LA MAREE NOIRE DOIT AMENER UNE TRANSITION VERS UNE ECONOMIE PLUS ECOLOGIQUE ET DONC PLUS EFFICACE

Publié le par JEAN DU TERROIR

                         La tragique « ‘marée noire » qui touche le golfe du Mexique pourrait bien avoir des conséquences imprévisibles en raison du Gulf Stream qui, s’il se déplace progressivement vers l’intérieur de l’Océan Atlantique, n’en touche pas moins encore l’Arc Atlantique  avec les conséquences que l’on connaît en termes de douceur et d’humidité que le Gulf Stream amène normalement dans ces régions où il contribue de facto à un climat vivifiant propice sans doute au dynamisme des populations locales.

Cette nouvelle catastrophe écologique est d’autant plus grave que, comme dans l’affaire de l’Amoco Cadiz mais contrairement à l’affaire de l’Erika dont l’on peut sérieusement penser pourtant que la condamnation a été minime relativement aux dégâts occasionnés, le pétrole était brut et visqueux, ne pouvant donc s’extraire manuellement des plages par plaques.

 

Or, on ne peut pas ne pas corréler ce  débat de problématiques économiques et éthiques comme le poids des grands groupes cotés en Bourse , poussés à une certaine i responsabilisation par les actionnaires et les « investisseurs institutionnels » et de l’encouragement au déplacement incessant des hommes, des marchandises et des ressources naturelles qui s’avère par nature anti-écologique.

 

                    Cela m’amène à penser que, contrairement à ce que prétendent les Verts, les exigences environnementales s’accommodent mal  du gigantisme et de la mondialisation ainsi que de la généralisation aux « pays émergents » du mode de vie occidental.

Par ailleurs, le fait même que cette catastrophe écologique coïncide de manière révélatrice avec une crise potentielle dans la zone euro qui se révèle bien davantage une crise d’insolvabilité qu’une « simple » crise de liquidités » tombe à propos pour rappeler qu’un minimum de considérations environnementales va parfaitement de pair avec le « traitement » des problématiques économiques d’aujourd’hui et surtout de demain .

Il est en effet d’autant plus dangereux de laisser développer le Chine et l’Inde que leurs classes moyennes pourraient prendre le relai des classes moyennes occidentales appauvries pour intéresser des grands groupes inquiétés par le risque de défaut de paiement des États-Providences de la zone euro. N’étant pas un adepte du « clash », je préfère les mutations plus profondes et plus progressives…

 

Outre qu’une généralisation de ce mode de vie aurait des conséquences catastrophiques en termes de ressources naturelles- c’est tout le sens du « pic » inflationniste observé à l’été 2008-  et puisqu’il n’y a pas de débat-et c’est heureux-sur la nécessité du développement de « l’économie verte », il importe aussi de pénaliser le « surconsumérisme »  en pénalisant l’importation de produits manufacturés issus des « pays émergents » et même, dans certains domaines, celle d’autres pays européens !

Cela va se faire directement par la politique de déflation menée par le Gouvernement Fillon présente au moins cet avantage de limiter la surconsommation des ménages en les incitant, du moins nous l’espérons, à consommer plus « durable » voire à se rapprocher des agriculteurs pour « créer » des réseaux court-circuitant la « grande distribution »

La baisse de l’euro va augmenter le coût des produits d’importation ce qui est une bonne chose car il diminuera la « concurrence déloyale » mais il serait encore préférable d’appliquer une fiscalité environnementale aux produits d’importation. Ce raisonnement s’applique notamment aux produits textiles qui, en Chine ou en Inde, ne respectent objectivement pas un minimum de critères écologiques et la proposition en avait déjà été faite par le chef de l’Etat.

 

Je dirais même que le fait que l’Etat s’apprête à augmenter le tarif de l’électricité est une bonne chose, profitant de la dépendance des gens pour remettre à niveau son potentiel nucléaire militaire-il vaut mieux dépenser de l’argent public à préserver notre bombe atomique pour éviter d’avoir à en dépenser dans l’usage des autres « armes de destruction » massives » et civil-en dehors des déchets radioactifs, c’est malgré tout moins coûteux et moins polluant que d’autres mode de chauffage à base de fossiles..

 

Cela n’est peut-être pas une excellente chose sur le strict plan du pouvoir d’achat mais peut être l’occasion d’encourager nos concitoyens à la responsabilisation et à l’ »écocitoyenneté »

 

                          En termes d’aménagement du territoire, les dégâts occasionnés dans ces deux départements emblématiques pour moi que sont la Vendée et les Alpes-Maritimes ont bien montré ce déséquilibre que constitue le surpeuplement des littoraux, auquel il faudrait ajouter l’excessive concentration urbaine, alors que certaines régions sont aujourd’hui en voie de désertification. La politique de redistribution des fonds mêlée de libre-échangisme de l’Union européenne  montre ci clairement ses limites puisqu’elle a manifestement amplifié, et pas seulement depuis la réforme de la P.A.C., la faillite de certaines anciennes régions agricoles .

Il est en effet plus facile de prôner l’écocitoyenneté, le « localisme » et l’entraide villageoise-ou paroissiale-pour faire des économies de biens consommables si le plus de personnes possibles vivent à la campagne plutôt que dans des agglomérations surpeuplées ! A condition toutefois que la désertification ne touche pas les bourgs ruraux car cela inciterait une trop grande dépendance à la voiture…et aux grandes surfaces !

L’on me rétorquera que, aujourd’hui, on trouve des produits étiquetés « AB » dans les grandes surfaces mais j’avais déjà souligné qu’une vision cohérente du « développement durable » se conçoit préférentiellement avec des petites structures et une faiblesse de trajets !

