NOUVEAU PLAN DE RIGUEUR: IL VAUT MIEUX TAXER LA CONSOMMATION QUE LA PRODUCTION CE QUI IMPLIQUE UNE RESPONSABILISATION SOCIALE

Publié le par JEAN DU TERROIR

                  Au moment où il me semble de plus en plus vain d'opposer la seule construction européenne au risque de gabegie socialiste, celle-ci permettant celle-là et il n'est que de constater le "keynésianisme" de mauvais aloi affiché par l'Union européenne qu'il s'agisse de rachat d'obligations publiques par la B.C.E. ou des "mécanismes de soutien" qui se traduisent en pratique uniquement par de couteux organismes publics supplémentaires, dont le seul avantage par rapport aux P.I.G.S. consiste dans le différentiel de taux d'intérêt, lequel pèsera fort peu de choses lorsque la France, deuxième économie de la zone euro de par son potentiel "historique" et par sa consommation ruineuse à terme, aura perdu son fameux "AAA".

C'est pour éviter cette dégradation peut-être inéluctable-cela dépend de l'attitude des créanciers par rapport à ce qui est fait (le renforcement à court terme des créanciers) et ce qui devrait être fait (la valorisation de la production au besoin au détriment de la consommation)- que le Gouvernement Fillon vient de lancer un nouveau "plan de rigueur" qu'il convient d'analyser ici.

 

            Passons sur le lieu de déroulement de ce G20 qui, s'il n'est pas inutile de pousser ainsi l'hotellerie -restauration maralpine à quelques dizaines de kilomètres d'une Italie en déshérence, confirme peut-être le mauvais signal constitué par le aides aux "privilégiés de l'économie mondialisée et  financiariée alors que l'excellent député des Alpes-Maritimes Lionnel Luca vient justement de déposer un amendement allant dans le sens d'une necessaire exemplarité de "élites" dans la rigueur.

A première vue, malgré tous les sondages montrant l'attachement des Français au "protectionnisme et la dégradation de notre balance commerciale sans parler de l'impact des délocalisations se poursuivant sur nos finances publiques et, il faut le dire, privées, le Gouvernement Fillon persiste dans la volonté de taxer nos entreprises plutôt que celles des pays émergents.

Il est vrai que les restaurateurs n'ont pas trop respecté leurs engagements liés à la nécessaire mesure-pour laquelle nous nous sommes tant battus- de TVA à taux réduit dans la restauration, maintenant ainsi le potentiel de "concurrence déloyale" des Mac Do et autres "fast-food" et que le secteur du batiment n'a sans doute pas assez construit là où il faudrait en fonction d'une vision équilibrée de l'aménagement du territoire et que c'est peut-être un moyen de le faire sentir.

Par ailleurs, il n'est peut-être pas inintéressant de chercher à rééquilibrer le différentiel de fiscalité entre grandes entreprises et P.M.E. au profit de ces dernières et c'est une excellente chose que de réformer encore le système des retraites, seul à même de diminuer la dépenses publiques sans diminuer en même temps les recettes publiques, les retraités n'ayant souvent pas encore un mode de consommation approprié à une vision "patriotique" de salut public.

Pourtant, un relèvement du taux de T.V.A.  permet d'ouvrir la voie "intellectuelle" à ce que je réclame depuis longtemps soit un report de la taxation du travail "indigène" vers la consommation, seule à même de briser la spirale "infernale" d'une consommation alimentant les productions industrielles des "pays émergents"- même si à court terme, on peut comprendre que ces derniers aient encore intérêt à sauver la consommation assistée de l'Union européenne mais à quel prix?- , dans le sens où la question de la taxation de la consommation à la base de produits importés, ces derniers l'étant malheureusement déjà- ne serait plus taboue et c'est sans doute l'une des mesures les plus nécessaires tout en étant impopulaire à court terme.

Evidemment, comme ce type de mesure n'interviendrait que pour le prochain exercice budgétaire, l'impact sur le "sacro-saint" pouvoir d'achat ne serait pas perceptible avant l'élection présidentielle et c'est pourquoi il est dommage de ne pas prévoir cela dès maintenant mais l'on peut penser que d'autres "collectifs budgétaires" remettront le sujet  sur le tapis devant l'inéluctable insuffisance des fonds de soutien européen à gérer une crise de manière globale dans une zone non "économiquement optimale".

