DEPENDANCE A L'ARGENT FACILE : LE POLITIQUE DOIT MONTRER L'EXEMPLE AU FONCTIONNAIRE ET AU CITOYEN

Publié le par JEAN DU TERROIR

                          Une fois de plus, le chef de l'Etat vient de montrer une réactivité et une force de conviction peu commune et ce, dans un contexte particulièrement tendu marqué par des contraintes budgétaires de plus en plus serrées, même si celles-ci relativisent plus que jamais le "verbe présidentiel", et sur un sujet on ne peut plus sensible qui est celui des "affaires" en politique!

Quant au ministre du Travail qui a défrayé la chronique, il reste à s'interroger sur le bien-fondé du cumul de sa fonction avec celui de trésorier du parti majoritaire et à ce titre, plus qu'opportun qu'il en démissione le plus vite possible.

 

Mais comme le soulignait il y a une semaine encore notre excellent député Lionnel Luca, cela ne saurait suffire, un remaniement plus profond est rendu nécessaire par la conjonction circonstantielle des "affaires"  et de l'introduction des premiers éléments d'un nécessaire "plan de rigueur" qui complexe jusqu'à la ministre de l'Economie et des Finances, même si cette dernière a raison sur la possibilité de relancer l'économie tout en allégeant le train de vie de l'Etat, nous y reviendrons.

 

La démission d'Alain Joyaudet et de Christian Blanc était d'autant plus opportune qu'elle avait été demandée par l'exécutif au nom de l'exemplarité dans les nécessaires sacrifices auxquels doit consentir tout Français dans ce contexte budgétaire difficile et ce, quel que soit son "rang"!

 

A titre personnel, je regrette que ce remaniement ne s'étende pas pour l'instant à Ramada Yade ou à Fadela Amara lesquelles ne font qu'apporter la preuve, après Rachida Dati, que la "discrimination positive" aux hautes fonctions de l'Etat n'est pas nécessairement sinonyme de "valeur ajoutée" ni surtout que l'origine sociale et "ethnique" des personnes concernées ne les rend pas pour autant économes de l'argent des contribuables..ou plutôt de la dette puisque c'est de plus en plus la question. Je regrette aussi que Bernard Kouchner, ami des rédacteurs du "Canard Enchaîné" ne soit pas davantage épinglé ne serait-ce que pour les "frais de réception" du Ministère des Affaires Etrangères...

Mais je m'oppose à l'éviction de Christian Estrosi qui a eu au moins le mérite de s'expliquer parmi les premiers et qui, en outre, a compris que certaines dépenses devaient être maintenues lorsqu'elles entraient des économies ultérieures comme l'achat par l'Etat de "voitures électriques" pour lancer la production de masse.

Quant à Eric Woerth, la vraie différence avec le "Grand Paris" de Christian  Blanc et ses "clusters" alors que l'agglomération parisienne est déjà congestionnée réside dans la nécessité de la réforme des retraites qu'il met en places et notamment son volet sur le report de l'âge légal de la retraite qui permettra d'alléger les dépenses de l'Etat-Providence sans en atténuer les recettes de consommation.

 

                              A rapprocher de l'attitude récemment constatée de certains joueurs de l'Equipe de France, le comportement de certains politiques ayant décidément du mal à montrer l'exemple aux fonctionnaires et aux citoyens malgré les multiples demandes de l'exécutif en ce sens est à rapprocher de celle de certains "traders" et, plus généralement, de nombre d'hommes d'affaires peu scrupuleux pratiquant la spéculation à tout va et peu soucieux du fait que leur gain d'argent  de "court terme" ne s'accompagne d'aucune contrapartie en terme de service et d'intérêt général ou même privé.

Le fait même que les "élites" correspondent et se croisent entre les affaires, la politique et la haute administration devraient nous conduire à ne pas "séparer" artificiellement secteur privé et secteur public sous l'angle de ce rapport de la dépendance à l'argent, non pas par "populisme" mais parce que les circonstances exigent que le politique se doit de montrer l'exemple aux fonctionnaires et aux citoyens, et c'est même l'intérêt de ces derniers, attendu que l'argent est souvent mal utilisé et, de par sa capacité à entretenir l'inflation dans certains domaines, se retourne souvent contre eux en termes de pouvoir d'achat!

 

Plus de quinze ans après l'épopée du juge Jean-Pierre allié au président du conseil général de la Vendée dans le cadre de l'affaire "Urba" notamment lors de la passionnante campagne des élections européennes de 1994, il est certes regrettable que ces agissements ne soient dénoncés par l'opinion que parce que nous entrons dans une période de crise dont tout laisse à penser qu'elle est structurelle en ce sens que nous entrons dans la période où nos créanciers nous font remarquer de manière de plus en plus insistante que nous vivons "au-dessus de nos moyens" et qu'il va falloir que cela cesse!