 

                  Surtout, il importe de voir les atteintes à l’environnement dans l’agriculture elle-même ! Qu’il s’agisse de l’élevage « hors-sols » ou de l’usage massif de produits « phytosanitaires » ,les exemples ne manquent pas d’une agriculture polluante et coûteuse.

 

 

 

Nous avons été parmi les premiers à voir un côté pervers dans la générosité de la P.A.C. qui, à grand renfort d’argent public, a permis aux agriculteurs d’utiliser au maximum les engins motorisés et produits phytosanitaires sans remettre il est vrai en cause directement le modèle d’exploitation familiale que nous défendons, mais en le menaçant à moyen terme en le rendant dépendant des subventions alors même que, rapidement, la polyculture qui allait de pair avec ce modèle ne semblait pas une priorité

Le « productivisme » agricole est responsable de l’épuisement des sols tandis que le remembrements  a provoqué la disparition d’un écosystème garanti par le bocage (dont les haies abritent les chasseurs de nuisibles, retiennent les eaux et ) et protègent le bétail) et a favorisé encore plus la disparition d’une forme traditionnelle d’agriculture vivrière garantie de l’inévitable affaiblissement du « pouvoir d’achat » et d’une polyculture permettant d éviter de mettre « tous ses œufs dans le même panier » ce qui est utile en économie.

 

Les Organismes Génétiques Modifiés constituent  quant à eux une monstruosité aux conséquence, comme pour tout ce qui manipule le vivant, nécessairement incontrôlables ..Les gains attendus pour ces « innovations » contiennent énormément d’effets pervers et imprévisibles tandis que la forme de « pollution » qu’ils génèrent se propage à d’autres champs ou à du bétail d’élevage dont le coût en termes de santé publique ne peut qu’être important !

 

Mais l’enjeu le plus grave dans lequel nous nous investissons consiste certainement dans le combat contre les pesticides et pour les abeilles dont le rôle dans la pollinisation est vital pour la végétation, l’agriculture et l’humanité

Plutôt que d’encourager les friches agricoles avec des espèces sauvages- l’ours, le loup, le sanglier, le chevreuil- qui ne poseraient pas tant de problèmes que cela si l’agriculture traditionnelle avait subsisté, il vaudrait mieux baisser les charges pour promouvoir plus tôt l’agriculture bio .

« mieux vaut l’agriculture biologique que l’assistanat », attendu que j’étends la notion d’assistanat au niveau européen, les Grecs en savent quelque chose, eux qui feraient mieux de quitter maintenant la zone euro sans rembourser leurs dettes pour revenir certes brutalement à une économie durable.

 

                 S’il est un point sur lequel on peut se réjouir à première vue des délocalisations massives d’emplois industriels vers les pays émergents , bien que ce soit cela qui aurait déjà du provoquer le défaut de paiement de notre « État-Providence », c’est le fait que ce sont souvent les industries polluantes !

 

En attendant que celles-ci relocalisent, ce qui n’est pas si évident dans l’absolu, pourquoi ne pas utiliser notre réel savoir-faire technologique pour soutenir les industries « éco-compatibles »

Le soutien public à l’immobilier, par exemple, n’est utile que dans le cadre de soutien aux économies d’énergies par exemple dans le cadre de l’éco-subvention et en aucun cas pour maintenir artificiellement les prix élevés comme le fait le dispositif Scellier.

Les déductions fiscales visant à des économies d’énergies sont plus utiles…d’autant plus qu’elles sont l’occasion de générer des emplois non dé localisables comme dans les travaux d’isolation ou de développement des modes de chauffage « propre » comme les panneaux photovoltaïques !

 

Ce raisonnement peut  et doit être transposé pour les voitures  électriques dont on pourrait aujourd’hui consacrer un budget équivalent à celui du traitement de l’assistanat afin d’apparaître en point de la technologie et de lancer dès maintenant des formations adaptées pour les jeunes comme pour les séniors !…C'est d’ailleurs une excellente chose, les "patrons" doivent comprendre que l'on ne peut alléger leurs charges sociales sans que l'on diminue les dépenses d'assistanat ou de "préretraite"..

 

                    Tout cela pour dire que la prise en compte des préoccupations environnementales paraît aujourd’hui le moyen le plus adapté à la gestion de l’inévitable rigueur imposée par le risque de défaut de paiement des principaux Etats-Providences de la zone euro…en exceptant bien sûr l’Allemagne qui, tout en développant ses industries d’exportation, a justement compris très tôt la nécessité de la prise en compte des préoccupations environnementales.

Il est évident aussi que cette nécessaire transition vers une économie plus « durable » implique aussi de prendre en compte la nécessité d’un meilleur « enracinement » social et d’une plus grande restriction aux grands mouvements de populations qui s’opposent par nature au « localisme » et à l’économie de proximité…

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Jérôme 28/09/2010 15:24



Cette catastrophe écologique pourrait contribuer à priver l'Arc Atlantique du Gulf Stream dès cet hiver et provoquer par voie de conséquence des hivers beaucoup plus rigoureux comme le suggère
cet article sur ce blog


http://christroi.over-blog.com/article-maree-noire-et-affaiblissement-du-gulf-stream-vers-une-nouvelle-ere-glaciere-en-europe-de-l-ouest-57735974.html



seb 28/06/2010 19:23



la déflation pour rendre les gens "éco-responsables", c'est pas mal!


Et puis, la baisse de l'euro compense un peu


 



marcus 12/06/2010 10:25



Une fois encore, le plus intéressant est à la fin