L'UNION EUROPEENNE PEUT-ELLE VRAIMENT ENRAYER LA CRISE DE LA DETTE

Publié le par JEAN DU TERROIR

                     Cette fois,et malgré le pugnace volontarisme affiché notamment sur le plan "intergouvernemental" du chef de l'Etat qui ne demande parfois qu'à être mis en pratique, sauf justement quand il s'agit de l'euro surtout sur le mode "rachat de titres par la BCE" dont la survie ne fait qu'éviter sur le court terme des sacrifices pourtant indispensables en cette période électorale où la démagogie l'emporte sur le réalisme et la pédagogie, nous allons le voir, il est clair que le nécessaire travail de préparation à la dégradation de notre dette souveraine est commencé et, s'il ne s'agit que de ce travail, cela n'est pas une mauvaise chose d'autant plus que, si elles ont été incapables d'anticiper la crise des supprime, les agences pointent désormais le doigt sur la caractéristique du modèle français reposant sur la seule consommation. C'était d'ailleurs le sens de mon dernier article et il me semble opportun maintenant de noter que, si je comprends la "précipitation" des politiques à s'en remettre à des organismes supranationaux avant cette dégradation, ces derniers ne constitueraient pas davantage une solution que n'a constitué l'euro par rapport aux déficits publics qu'il n'a fait qu'encourager.

                 Effectivement,si la France perd son "AAA" ce qui semble de plus en plus probable, le seul intérêt du FESF ainsi que du MENESF, à savoir assurer des taux d'intérêt stables et peu élevés pour l'ensemble de la zone euro, disparait à moins d'espérer que l'Allemagne accepte rapidement une modification du statut et du rôle de la BCE ce qui est tout l'objet du débat institutionnel actuel. Cela n'est certes pas absurde de l'espérer tant l'Allemagne "profite" de l'"euro fort" pour exporter ses produits industriels vers les pays latins mais cela peut aussi lui coûter cher et il n'est d'ailleurs pas certain que les Allemands n'aient pas intérêt à une dévaluation de l'euro;dans le monde latin y compris pour le tourisme littoral. Ces organismes supranationaux risquent de ne pas avoir davantage de crédibilité financière que les Etats surendettés et ce, alors que l'éloignement entre les peuples et les décisionnaires contient nécessairement beaucoup d'approximation dans l'exercice et l'évaluation des politiques publiques. Cet éloignement des peuples de trouve déjà matérialisé en pratique en Grèce et en Italie avec la nomination à l'exécutif d'"experts" non élus mais se trouvait déjà à l'oeuvre en pratique avec le détournement des résultats de referendum ayant notamment abouti à un traité de Lisbonne dont on envisage aujourd'hui la modification dans un sens "keynésien"-après avoir fait de la surenchère en sens inverse avec "l'euro fort"- voire à l'interdiction de consultation de l'opinion aussi bien dans le pays le plus atteint initialement que, pour des raisons opposées, dans une Allemagne à la population structurellement réticente à l'idée même d'aider les "mauvais élèves" ce qui compromet bien sûr le projet européiste lui-même. Mais justement celui-ci est-il "tenable"?

                    Comme le fait remarquer le très atlantiste site Atlantico, cette crise est la plus importante depuis 1945 dans la mesure où elle est devenue une crise politique avant d'être une crise économique. En effet, si les Allemands ont largement profité de l'euro fort et si ce n'est pas le cas des Etats méditerranéens et atlantiques, ils ne sont pas prêts à payer pour les populations de ces dernières soit encouragées soit réduites à l'oisiveté-au sens industriel et même agricole du terme-;mais n'entendant pas pour autant renoncer à leurs "avantages acquis" liés à un "cadre de vie"plus privilégié et...à la capacité de surendettement jusque là permise par l'euro! C'est donc, à l'image de la bulle immobilière espagnole, une "bulle" qui s'est constituée et qui ne pouvait qu'éclater, le problème "interne" aux pays européens non germaniques résidant dans la difficulté à retrouver le mode de vie qui les rendait jadis moins "dépendants". Des solutions au cas par cas peuvent être trouvées, on le voit aujourd'hui avec le Portugal qui a conservé une structure sociale assez traditionnelle et des liens privilégiées avec des anciennes colonies aujourd'hui en plein essor mais il apparait justement que ce sont des solutions au cas par cas et non une solution globale. Confirmant d'une certaine façon les résultats des quelques referendum organisés avant la crise chez plusieurs peuples européens,les sondages permettent d'aujourd'hui d'évaluer les réticences des peuples européenns à la supranationalité européenne-réclamée par certains comme l'ultime solution et ce, qu'il s'agisse des peuples les plus touchés et les plus dépendants en apparence-au point que l'on a interdit à M.Papandreou d'organiser un referendum dans son pays-, du peuple amené à garantir les dettes de tout le monde-il est vrai qu'Angela Merkel vise surtout à imposer peut-être trop tard les mêmes astreintes que les Allemands se sont imposés eux au lendemain de la réunification en termes de compétitivité- que, véritable intermédiaire entre les deux en raison de l'excellent niveau de son potentiel historique, géographique et "infrastructurel" compensant pour partie le niveau abyssal de la dette, guère très éloigné maintenant de l'Italie et surtout excessivement dépendant de l'étranger (milliardaires pour l'immobilier et institutions chinoises pour la garantie du M.E.S.F. sans parler des détenteurs d'O.A.T.), notre pays dont la maladie n'est parfois pas (encore) assez perceptible par nos concitoyens. Justement, il est exact que les bureaucrates euromondialistes-je me permets pour une fois cette terminologie populiste- qui, à l'instar des politiques élus et des financiers, raisonnent sur le très court terme, prétendent préférable la garantie de l'euro et insistent sur les désavantages apparents immédiats d'un certain protectionnisme, en termes de pouvoir d'achat notamment, se réconciliant ainsi avec des syndicats gauchistes qui font de l'irresponsabilité publique un projet politique.

