LA DEFENSE DE L'IDENTITE N'EST PAS LE CHOC DES CIVILISATIONS

Publié le par JEAN DU TERROIR

                  Avec les "identitaires", je partage totalement l'idée que l'acquisition d'une nationalité comme la nationalité française ne peut pas s'octroyer sur de simples critères formels, qu'il s'agisse du "droit du sol" ou même de l'adhésion aux  "valeurs de la République Française" qui, tant que l'on n'a pas réformé substantiellement l'Etat-Providence, se traduit surtout par un droit à profiter de ce dernier.

Néanmoins, une divergence apparaît avec ces derniers lorsque l'on évoque, pour les délinquants et crimminels, les critères de "déchéance de la nationalité" auquel je suis aussi favorable. Car il n'est pas question pour moi de chercher des critères "ethniques" puisque la France n'est pas une nation ethnique, conformément à ce qui s'est passé lors du baptême de Clovis. Le fait que les Français "avant tout un peuple de race blanche, de religion chrétienne et de culture gréco-latine"  comme le disait le général de Gaulle est, certes, une bonne chose, mais qui doit n'être favorisée qu'indirectement puisque cela n'est pas "exclusif", en raison des régions "périphériques", européennes (Alsace, pays Basque..) ou non (Antilles), comme en raison des individualités agrégées ensuite comme les harkis, par exemple.

Faire une distinction absolue entre une immigration "européenne" qui pourrait bénéficier de tous les droits et une immigration "extra-européenne" posant structurellement plus de "problèmes"-ce qui est au demeurant exact- me semble juridiquement factice puisqu'il y a bien eu dans l'Histoire des problèmes avec les immigrés italiens notamment et que le contexte de l'Union européenne-on le voit aujourd'hui avec les "Roms"-rend de facto les choses plus compliquées sans parler du "métissage" qui a déjà commencé. Et puis, la distinction entre un Sicilien et un Maghrébin qui aurait franchi la Méditerranée plus facilement qu'en ayant débarqué en Provence n'est pas toujours évidente, tandis que la religion catholique peut rendre des Africains francophones plus proches que des Scandinaves, qui pourraient être attirés par l'Europe du Sud à la faveur des dérèglements climatiques! Bien sûr, il s'agit de prendre en compte cette distinction officieusement "au cas par cas" mais en jouant davantage des conséquences du décalage culturel ayant généré le "déracinement" que sur l'origine elle-même, européenne ou non.

 

Si je prends l'exemple de la problématique entre la France et l'Allemagne, la différence d'identité est réelle et se trouve confirmée par l'histoire, y compris lorsque la diplomatie royale entretenant la division au sein de la zone germanique et freînant ainsi, jusqu'à la Révolution, le Kulturkampf dont on connait les désastreuses conséquences aujourd'hui, et par l'économie, les Allemands traumatisés par l'inflation gravissime de 1923 ayant tendance à raisonner davantage en termes de prix qu'en termes de "pouvoir d'achat" prenant le risque d'une "consommation inflationniste", ce qui pourrait s'avérer complémentaire...s'il n'y avait pas la monnaie unique! On voit bien alors que les constructions bureaucratiques ne brisent pas les identités existantes mais aussi que l'identité ne peut pas être résumée à sa dimension ethnique, germanique..

 

 

Ce qui nous renvoit à la notion de l'identité qui ne peut en elle-même contredire l'histoire mais, au contraire, en tirer les fruits dans tout en ensemble de circonstances constituant "l'acte de naissance" comprenant aussi des considérations géographiques, climatiques, écologiques ou économiques. La défendre consiste en le fait d'éviter les "bouleversements" déstabilisants ce qui permet d'accueillir ceux qui admirent et s'y fondent et de prendre en compte des données extra-ethniques comme, par exemple, la lutte contre la mondialisation et l'immigration massive bien sûr mais aussi contre la spéculation immobilière dans certaines régions, pour la promotion d'un artisanat local ou des solidarités naturelles ou même d'un équilibre environnemental.