Ce type de mesure permettrait d'ailleurs de faciliter, seul gage d'une véritable souveraineté diplomatique et financière, le recouvrement d'une "souveraineté" industrielle, alimentaire et énergétique-au titre de quoi je préfère mille fois que l'on utilise des taxes sur importation pour financer l'installation d'entreprises de fabrication de panneaux solaires dans le Nord-Est de la France plutôt que l'on cherche à démanteler trop rapidement un secteur nucléaire assurant la sécurité énergétique et stratégique de la France- ce qui, en dehors des personnes conscientes d'avoir perdu leur emploi à cause de la mondialisation, peut ne pas paraitre populaire et c'est pourquoi il faut le mettre en place maintenant pour une entrée en vigueur après l'élection présidentielle.

En effet, les personnes aisées seront ainsi contraintes de participer à l'effort de cohésion nationale et les retraités du "Baby-Boom" seraient ainsi associés à leur propre financement de retraite et de santé lorsqu'ils reviendraient en  France se soigner- surtout s'ils dépensent abusivement leur retraite à l'étranger ce qui pourrait à la limite être surveillé aussi par des moyens encore à imaginer- ce qui ne serait pas illégitime tandis que les personnes constituant l'immigration d'assistanat seraient incités à s'intégrer ou repartir et que, de manière générale, les bénéficiaires de "revenus d'assistanat" seraient incités soit à s'auto-alimenter (je ne suis pas contre la mise à disposition de terrains en friche) soit à travailler (je ne suis pas contre l'aide aux entreprises en ce sens). Et concernant les classes moyennes, ce serait le gage de leur sécurité (dans tous les sens du terme car l'effort de sécurité publique les concerne lle-même), sous réserve d'un effort pédagogique, de la baisse de leurs prélèvements obligatoires par amélioration des finances publiques, mais cela implique évidemment pour ces dernières une compensation sociale qui accompagnerait la remise au cause d'un certain fonctionnement individualiste où les "solidarités privées" soient encouragées et responsabilisées, qu'il s'agisse d'entre-aide, de réseaux associatifs ou de circuits alternatifs liés à "l'économie solidaire".

 

Maintenant, cela pose la question de la cohésion nationale et des cohésions locales dans une société où l'Etat-Providence a paradoxalement encouragé l'individualisme au détriment  des "communautés naturelles" et c'est pourquoi la reconstitution des ces dernières comme seul palliatif à la crise me semble nécessaire.

 

Cela ne se fera pas sur un effort de "retour au réel" (avec une économie moins basée sur la spéculation et une société moins basée sur l'assisanat anonyme) et sur une réappropriation des racines, excluant les discours de "repentance" inappropriés et facilitant la démarche de projet de vie "ensemble".

 

Mais cela dépasse sans doute de simples considérations "électorales" basées sur un consumérisme de court terme...sauf si les notions de protection, de réhabilitation des identités et sociétés traditionnelles et d'exemplarité des élites (financiers, politiques, hauts fonctionnaires) sont mises en avant.

 

Le peuple et les peuples de France ont déjà traversé des périodes difficiles dans leur longue histoire, s'il s'agit de faire des efforts "ensemble" avec les seules personnes partageant la nécessité de la fierté de leurs racines (et non la seule dépendance envers un Etat-Providence obsolète) et d'un retour au réel y compris dans la manière de fonctionner économiquement, socialement et écologiquement avec solidarité de voisinage, jardinage et pèche, économie durable et, à condition que les intrus ne soient pas encouragés à rester, la traversée de cette crise sera salutaire.

 

La condition de la souveraineté comme de la liberté, c'est la capacité d'autosuffisance à ses besoins, laquelle ne signifie pas l'autarcie, mise en place d'obstacle à tout échange, mais une certaine autonomie dans des secteurs "vitaux" comme en matière alimentaire ou énergétique.

 

 

 

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