PLUTOT QUE D'ESPERER SAUVER L'EURO ET REGLER L'IRRESOLUBLE PROBLEME DES DETTES PUBLIQUES, IL FAUT PREPARER DES MAINTENANT UNE ECONOMIE DURABLE DE PROXIMITE

Publié le par JEAN DU TERROIR

            Le grand plan de garantie européen ne correspondant « qu’ »’à un tiers des dettes publiques de la zone euro, il fallait s’attendre à ce que le « rebond boursier » observé le lendemain soit de courte durée puisqu’il ne visait pas l’essentiel.

 

Elle a été un moyen de conserver une factice solidarité européenne en faisant « profiter » la Grèce des taux d’intérêt des États jugés plus « fiables » mais dont certains, le nôtre au premier chef, se caractérisent déjà par un niveau d’endettement public exponentiel !

Lionnel Luca a eu parfaitement raison à ce sujet  de critiquer l’interventionnisme européiste une nouvelle fois à l’œuvre sous le juste prétexte de l’aggravation des dettes publiques car l’Europe de Bruxelles ne constitue plus une solution puisqu’un éclatement de la zone euro est désormais inéluctable. Et nécessaire s’il on prend en compte la pénalisation des exportations mais aussi le trop haut « coût de la vie » généré, lequel coût de la vie accroît mécaniquement la dépense publique de « compensation » dans notre économie désindustrialisée et sur administrée !

Sachant que nous sommes contributeurs nets de l’Union européenne, et que, plus nettement contributeurs encore que nous, les Allemands n’ont  certes pas l’intention d’aider les Grecs plus longtemps sans contrepartie réelle. Et les touristes allemands préfèreraient profiter des îles grecques à un prix ridicule, qu’engendrerait nécessairement une « déflation », que contribuer au sens propre au maintien de leur « Etat-Providence » et même de leur défense nationale.

Admettons donc qu’il s’agisse d’un « répit » évitant de prendre la seule solution possible qui aurait été la sortie de la Grèce, puis du Portugal, de la zone euro, quitte à ce que ce dernier renoue avec l’héritage salazariste.

En renouant avec son ancienne colonie en plein boom économique contribuant à recréer une solidarité lusophone comme la France pourrait elle-même l’envisager dans le cadre d’une solidarité francophone qui, du fait que cette dernière n’ait pas décollé économiquement, pourrait se traduire par une démarche de Co-développement, le faire elle-même avec l’Afrique francophone, contribuant à limiter l’immigration d’ « assistanat ».

 

               Comme je l’ai dit aussi, la France n’est pas le Portugal en ce sens que nous ne nous sommes pas préparés à une déflation trop rapide qu’entrainerait une sortie trop brutale de la zone euro et c’est en partie d’ailleurs ce qui  fait la confiance de ses investisseurs-en termes de bons du Trésor-puisque le système «  à la française » présente des avantages pour ces derniers…en attendant que les « pays émergents » ne prennent le relai car l’heure viendra où les classes moyennes chinoises seront en mesure de consommer elles aussi et ce, sans risque de défaut de paiement.

Le fait même que les dépenses publiques   y génèrent 56% du PIB, record absolu après certains pays scandinaves, doit être considéré comme une source d’inquiétude malgré le fait que la France aie mieux traversé la crise grâce à cela car cela traduit ce que j’appelle un « PIB » improductif

Quelle que soit l’évolution à venir, la situation au sens strictement « économique » s’aggravera car l’inflation engendrerait nécessairement un recul de la consommation comme on l’a constaté après l’été 2008, le niveau élevé des prix ne servant finalement qu’à garantir un niveau minimal de ressources fiscales à « l’Etat-Providence », lequel y perdra dans un second temps avec la baisse de la consommation engendrée.

Il faut sortir de la spirale du surendettement public et privé comme garant de la surconsommation sans production parce que les « bulles » correspondantes peuvent éclater demain, à commencer par celles que constituent les dettes publiques !

 

 Et pour cela diminuer le plus rapidement possible cette « distorsion » entre une consommation dépendant excessivement de l’ « Etat-Providence » et la production correspondante qui, de par sa délocalisation, assure de moins en moins l’alimentation de ce dernier !

 

                     Bien sûr, il s’agit notamment de pénaliser ponctuellement nos importations et ce, sur des critères «écologiques », comme je l’ai déjà dit mais en vue de favoriser un aménagement du territoire harmonieux au niveau mondial où « friches industrielles  comprenant des "bulles" ne coexisteraient pas avec des « pays émergent » pratiquant la pollution et l’exploitation humaine.

