même leurs produits alimentaires lorsqu'est possible plutôt que demander des augmentations ou des compensations par l'Etat-Providence.

Bien sûr, cela serait plus facile si davantage des personnes vivent "à la campagne" non seulement pour des raisons techniques mais aussi pour des raisons "identitaires" et c'est pourquoi il est absurde de dépenser beaucoup d'argent public à les maintenir dans les grandesa gglomérations où ils entretiennent le coût du logement comme cela risque d'être le cas avec le "Grand Paris". Reste la question du choix entre la "rurbanisation" permettant de mieux répartir le pouvoir d'achat en facilitant la transition d'autant plus que cela peut générer des recettes "touristiques", commerciales ou sanitaires s'il s'agit de retraités mais peut "déplacer" le problème citadin ainsi que généraliser la dépendance à la voiture et la "ruralité" à laquelle les Français ne sont pas toujours prêts mais permet de pallier les problème de surendettement et de surinflation (matières premières) générées par la généralisation du mode de vie citadin alors que la structure actuelle de la consommation ne "crée" pas assez d'emplois pour alimenter les transferts publics nécessaires.

 

                     Il est évident que, dans tous les cas, il n'est pas souhaitable de généraliser effectivement ce mode de vie au niveau mondial comme risquent de le faire à terme les délocalisations ou notre mode d'agriculture "productiviste" comme la généralisation des importations agricoles en provenance du Tiers-Monde peut l'impliquer car cela risque d'aggraver le problème d'approvisionnement en matières premières, le problème de perte d'emplois et donc de surendettement en Occident et aussi...de déstructuration des sociétés traditionnelles locales avec aggravation des problèmes "identitaires" qui existent déjà bien assez dans les pays occidentaux, notamment à travers les populations immigrées.

 

                    Il est "amusant" de constater que la logique "keynésienne" prévaut aussi au sein de l'Union européenne, n'empêchant pas un libre-échangiste source de "concurrence déloyale" comme le montrent les plans d'aides aux Etats surendettés alors qu'il vaudrait mieux pour tout le monde qu'ils quittent la zone euro, entraînant peut-être un choc "brutal" mais, concernant la Grèce, l'on peut  envisager que les habitants ont appris à se débrouiller en "économie parallèle", ne refuseront pas la baisse de prix générée sans compter que les touristes risquent d'affluer.

D'ailleurs, la recherche d'"économie durable" dans notre pays dont le surendettement n'a pas, en raison des ressources fiscales et d'une redistribution profiteuse à certains grands groupes (pharmaceutiques) créanciers, provoqué encore de "clash" (encore faut-il remarquer que nous continuons à approcher du seul fatal de 100% du PIB), pourrait se mettre en place progressivement...

La Politique Agricole Commune est un sinistre exemple de "keynésianisme européen" qui a certes eu son utilité au départ mais a mis en place une agriculture intensive et productiviste dangereuse à la fois pour la cohésion sociale des campagnes, l'environnement et...le budget de l'Europe c'est-à-dire des Etats membres...même si elle a contribué tout de même à maintenir une polyculture de montagne et si elle tend à modifier son optique aujourd'hui où, comme l'on se refuse à diminuer les charges versées à la M.S.A., à vraiment réorganiser la grande distribution et que l'on continue à importer en provenance des autres Etats membres, les agriculteurs "déclarés" en sont devenus drâmatiquement dépendants et c'est pourquoi une agriculture "vivrière" via le secteur associatif-les A.M.A.P.- pourrait s'ajouter à une petite agriculture bio subventionnée dans un premier temps dans la même logique que les véhicules électriques.

Il est évident que les "O.G.M." de par les inconvénients dramatiques qu'ils amènent sur des sujets essentiels comme le risque de disparition d'abeilles comme l'a bien montré le regretté président du conseil général de la Vendée dans son célèbre best-seller, doivent relativiser les avantage d'une agriculture "productiviste" issue d'ailleurs souvent d'Amérique du Nord pour le soja "génétiquement modifié" qui, dépendant des fluctuations du pétrôle, encourage aussi un élevage de bétail malsain et peu concurrentiel vis-à-vis des pays d'Europe du Nord comparativement aux vaches nourries de manière traditionnel comme le climat de l'Ouest le permet...pour l'instant car je ne prends pas position dans le débat sur le "changement climatique", confiant dans les capacités de la Providence à gérer la nature mais ne voyant pas l'intérêt de défendre Total ou "BP".

 

                  Le sujet environnemental au niveau mondial ne devra donc pas seulement se borner à la question du changement climatique (même si cela pourrait être inquiétant sur la facade occidentale de l'Europe) mais aussi à la question de la fin de la surexploitation des matières premières.

Aussi la présidence du G20 est-elle une occasion pour la France, un peu comme cella de l'Union européenne au second semestre 2008, de favoriser une coopération interétatique "à géométrie variable" s'affranchissant quelque peu du dogme mondialiste et, disons-le, valorisant la position traditionnelle, équilibrée de la France, vis-à-vis du Moyen Orient et de l'Afrique francophone notamment.

Par rapport à l'Union européenne, il est temps de convenir qu'elle n'est pas à terme compatible avec les déboires financiers de certains Etats alors même quel le seul  grand Etat sans difficulté majeure, l'Allemagne bien sûr, ne pourra et ne voudra payer pour tout le monde bien qu'elle ait largement bénéficié de l"euro "fort" et c'est pourquoi l'optique "intégrationniste", empêchant les Etats de mener une politique monétaire adaptée pour s'en sortir par eux-mêmes, est plus que jamais compromise ce qui explique sans doute la volonté opportune de Nicolas Sarkozy et  d'Angela Merkel de réviser un traité de Lisbonne justement impopulaire qu'ils ont pourtant contribué à faire adopter par les différents Etats. 

 

                                      Cet "exposé" ne serait pas complet si, une fois n'est pas coutume, je ne concluai pas par ma conception de la Vie qui ne doit pas s'opposer à la Nature ce qui explique pourquoi je m'oppose aussi bien aux O.G.M. à la fécondation "in vitro" ou autres manipulations du "vivant". Concernant les questions éthiques, je suis assez favorable à la valorisation "naturelle" de la vie, opposé au remboursement de l'interruption volontaire de grossesse comme à l'acharnement thérapeutique en faisant confiance à une "régulation" naturelle" des populations qui reste possible tant que l'on ne maintient pas artificiellement un niveau de vie.

 

 

   

 

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