LE BEURRE ET L'ARGENT DU BEURRE : CELA NE PEUT PLUS DURER

Publié le par JEAN DU TERROIR

                  Au moment où une grève risque de paralyser à nouveau le port de Marseille et, surtout, de provoquer un problème d'approvionnement en pétrôle, il me semble important de rappeler à mes concitoyens que l'on ne peut dans la vie toujours avoir le "beurre et l'argent du beurre" et que cette formule est particulièrement d'actualité.

 

Au moment où j'écris cette ligne, la note de la dette souveraine vient d'être dégradée en Espagne et en Irlande, les Chinois viennent d'annoncer des investissements en Grèce moyennant une "utilisation" du Pirée comme relai pour leurs marchandises dans l'Union européenne et il apparait de plus en plus que le maintien de la note "AAA" de la  France reste soumise à des impératifs géopolitiques par l'intermédiaire des grands groupes créanciers comme la problématique actuelle sur le maintien ou non de François Fillon à Matignon le laisse suggérer.

 

Car la société de consommation de masse et le mode de vie qu'elles générent, considérées chez nous comme un "acquit", apparaissent directement ou indirectement financées par un "Etat-Providence" dont nos concitoyens n'assurent plus le financement, depuis une bonne  trentaine d'années, mais, de plus, n'augmentent plus leur "impression de richesse" caractérisée par le P.I.B. au même niveau que la charge de la dette et ce, depuis quelques mois seulement.

 

Cette donne relativement nouvelle traduit bien que, si la consommation associée à un fort secteur tertiaire à "forte valeur ajoutée" apparente avec une administration plétorique, permet bien d'augmenter le Produit Intérieur Brut, elle ne permet pas d'en assurer le financement durable sans recours à un endettement qui, au niveau de 90% qu'il approche aujourd'hui dangereusement, ne permet plus d'"enrichir" suffisemment-en excluant la charge de la dette-selon la vieille thématique keynésienne où toute dépense publique est considérée comme un investissement. Ce serait un peu comme un ménage dont la dette augmenterait plus vite que le solde du compte bancaire quand bien même celui-ci augmenterait!

 

En fait, c'est parfaitement logique au niveau écologique et géopolitique mondial : la préservation du mode de vie occidental reposant sur une exploitation intensive des ressources naturelles de la planète sans perpétuation d'une "agriculture vivrière" durable, l'"impression de richesse" au niveau mondial ne peut croître et il c'est simplement sa "répartition", entre Occident et Extrême-Orient spécialement, qui se modifie!

En fait, dans tout ce secteur tertiaire ou "tertiarisé", seul le tourisme permet d'apporter des devises en montant suffisement conséquent pour faire vivre certaines régions sans recours au mécanisme de la bulle spéculative comme pour l'immobilier francilien!

 

Cette situation problématique doit être solutionnée dans la mesure du possible mais il faut aussi en prendre acte en la contournant..en termes plus clair, il faudra soit se (re)mettre à financer l'Etat-Providence, soit y renoncer et recourir aux économies alternatives! Car on ne peut dans la vie avoir "le beurre et l'argent du beurre"..

 

La solution résiderait bien sûr dans une relocalisation des emplois délocalisés afin que notre appareil productif puisse, comme pendant les Trente Glorieuses, jouer son rôle de financement de l'Etat-Providence tout en brisant la spirale de l'endettement public!

 

En fait, celui-ci ne serait pas si grave en soi, c'est en ce sens que je m'oppose souvent à la Commission de Bruxelles qui a une vision trop estensive de l'interventionnisme comme l'avait déjà noté Georges Berthu alors qu'il était député européen, s'il visait les secteurs "stratégiques"-c'était un peu le cas d'ailleurs lors des Trente Glorieuses-ou l'économie "durable", entendue ici comme celle qui permettra des économies ultérieures notamment en termes de consommation d'énergies. Et sur la forme, je préférerais que l'on fonctionne par déduction, suppression d'impôt en fonction des secteurs professionnels ou géographiques puisque notre taux de prélèvements obligatoires le permet largement...

Cela sous-entend bien sûr que l'on aide les entrepreneurs, ce qui est plus facile avec les "patrons" propriétaires de leurs "fonds propres", à prendre leurs responsabilités, à ne pas trop licencier leurs seniors tout en se plaignant ensuite de leurs cotisations sociales ou pire, comme on l'a vu après la crise, à ne pas délocaliser après avoir touché des aides publiques! Le "beurre et l'argent du beurre", cela joue aussi bien sûr pour nos concitoyens réclament à bénéficier de la solidarité nationale tout en continuant leurs excursions dans les pays d'origine de la "concurrence déloyale".