                       Sont-ils perceptibles ainsi, je ne sais mais il est exact aussi que les populations doivent assumer cette prise de position euroréaliste salvatrice même si cela implique quelques sacrifices de court terme et que les effets désagréables d'un démantèlement de la zone euro doivent être anticipés d'autant mieux qu'ils seraient plus utiles à moyen terme qu'une rigueur budgétaire certes nécessaire mais souvent aveugle lorsqu'elle est dirigée par des élites éloignées des populations. Or, le débat actuel sur le nucléaire, attisant une opposition peut-être salvatrice entre socialisme consumériste et malthusianisme écologiste, met l'accent sur la nécessité de concilier un certain potentiel public stratégique que le nucléaire garantit avec la nécessité de préparer l'avènement d'une société où la consommation ne pèse pas davantage que la production et impliquant aussi bien l'encouragement des énergies renouvelables et de l'agriculture biologique-sur le territoire national- que la préparation à un monde où l'on vit moins "au-desssus de ses moyens" grâce à la gabegie publique et à la spéculation financière. Nous n'adhérons pas à la vision "pseudo-écologiste" d'espaces naturels sanctuarisés traduisant surtout l'irréalisme de "bo-bo" oubliant la nécessité écologique de certaines activités traditionnelle comme la chasse mais plutôt en l'idée une saine répartition de la population, respectueuse de l'équilibre naturel, que justement cette "concurrence déloyale" menace le plus tout comme en pratique la bureaucratisation excessive européiste de la P.A.C., laquelle encourage excessivement la monoculture au détriment de l'agriculture vivrière et au détriment de l'agriculture elle-même dans certains pays comme la France- qui sur ce point n'a rien à envier avec le kafkaïsme du système administratif français qui au moins prétend incarner une légitimité nationale.

                                  Reste que ce n'est pas la bureaucratie qui "crée" l'identité "positive" mais plutôt un ensemble de données imbriquées et non formalisées associant des particularités culturelles ou ethniques et des considérations historiques et géographiques? Il est à ce titre révélateur que des régions aussi différentes que l'Alsace ou l'Euskadi présentent en commun un fort particularisme en même temps qu'une certaine réussite économique, double caractéristique que l'on trouve aussi en Vendée en raison d'une approche résolument humaine, sociale et "identitaire" au bon sens du terme dans la politique publique du conseil néral. Au moment où la Chine renonce à abonder les "fonds de soutien" européens et où l'Allemagne "marchande" avec la France une part d'austérité "compétitive" contre une part de "keynésianisme européen", il est plus que nécessaire que les peuples se "prennent en main" et, au lieu d'attendre la manne publique qui vient à se tarir, assument aussi bien une recherche d'autonomie alimentaire qu'ue véritable solidarité "identitaire". L'affaire du retour du Monsanto le prouve, il n'y a pas d'économie responsable sur les plans écologique et social sans un volontarisme national et "identitaire" impliquant une prise de distance allant vers une indépendance de l'argent facile émanant aussi bien des organismes publics légitimes (national) ou non (européen) que des lobbies profitant de cette situation pour influencer abusivement les politiques à l'instar des "agences de notation". Oui, cela implique des "sacrifices" que les valeurs d'une société traditionnelle basée sur le voisinage, la famille et l'effort peuvent pallier et c'est tout le sens du terroir comme seul vrai remède à la crise, notion dont l'Union européenne s'éloigne par définition.

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