L'HOMME PEUT-IL TOUJOURS S'AFFRANCHIR DES LOIS NATURELLES ?

Publié le par JEAN DU TERROIR

L’éruption volcanique survenue en Islande et son nuage de cendre viennent encore une fois de rappeler que la technologie humaine comporte ses limites face aux lois naturelles .

Décidément, bien des choses échappent encore aux prévisions des "experts" en ce début de XXIème siècle, qu''il s'agissent des crise financières ou des évènements climatiques..

Il est vrai que la technologie humaine principalement en matière d’aviation comporte bien des limites comme l’a montré il y a peu  le tragique accident ayant causé le décès de l’excellent président polonais Lech Kaczinsky  et de son épouse, au moment même où ils accomplissaient leur devoir de représentants de leur nation en commémorant l’ignoble tragédie de Katyn.

Si cette coincidence chronologique semble a priori hors sujet, j’y tiens car je me dits que les innocents ne peuvent éternellement payer pour les coupables.

 

Evidemment, au moment où un certain nombre d’aéroports se remettent à fonctionner, il apparaît que la situation économique des Etats d’Europe Occidentale en général-et de la très spéculative Islande en particulier-pouvait difficilement se permettre ce formidable frein ponctuel au commerce mondial   qu’a provisoirement constitué l’arrêt du fonctionnement des aéroports.

Il est évident que le coût économique peut s’en avérer rude car un certain nombre d’emplois dépendent directement du bon fonctionnement des aéroports dans notre société globalisée de ce début de XXIème siècle, à commencer par les agences de voyage qui auront le délicat choix entre le remboursement des voyageurs  comme la loi ne les y oblige pas en cas de « catastrophe naturelle » et, justement, le "non-remboursement", lequel ne sera pas sans conséquence sur leur clientèle et leur chiffre d’affaires à venir. D’ailleurs, les voyageurs ainsi lésés vont perdre un peu de pouvoir d’achat alors même que, ceux d’entre eux qui se sont retrouvés bloqués à l’étranger, ont indéniablement mis en difficulté leur employeur.

 

Néanmoins, outre qu’il n’y avait peut-être pas beaucoup le choix, cette fermeture d’aéroports n’était-elle pas une manière certes radicale de limiter la consommation de carburant et donc son « coût » en cette période de (très) timide « reprise » et ce, alors que le Pentagone lui-même vient d’alerter les autorités sur le risque de pénurie de matière première à base d’hydrocarbures se traduisant concrètement par le risque d’une nouvelle « inflation » susceptible d’affaiblir encore le pouvoir d’achat des ménages occidentaux alors que les grands programmes de véhicules électriques n’ont pas encore trop vu le jour. Par ailleurs, puisque l’on parle « pouvoir d’achat », n’est-ce pas aussi un moyen  de faire perdre l’habitude aux Français de dépenser leurs devises à l’étranger alors que nombre de petits commerçants, de restaurateurs et d’agriculteurs, dans les régions en voie de « désertification » en ont cruellement besoin ? Il ne faudrait pas compter que sur les « services publics » pour maintenir « en vie » certaines régions intérieures de notre pays !

D’ailleurs, qui peut se plaindre des cargaisons de textile bloquées au Bengladesh qui ne font que « concurrencer » ce qui nous reste d’usines?

Qu’il s’agisse du saumon norvégien, des fleurs néerlandaises dont une partie provient en réalité du Kenya ou des voyageurs d’affaires en instance de manipulation spéculative, les domaines pénalisés par cette crise ne sont souvent pas si indispensables que cela. Et même les  structures hautement liées au transport aérien comme les agences de voyage ne sont finalement génératrices que d’emplois localisés dans les grandes agglomérations, notamment la région parisienne, qui souffrent déjà d’hyper-concentration et de  multiples problèmes induits par le le coût du logement.

 

En réalité, c’est davantage un modèle économique aux effets néfastes qui apparaît menacé que l’économie elle-même et c’est toute la différence avec la crise financière de 2008 qui, si elle a provoqué initialement la faillite des parties liées aux bulles spéculatives-ce qui est normal après tout  puisque ce sont elles qui ont provoqué la crise- s’est ensuite propagée à l’économie réelle avec des conséquences catastrophiques en termes de chômage, même si la situation n’a fait « que » s’aggraver dans notre pays. Et ce, alors que les premières (les parties liées aux bulles spéculatives) ont pu asses vite « remonter la pente » au prix parfois d’un alourdissement des dettes publiques des principaux Etats occidentaux-elles peuvent tout de même dire « merci » aux Etats- et, souvent, reprendre ensuite leurs vieilles pratiques spéculatives malgré les (trop) confiantes mises en garde du Président Sarkozy! Rien de très moral dans tout cela, et, si l’on raccroche cela à des références bibliques, l’on pense davantage à la tour de Babel plutôt qu’à « la sueur de son front » préconisée à sa façon en son temps par le candidat Sarkozy. Surtout quand on pense qu’il ne s’agit que de permettre aux gens d’alimenter les excès de la société de consommation de masse.