Concernant l'immigration, je pense effectivement qu'il faut laisser leurs chances à ceux qui ont déjà bénéficié du "droit du sol-lequel doit évidemment être réformé dans les plus brefs délais en même temps que l'on doit et valoriser les solidarités naturelles et remettre en cause les dispositifs d'assistanat- ce qui implique de leur proposer de se rendre utiles que ce soit par les aides à l'emploi, le secteur associatif, les Travaux d'Intérêt Général ou le "travail des champs" chez des paysans et ce, en les séparant des bandes de jeunes "casseurs" mais que cela implique aussi d'envisager une déchéance de la nationalité en cas d'agissement frauduleux impliquant une privation des droits liés à l'appartenance à la communauté nationale dont ils se seraient rendus indignes de l'accueil!

 

Je suis aussi favorable à une vraie stratégie de "co-développement" pour inciter les pays d'émigration à une économie durable ce qui renvoie à la vision universelle de la France à laquelle je crois.

 

Il n'y a d'ailleurs pas de contradiction entre identités locales, nationale et européenne et...chrétienne! Attendu qu'en vertu de cette dernière, la France a une vocation "particulière".

 

La France respecte bien mieux son identité "chrétienne" en valorisant ses terroirs et en jouant son rôle au Moyen Orient qu'en s'alliant avec les "néo-cons" dans le "choc des civilisations" alors que ce serait plus intelligent de réhabiliter une structure traditionnelle dans les pays du Tiers-Monde comme au Maroc et, d'évangéliser.

 

Et puis, fondamentalement, je ne crois pas en la théorie développée par Huntington du "choc des civilisations" , visant à assimiler traditionnalistes, conservateurs et libre-échangistes dans une entente paradoxale que l'on constate dans l'affaire des dérèglements climatiques, entre un Occident chrétien et, par exemple la sphère islamique..

Tout d'abord, parce qu'elle est inopportune sur un plan stratégique, le monde musulman étant lui-même divisé et c'est beaucoup mieux ainsi entre régimes à ayatollah chiites, pétro-monarchies fondamentalistes à "double jeu" avec l'Occident, régime des taliban, monarchie nationale traditionnelle au Maroc (régime qu'il faudrait d'ailleurs favoriser), Etats laïcs ne persécutant pas les chrétiens et Etat laïc comme la Turquie post-kémaliste où les chrétiens d'Orient se sentent plus "mal dans leur peau" manifestement que sous l'Empire Ottoman! Car comment douter que l'alliance franco-turque initiée par François Ier face à l'impérialisme de Charles Quint est à l'origine de la perpétuation des chrétiens maronites ou autres catholiques orientaux "résuscités" par les croisades? Et puis parce que, on le voit aujourd'hui en Afghanistan, l'alliance avec les "néo-cons" américains (qui, dans leurs dépenses militaires, ne semblent pas tellement savoir mieux compter que nous avec notre "Etat-Providence") qui allient une forme de fondamentalisme protestant avec un consumérisme "libertaire" odieux pour des populations traditionnelles -comme l'avait déjà noté Soljenitsine dans son "discours de Harvard"- ne correpond pas tout à fait avec la vision que je me fais de la France traditionnelle et de ses "terroirs".

 

En effet, il s'agit de rester défensif lorsque l'on défend son identité et, pratiquer l'évangélisation lorsque l'on cherche à l'étendre car, lorsque l'on dépasse la sphère géographique de l'identité "à défendre", autant chercher à amener à nous les populations.

 

L'idée est que soit l'on défend une terre, ou plutôt un terroir, soit l'on intervient pour promouvoir une civilisation mais à ce moment-là, cela doit se traduire par une problématique de "conversion" .

 

Par ailleurs, il faut bien avoir à l'esprit que l'identité doit être "aimable", c'est Léonard de Vinci traversant les Alpes avec la Joconde...

 

Publié dans EUROPE SUPRANATIONALE

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