 

 

Concernant la répartition sur les territoires et ce, en partie pour briser la logique qui "absorbe" la richesse dans la spéculation immobilière et les activités "parasitaires" mais aussi pour rapprocher les personnes de leur famille, de leur emploi, de la terre et diminuer ainsi la consommation énergétique, même si la vie d'un rurbain peut sembler antinomique au premier abord, il convient de raisonner en termes d'équilibre et de retour possible à une "économie de proximité" dont je parlerais plus tard...En attendant, il faut savoir que "tout est lié" en économie est que, si une usine ferme dans une région donnée, les restaurants, les commerces et les sous-traitants fermeront à leur tour, générant des situations d'exclusion sociale génératrices au mieux de coûts indirects- l'absence de cotisations-, au pire directe-les "revenus" d'assistanat- qui trouvent aussi leur traduction urbaine dans les cités "sensibles"..des régions ayant fait le choix du désenclavement comme la Vendée contribuent pour beaucoup à assainir l'économie française à différents points de vue y compris social et environnemental!

Cela me conduit, à un niveau plus mondial, à remettre en cause la "Division Internationale du Travail", caractérisée sur un plan agricole par la perte d'autosuffisance alimentaire de la France, chose absurde si l'on mesure la diversité de ses terroirs en tenant compte des données climatiques et terriennes, que ne remettent en cause le montant de nos exportations spécialisées, et à un niveau industriel, par le transfert de pans entiers de notre industrie vers les pays d'Extrême-Orient qui, sous une apparence de gain de pouvoir d'achat en raison des faibles prix, ne doit pas masquer les conséquence de la perte des emplois et de l'inflation des transports dont le coût énergétique et écologique-que l'on pense à la catastrophe du Golfe du Mexique qui pourrait remettre en cause le climat vivifiant de l'Ouest- ne peut pas être écarté!

Il faut avoir à l'esprit que la richesse micro-économique des quelques secteurs exportateurs "à forte valeur ajoutée" ne doit pas camoufler le coût public que constitue le "manque à gagner"  que constitue l'absence de travail dans les secteurs importateurs, et qui s'ajoute de facto à notre déficit commercial! Il convient de prendre des mesures de "rééquilibrage" comme la T.V.A. sociale ou la "taxe carbone" aux frontières...

 

Ce qui nous conduit bien sûr à privilégier les secteurs constituant une garantie  stratégique, notamment le nucléaire en raison de ses retombées sur l'indépendance énergétique comme sur l'invulnérabilité militaire-à mon avis, il n'est pas question de diminuer trop drastiquement le budget militaire mais de favoriser les restructurations interarmées, le rôle social et la lutte contre le terrorisme au détriment peut-être des "O.P.E.X." trop coûteuses- mais aussi et surtout les secteurs économiques liées au développement "durable" en veillant à la "création" d'emplois non délocalisables comme les voitures électriques, la construction de panneaux photovoltaïques ou...l'agriculture "bio" et j'avoue qu'il vaudrait mieux dépenser de l'argent public pour cela que pour la grosse industrie délocalisable ou l'agriculture productiviste ruineuse...

 

cela me fournit une transition pour évoquer l'aspect "prise d'acte" de la situation en tirant le constat que les grosses délocalisations ont déjà eu lieu et qu'il faut justement en devenir moins dépendant ce qui renvoie à une mue de notre modèle social au sens large du terme.

 

En effet, s'il faut soutenir  à fonds les énergies renouvelables et l'économie verte, il faut  garder à l'esprit qu'un accroissement de la "richesse", du PIB ou de la consommation supérieure à ces dernières ne ferait qu'amplifier le phénomène et qu'on ne peut donc faire l'économie, au sens propre, de l'apprentissage de la responsabilité citoyenne.

S'agissant de la meilleure  répartition territoriale, comme je l'ai signalé, il ne doit pas s'agir d'une généralisation du mode de vie "urbain" comme on généralise(rait) le mode de vie occidental, les industries en plus en attendant, qui amplifierait le double phénomène d'épuisement des ressources naturelles et de manque d'utilisation des richesses de la terre lorsqu'il s'agit d'alimentation correspondant à une agriculture plus "vivrière, curieusement remise en cause en Occident comme dans le Tiers-Monde par les idéologues! 