Bref, on peut se demander si le transport aérien ne favorise pas avant tout cette économie « irréelle » aux limites de la spéculation alors que, pour nous qui avons de sérieuses préoccupations « environnementales », l’impact écologique s’en avère plutôt positif contrairement à…la nième et scandaleuse grève de la S.N.C.F. que, dans leur soutien absurde aux partis marxistes, les adeptes d’ « Europe Ecologie » ont soutenue une fois encore !

 

Or, les préoccupations écologiques sont un tout, elles ressortent de préoccupations globales certes mais concrètes. La nécessaire dimension « globale » de l’écologie ne doit pas se focaliser sur des sujets trop globaux pour être concrets comme le « réchauffement climatique » mais sur une visio,n globale du mode de production et de distribution. C’est pourquoi l’on ne peut compter sur la « grande distribution » , dont la recherche désespérée de faibles coûts de production peut paraître d’autant plus perverse- quoique compréhensible-que les charges sociales et fiscales sont nécessairement importantes, pour contribuer à un modèle de « développement durable » même si le label « AB » apparaît de plus en plus dans les grandes surfaces, ce qui est un bien dans l’absolu.

Mais justement, et c’est là que pointe l’incohérence du « système », l’on constate que ces produits « AB » ont pour une partie d’entre eux effectué un long voyage avant d’atterrir, au sens propre et c’est aussi en cela que la « crise aérienne » peut aussi avoir un effet salutaire-sur les rayons accessibles aux « ménagères » et cela n’est pas du tout conforme au « développement durable » que je prône depuis plusieurs années.

 

Non, l’agriculture bio devrait nécessairement passer par un mode de « développement durable » d'autant plus qu'elle s'appuie normalement sur un modèle de diversité salutaire-ne pas "mettre tous ses oeufs dans le même panier" et sur un modèle d'allègement des charges "comptables" -limiter les gros investissements ruineux".Ce qui nous conduit logiquement à des exploitations familiales "enracinées" dans un terroir!

La réhabilitation du bocage met l’accent sur un modèle d’environnement rural favorisé par la polyculture et, plus généralement, par la diversité des activités en milieu rural..et même dans nos régions méditerrannéenes, par des maraichers et viticulteurs « bio » en alternance avec de l’élevage ovin et du tourisme « vert » , modème certes un peu éloigné  de la spéculation immobilière azuréenne mais dont l'arrière-pays niçois s'accomoderait bien pour le plus grand profit de certains citadins azuréens qui prendraient plaisir à s'approvisionner en produits de saisons en "prenant l'air" montagnard! 

Au-delà même du transport des produits « frais » on ne peut moins écologique, l’idée de faire venir des produits de l’autre bout de la planète contredit l’idée même du « développement durable » de la même façon qu’un produit faussement « bio » qui ne serait pas « de saison »..

Nous avons vu précédemment qu’il était absurde de pénaliser nos industries en leur imposant une « taxe carbone »…que l’on n’appliquerait pas aux pays industriels émergents et c’est pourquoi le nouveau projet de « taxe carbone aux frontières », s’il ne nous satisfait pas pleinement, tient bien davantage la route.

Par ailleurs, il importe enfin de contrer la propagande de Monsanto qui, encore une fois, chercher à exercer son lobby par et aux dépends de l’Union européenne.

Même si cela peut paraître curieux à certains, il serait parfaitement cohérent de faire coincider le respect de l’environnement avec le respect de la Vie et ce, justement au nom de la « loi naturelle » qui veut que l’Homme ne s’arroge pas le pouvoir d’une régulation contre-nature…

 

La « démesure » se retrouve aussi dans l’hypertrophie administrative mais aussi dans l’hypertrophie spéculative, deux grands mots qui rappelant aussi la tour de Babel, caractérise cette logique de la démesure par laquelle l’homme tente de s’affranchir de la Loi Naturelle.

Très ancien débat…

En tout cas, le fait que malgré quelques bonnes mesures indéniables sur l'isolation thermique notamment prévues par le "Grenelle de l'environnement", ce caractère "global" du développement durable n'ait pas été suffisemment pris en compte me pousse à maintenir mes réserves à ce propos. Ceci alors que les députés ont refusé le 7 avril d'appliquer des restrictions de bon sens aux produits phytosanitaires et que le Cruiser et le Gaucho, véritables dangers publiques pour les abeilles et donc pour les hommes, comme le disait si bien le président du conseil général de la Vendée à l'époque, ne devraient pas être "inquiétés".

 

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marcus 24/04/2010 11:46



vous ne parlez pas une seule fois d'immigration dans cet article..