Il s’agit aussi, puisque les industries les plus « polluantes » se sont déjà en grande partie délocalisées vers l’Extrême-Orient, de favoriser chez nous des industries « propres »,notamment avec les voitures électriques, pourquoi en versant le montant de la « prime à la casse » à des dispositifs de reconversion des salariés en ce sens. Ce serait une façon originale et durable d’atténuer cette distorsion entre l’Occident qui consomme et l’Extrême-Orient qui produit.

Un peu comme il s’agit de ne plus faire coexister des zones surpeuplées, comme la région parisienne, ou, dans un autre genre, la Côte Basque et la Côte d’Azur avec des zones de campagne en voie de désertification et ce, en favorisant les activités « traditionnelles » dans nos campagnes. Même si le « pouvoir d’achat » des riches retraités azuréens peut aussi être orienté vers une forme de soutien aux AMAP, à l’alimentation « durable » et aux petits restaurants de proximité.

Nonobstant les déracinements de populations que ces déséquilibres territoriaux et migrations entraînent, source de conséquences extrêmement nuisibles y compris en termes de dépenses inutiles d’argent public-qu’on pense aux « investissements »et frais de fonctionnement réalisés dans la banlieue Nord de Paris-, ces déséquilibres entraînent des coûts « inflationnistes » directs, comme le prix du logement, ou indirects, comme l’alimentation déconnectée de sa production.

 

 

               Le projet de loi de modernisation agricole, défini comme «accord imparfait » par Monsieur Lucas, président de la Coordination Rurale- à ne pas confondre avec notre député Lionnel Luca qui constitue pour nous une référence également, prévoit d’améliorer les relations entre producteurs et distributeurs en favorisant une certaine transparence. Il est vrai que, si les agriculteurs ne gagnent pas assez d’argent, il est délicat d’augmenter les prix des produits agricoles pour autant et c’est pourquoi, en dehors des pistes visant à l’abandon d’un productivisme couteux –pour l’agriculteur comme pour le contribuable- au profit d’une agriculture « bio », il importe aussi de  s’attaquer aux marges des grandes surfaces. Il faut surtout prendre en compte le différentiel de coût de production et prélever les recettes là encore là où elles se trouvent à savoir dans les importations.

Il est clair que l’agriculture traditionnelle « éco-compatible » doit être favorisée davantage que les « espèces sauvages » comme le chevreuil, le sanglier, l’ours ou le loup qui, tant qu’elle ne s’est pas reconstituée, peuvent la mettre en danger alors que la « chasse » peut contribuer à cet entretien du paysage. Il est clair aussi que des espèces comme les abeilles doivent être protégées des insecticides et des multinationales qui les commercialisent et les apiculteurs défendus car il en va de l'alimentation "gratuite" des populations..

Il ne s’agit pas seulement de ma part de revendications « corporatistes » de ma part mais d’un aménagement du territoire harmonieux et durable visant à favoriser le localisme et l’écocitoyenneté comme alternative à la surconsommation de masse qui deviendra de moins en moins possible, en raison du risque de remontée des prix des matières premières lié à l’avènement d’une société chinoise consumériste comme des dysfonctionnements à venir de l’Etat-Providence.

 

                       C’est pourquoi nous entrons dans une phase transitoire où l’argent public devra être utilisé au profit de la réhabilitation d’une économie « réelle » et « durable ».permettant de diminuer la dépendance en la société de consommation de masse assistée par l’État-Providence de nos compatriotes en limitant le montant de leurs dépenses et en les sensibilisant davantage à des problématiques « écologiques ».  Des « microsociétés » peuvent être (re)constituées , encourageant les « solidarités » naturelles » garantes d’un équilibre social même lorsque les temps sont difficiles.

 

 

                 Concernant les «avantages acquis », il doit pouvoir être envisageable d’encourager les retraités à vivre à la « campagne »  ce qui entraînerait un dégonflement de la bulle immobilière et une revitalisation de certaines zones dont les commerçants ont justement besoin. Ainsi qu’une revitalisation des liens sociaux de proximité et du mode de vie rural, plus propice à passer les « vieux jours » Il s’agit autant que faire se peut de développer l’aide à domicile, autrement plus humain et moins coûteux que les structures médico-sociales pour personnes âgées et de revaloriser , en cette période de menace pour la retraite des plus jeunes, la solidarité intergénérationnelle et la solidarité « de voisinage ».

Il faut remettre en cause l’assistanat pur ou, du moins en inciter ses « bénéficiaires » factices à «  se rendre utiles » en dépensant le même argent à l’aide aux petites entreprises réelles ou  autres structures utiles « informelles » , permettant ainsi une « resocialisation » des jeunes en question, lesquels réapprendraient à cette occasion le goût de l’effort et du service, grands perdant du consumérisme.