Et concernant l'Etat-Providence, l'obtention des faibles taux d'intérêt actuels, amplifiant la dette avec la complicité de l'euro, n'est-elle pas due à une négociation avec des créanciers conscient de la dépendance des masses avec des tristes records comme la consommation de médicaments? Cela diminue notre marge de manoeuvre alors que l'on s'approche du seuil d'inefficacité relative des "plans de relance" d'inspiration keynésienne.

C'est donc devenu une donne qu'une certaine décroissance comme alternative à l'emballement de la spirale de la dette est devenu nécessaire, à condition d'utiliser les technologies comme vecteurs d'économies publiques comme l'électronique dans l'administration par exemple..

Finalement, je m'intéresse moi aussi au concept d'"économie solidaire" mis en place par certains gauchistes à la différence que je crois que celle-ci va avec  un effacement de l'Etat-Providence désormais inéluctable et par une valorisation des "solidarités naturelles" garantissant une saine vision de l'identité à travers le terroir, complémentaire de la défense des prérogatives nationales!

 

L'idée de valoriser la "retraite à domicile", attendu que le financement des retraites devrait poser plus de problèmes que l'emploi ou la soumission des minima à une contrepartie de bien commun, travaux d'intérêt général ou service aux professions de terroir, s'inscrivent parfaitement dans ce cadre.

 

Si l'Etat-Providence a pallié la crise financière dans un premier temps, il n'a pu empêcher le rapprochement dangereux du seuil d'inefficacité relative de la dépense publique car il facilite la spéculation, entretient un mode de vie incompatible avec le "développement durable" en encourageant l'assistanat et les revendications de pouvoir d'achat sans contrepartie et, accessoirement, attire la "misère du monde" . Il est nécessaire que les ménages apprennent à mieux gérer leur consommation énergétique, afin de permettre aux collectivités  de se payer encore quelques "extras" comme les lumières lors de la période de Noël!

Concernant Jean-Marie Lorach qui propose de " faire des économies avec de l'écologie", j'adhère pleinement à son analyse et ce, non seulement pour les plus pauvres qui doivent d'autant plus réapprendre le jardinage  que les classes moyennes pour la "solidarité de voisinage" que même les plus riches qui seraient mieux inspirés de réinvestir le "terroir" au lieu d'alimenter la spéculation immobilière!

 

De manière générale, la notion de "terroir" doit être valorisée ainsi que la notion d'"identité positive" pour apprendre à tous à se passer de l'Etat-Providence et du secteur spéculatif, il en va d'une certaine cohésion sociale particulièrement nécessaire en période de "vaches maigres". C'est  valable à tous niveaux, régional, national et c'est ce qu'attendent souvent les populations tentées par le mirage de l'Islam.. A ce sujet, je ne prône pas une vision excessivement "ethnisciste" de l'identité française, rejetant la vision fichtienne mais rejetant aussi un peu la vision renanienne dans la mesure où le "droit du sol" doit impérativement être réformé dans un sens restrictif! Et que l'on peut très bien considérer que les personnes ayant obtenu la nationalité trop récemment peuvent très bien se la voir retirer s'ils n'ont pas le comportement approprié...Mais il faut garder à l'esprit que c'est notre système d'assistanat qui se trouve à l'origine de ce mirage qui attire la "misère du monde" et c'est pourquoi il faut "profiter" des difficultés actuelles de l'Etat-Providence pour réhabiliter les solidarités privés.

Les solidarités associatives sont une excellente chose mais il importe de retrouver une certaine cohésion sociale et "identitaire" afin qu'elles s'exercent réelement.

J'approuve les arrêtés municipaux pris afin de limiter l'achat immobilier dans les zones "recherchées" pour les personnes qui n'y ont pas d'attache familial, parce que l'expérience prouve que cela ne fait qu'entretenir les bulles immobilières locales, déplace les besoins urbains vers d'autres zones et mettent en danger ces solidarités naturelles, à moins bien sûr que les personnes concernées jouent l'authenticité jusqu'au bout, investissent dans une entreprise ou un artisanat local ou...s'installent franchement dans l'arrière-pays pour réhabiliter le patrimoine et entretenir la vie locale!

Cette recherche des solidarités naturelles permettra en outre de chercher les responsabilités davantage dans les dysfonctionnements que dans les individus pris isolément, comme on le constate aujourd'hui avec l'affaire Kerviel, considéré comme seul responsable alors qu'une remise en cause du fonctionnement des banques qui utilisent les "fonds propres" issues des dépôts des clients pour spéculer et demander ensuite l'aide des Etats, aurait été judicieuse..

 

 

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