L'IDENTITE ET L'ECOLOGIE DE DROITE COMME REMEDES AU MALAISE AGRICOLE

Publié le par JEAN DU TERROIR

                  En parlant de l’ « identité nationale » à propos de la crise du monde agricole il y a quelques  semaines, le Président de la République a mis le doigt sur un aspect crucial de mon combat de toujours : l’identité ne peut se concevoir sans une attache charnelle qui est celle de la terre, pourvu que cette dernière soit considérée comme un lieu où agriculture et environnement vont de pair.

                   Certes, la crise agricole s’explique évidemment par l’abandon des principes fondateurs de la Politique Agricole Communes : la préférence communautaire et le soutien des prix à la production pour préserver à la fois notre sécurité alimentaire et des revenus décents pour les agriculteurs tout en maintenant un modèle d’exploitation familiale normalement compatible avec notre vision du « développement  durable ». Mais le « productivisme » caractérisé par le développement massif des produits phytosanitaires, le remembrement ou la spécialisation portait en germes sa perte en raison de son insupportable coût pour le contribuable qui seul permettait de limiter la « concurrence déloyale » issue des pays méditerranéens ou même, concernant les produits laitiers, des pays d’Europe du Nord. Les réformes successives de la P.A.C. ont ensuite réalisé l’exploit de maintenir un modèle « productiviste » tout en organisant un « découplage », c’est-à-dire des subventions sans production et en maintenant la concurrence déloyale des autres pays européens. La fin des quotas laitiers ne fait que s’inscrire dans cette démarche puisqu’elle consacre la possibilité pour l’industrie laitière des pays d’Europe de Nord de menacer les exploitations traditionnelle des pays de l’Ouest, dont la France, où l’élevage bovin est certainement plus sain du double point de vue du développement durable et de la qualité « sanitaire » du produit.

Donc, la pollution chronique que l’on constate à travers l’élevage de porcs et de volailles « hors -sol » en Bretagne le prouve, les réformes de la P.A.C. n’ont en aucun cas contribué à la remise en cause de ce modèle agro-industriel  qui, bien plus que la quantité agricole produite avant les réformes  visant à limiter la production-comme si l’alimentation ne posait pas de problème aujourd’hui dans les pays du Tiers-Monde et même au sein de ce que l’on appelle le « Quart-Monde »-,  se trouve à l’origine de la rupture entre agricole et « développement durable ».

Le comble est que l’O.M.C. cherche aujourd'hui à transposer ce modèle aux pays du Tiers-Monde sous prétexte de développer leurs agricultures exportatrices et industries agro-alimentaires alors que tous les experts préconisent au contraire une préservation de leur « agriculture vivrière » garante justement d’un certain « développement durable » puisqu’elle seule peut permettre de continuer à alimenter les populations locales en préservant un certain tissu social.  En tout cas, c’est bien dans les pays du Tiers-Monde actuellement que l’on détruit des forêts pour de vastes champs de céréales qui serviront notamment à l’alimentation bovine en Europe. Or, il ne sert à rien d’imposer un étiquetage sévère des aliments « O.G.M. » si, au lieu de laisser pacager nos bêtes dans les bocages-lesquels sont menacés par les politiques publiques d’aide à la destruction des haies dont l’utilité écologique est par ailleurs avérée- et les alpages, on les nourrit avec les produits de Monsanto et Gaucho à grands renforts de carburants ! Comme l’a rappelé il y a quelques années le président du conseil général de la Vendée à cette occasion, ces insecticides menacent les abeilles et « si les abeilles venaient  à disparaître, les jours de l’Homme seraient comptés ».

 

                   Une agriculture durable, saine et équitable passe par le primat du local sur le productif, ce qui implique non seulement une stabilité géographique des « chefs d’entreprise » mais aussi des employés ponctuels.

Le plan d’aide agricole lancé par le chef de l’Etat prévoit de diminuer au maximum les charges sociales pour les travailleurs saisonniers et cela ne peut que favoriser l’agriculture biologique, laquelle nécessite par nature une main-d’œuvre souple, bon marché et, à l’instar de ce que doit être à mon sens l’agriculture bio, locale.