Il ne me semble en effet pas opportun de supprimer les exonérations de charges dès lors qu’il s’agit d’entreprises qui embauchent ni même certaines dépenses d’intervention en faveur de l’agriculture biologique ou de l’industrie « propre ». En revanche, pourquoi ne pas conditionner le versement du Revenu de Solidarité Active à la participation à de travaux d’intérêt général qui, pour les personnes les plus stables psychologiquement, pourraient se traduire par une collaboration avec des petits entrepreneurs ou des agriculteurs ? Collaboration n’exigeant de ces derniers « que » quelques prestations « gratuites » comme des produits, le gîte et le couvert, à contre-courant total de la logique qui prévaut encore aujourd’hui où certaines administrations consomment de l’argent public à « traquer » les travailleurs clandestins ce qui n’est utile que lorsqu’il s’agit d’immigrés bénéficiant éventuellement de minima sociaux ou de « groupes ethniques » marginalisés.

Mais que des jeunes Français qui seraient de toutes les façons au chômage participent « bénévolement » à des activités utiles au profit de personnes physiques ou morales qui contribuent à l’équilibre de l’aménagement du territoire ne devrait pas poser tant de problèmes !  C'est là l'insuffisance du "service civique"!

Il s’agit surtout de revaloriser le tissu social « naturel » ou de « proximité » qui de manière à rendre la société plus « humaine » au lieu de faire appel à l’ « assistanat anonyme »qui fait du « solitaire solidaire » l’alpha et l’oméga de toutes considération sociale.

Ce serait une façon de réinsérer ces personnes et, au passage et, en tout cas, de ne pas les laisser dans «l’oisiveté », et cela peut même conduire à la remise en cause de la « pompe aspirante » que constitue l’immigration d’assistanat qui constitue une véritable « plaie » pour notre société sachant que nombre de personnes traversent la Méditerranée pour cela, pour bénéficier du mirage consumériste grâce à cela !

La dimension territoriale et « identitaire » ne peut pas être négligée concernant les dépenses publiques, qu’il s’agisse des personnes âgées à domicile, des contributions fiscales des entreprises, de la répartition en terme d’aménagement du territoire et de l’équilibre des secteurs ou encore, de la capacité d’accueil et de la gestion des populations structurellement « déracinées ».

Les agents publics doivent, comme les patrons d'entrerprise, de sentir solidaire des "territoires" et c'est pourquoi leur implantation locale doit être favorisée; dans un cas extrême, on ne comprend pas pourquoi nos militaires passent tant de temps dans des régions du monde où nous n'avons pas d'intérêt géopolitique alors qu'ils pourraient contribuer à la protection des forces de police dans des zones de "non-droit".

L’administration doit montrer l’exemple, bien sûr,  à commencer par les personnels les « mieux payés » de l’I.N.S.E.E. qui doivent accepter une délocalisation opportune en termes de «maintien en vie » de la région concernée mais je dirais surtout  qu’il faudrait favoriser les « restructurations » et les alternatives à l’emploi public, ce qui passe par la réhabilitation d’une économie « diversifiée » où l’on ne met pas « tous ses œufs dans le même panier ».

Tout se tient en économie, l’emploi local appelle l’emploi local et c’est pourquoi il est crucial que la fiscalité locale s’adapte en fonction du maintien ou non et  de la « création » ou non d’emplois locaux, marquant ainsi la différence entre un groupe qui délocalise sans scrupule et une PME qui, travaillant sur place, génère un « cercle vertueux » local qui diminue nécessairement les dépenses d’assistanat.

Cette diversité est valable en matière agricole et ce, non pas nécessairement pour des raisons d’emplois mais aussi pour des raisons de sécurité dans l’approvisionnement alimentaire qui deviendra « stratégique » dans les prochaines années et c’est pourquoi l’argent de la P.A.C. doit être réorienté en ce sens, vers la polyculture qui, si l’on la laisse jouer son rôle de proximité, y trouvera son compte.

Il me semble important d’insister pour terminer sur le fait que les relations de « proximité » qu’impliquent ce fonctionnement social impliquent une cohésion « identitaire » délicate à assurer dans les grandes agglomérations anonymes et composites en termes d’origine..

 

                    Je serais tenté d’ajouter que des prix et une monnaie surévaluée comme l’euro entrainent une situation « malsaine » dans le cas d’une mauvaise répartition mais je voudrais « laisser la parole » pour finir à l’écrivain Cicéron à travers des propos qui peuvent sembler d’actualité sous maints aspects :

« Les finances publiques doivent être saines, le budget doit être équilibré, la dette publique doit être réduite, l’arrogance de l'administration doit être combattue et contrôlée, et l'aide aux pays étrangers doit être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite. La population doit encore apprendre à travailler au lieu de vivre de l'aide publique.
Cicéron –“

Publié dans EUROPE SUPRANATIONALE

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Lanteri 21/05/2010 17:52



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