Car l’écologie agricole que je prône ne saurait s’accommoder d’intermédiaires trop nombreux et trop distants, y compris géographiquement. Non seulement ces « intermédiaires » contribuent à la poursuite de l’inflation concernant les légumes et fruits frais « de saison » sans assurer la survie des paysans mais elle favorise les « importations » issues des pays méditerranéens notamment et l’encouragement aux transports qu’il induit  se trouve  par nature antinomiques du « développement durable ».

Comment ne pas voir en effet que le développements exponentiel des transports constitue une pollution permanente alors que le principe même d’aller chercher loin ses produits en fonction d’objectifs de rentabilité coïncide  avec celle des « empoisonneurs publics » que peuvent représenter certaines entreprises cotées en Bourse comme Total ?

 

D’ailleurs, quelle est l’utilité d’imposer des normes sanitaires et environnementales que ce qu’il faut bien appeler  la « concurrence déloyale »ne respecte pas ?  Je préconise au contraire d’appliquer ces normes à tous les produits d’importation .A l’instar de ce qu’a déclaré souhaiter le ministre de la Relance pour les produits industriels, il faut mettre en place un dispositif qui pénalise les produits d’importation ne respectant pas un minimum de critères sanitaires et environnementaux si l’on veut espérer préserver et développer une agriculture comptable avec le développement durable.

 

                Je m’inscris donc en faux contre ceux qui veulent faire des espaces ruraux des zones « sanctuarisées », contribuant d’ailleurs nécessairement à développer l’exode rural, la surconcentration urbaine et/ou la « rurbanisation »   car il faut bien que les gens privés de terres et d’emploi aillent vivre quelque part. Qu’il s’agisse de l’ours slovène du Béarn et de la Bigorre ou du   loup du Mercantour, qui en viennent à menacer un élevage ovin déjà convalescent  ou du chevreuil et du sanglier, animaux comestibles qui saccagent les cultures et plantations dans toute la France aujourd’hui, l’actualité récente prouve que cette logique de la « sanctuarisation » nuit avant tout à l’agriculture traditionnelle c’est-à-dire précisément à l’écosystème traditionnel.

Pourtant, d’autres pistes existent pour réconcilier agriculture et « développement durable ».  Dans les terrains où l’espace existe, et même d’utiliser la ressource de la terre au profit des énergies renouvelables. Ainsi, dans l’intérieur de la Provence et du pays niçois où l’hiver peut être froid mais ensoleillé, le photovoltaïque peut permettre d’ajouter du « beurre dans les épinards » des propriétaires agricoles en fournissant de l’énergie « renouvelable » à la société.

A ce sujet, il va de soi que je soutiens les incitations fiscales aux travaux visant les économies d’énergie surtout lorsqu’ils contribuent à réhabiliter le patrimoine ancien.

                    Force est de constater, comme Lionnel Luca à propos du Grenelle de l’Environnement, que le Gouvernement actuel tend à défendre la notion de « croissance verte » inhérente à ce que Madame Jouanno a appelé l’ « écologie de droite » qu’il s’agit de promouvoir mais  une vision complète de l’écologie appelle une réflexion en profondeur sur les repères vitaux de l’individu, ce qui constitue l’identité précisément, et que ces repères vitaux ne sont compatibles qu’avec un modèle de « développement durable » où l’agriculture ne s’opposerait pas à l’environnement .

 

Publié dans Coordination Rurale

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christophe !!!!!!! 09/12/2009 21:59


coucou , merci du passage et du comm sur mon blog , eh oui toutes les régions ont leur spécificité et sont toutes les meilleurs dans leur domaine !!!!!!!!!!! et chacune est la meilleur , après ou
avant une autre !!!!!!!
bonne soirée
@ bientôt
Christophe
 


CASTELMAURE 04/12/2009 13:59


La position de Lionnel Luca est révélatrice à plus d'un titre...et pas seulement pour l'électorat très "droitier" de la sixième circonscription des Alpes Maritimes qui n'est qu'une composante de
l'élecctorat droitier


Louis-Paul 24/11/2009 21:44


Vos textes demandent une lecture attentive mais quelque peu difficile ("fatigue du soir" ) mais je tenais à vous remercier de votre passage sur mon Blog et du commentaire que vous y avez
déposé.


Agnès 21/11/2009 15:46


La question de l'identité mérite peut-être d'être étudiée séparément...


Durand 14/11/2009 13:14


Vous voulez maintenir le Tiers-Monde dans le sous-développemen