 

Il est évident que les excès de certains ministres et de certaines administrations peuvent objectivement être considérés comme une "goutte d'eau dans le vase" de la dette publique mais il faut objectier que des efforts doivent être demandés à tout le monde et que, bien au-delà de la notion d'exemplarité, il faut comprendre que la "voie hiérarchique" en vigueur dans l'Administration ne peut que se trouver viciée au niveau de l'échelon précis où le supérieur qui "ne fait pas d'efforts" demande des efforts à son subordonné. Il est très peu d'excuses en ce domaine comme l'a compris le Président de la République en annulant la "Garden Party" de l'Elysée, sachant que les traiteurs peuvent toujours se reconvertir dans des secteurs de restauration moins luxueux.

Si, lorsque la dépense publique permet de pallier la défaillance du secteur privé dans le domaine des "industries propres" non délocalisables que dans le cas des voitures électriques et de Monsieur Estrosi, justement!

 

Et il faut bien faire attention au fait que la recherche et la défense ne doivent pas être pénalisées lorsqu'elles permettent des économies d'argent public dans d'autres domaines et c'est un peu le cas de notre secteur nucléaire qui permet de faire d'autres économies sur le plan militaire mais aussi sur le plan civil, grâce à la réduction de la consommation énergétique notamment!

 

                                    A ceux qui m'objecteront que la consommation en général constitue en France une part trop importante du Produit Intérieur Brut pour être "sacrifiée" par un plan de rigueur, je dirais que c'est exact sur le court terme-c'est ce qui nous a permis d'atténuer les effets de la crise financière" grâce au maintien du pouvoir d'achat garanti par l'"Etat-Providence"- mais que sa structure actuelle favorise excessivement les importations au détriment de nos emplois-donc l'usage de l'argent sans contrepartie en terme de "travail" et l'aggravation de l'endettement public- et que la dépendance à l'argent qu'elle généère favorise justement ces agissements et la spéculation comme plusieurs économistes le constatent aujourd'hui!

 

Il est vrai que l'argent "pourrit" un peu nos société et que celui qui l'utilise sans vraiment le gagner "à la sueur de son front" acquiert peu à peu cette impression que "tout lui est du" et par ce fait en abuse, qu'il s'agisse aussi bien du politique que du bénéficiaire de minima sociaux comme une "rente de situation" et que cela peut lui faire perdre le sens des réalités ce qui aliène les rapports humains "il aurait pu quand même...".

Non pas que je pense qu'un "défaut de paiement brutal" de l'Etat constitue une solution-c'est justement l'intérêt des "plans de rigueur"- mais, c'était le sens de mon dernier article, on peut commencer à développer une société qui, au lieu de pratiquer l'abus de consumérisme à l'aide de l'abus de dépense et de l'abus d'endettement public et privé, pratique davantage la gestion en "bon père de famille"en réhabilitant des pratiques individuelles et collectives davantage "éco-responsables" et cela ne peut se limiter au coûteux usage des produits phytosanitaires nécessairement remis en cause dans le contexte actuel de l'Union européenne!

            

                     La sacralisation de l'argent sans contrepartie qui doit passer par le fait de ne plus "vivre au-dessus de ses moyens" implique de favoriser la structure "production" davantage que la structure "consommation"  et ce sont les effets positifs de la baisse de l'euro et du "plan de rigueur" que d'y contribuer. Toutefois, afin que ceci ne soit pas trop douloureux, il convient que nos concitoyens réapprennent les "économies d'énergie", l'agriculture vivrière, les liens de proximité et la notion de service aussi bien dans le cadre de l'"intérêt général" que, s'ils peuvent le faire eux-mêmes, dans le cadre des petites exploitations "utiles"!

 

Face à la logique de "bulle" qui résulte directement de la volonté d'enrichissement par la voie "spéculative" comme par la volonté de continuer à "vivre au-dessus de ses moyens" y compris par la manière la plus "vaine" car l'augmentation des revenus mal répartie dans l'espace entraîne souvent une augmentation du coût de la vie et donc une perte de "pouvoir d'achat" -regardez l'effet des "aides sociales à la propriété" sur les prix immobiliers franciliens-  et la perte d'emplois lorsqu'elle entraîne l'achat de produits d'importation, il faut réhabiliser une vision humaine et "définanciarisée" des rapports sociaux, ce qui passe par une réhabilitation des liens informels de proximité permettant de limiter les dépenses de ménages-les A.M.A.P. y réussissent bien- certes au détriment des grandes surfaces et des recettes publiques de T.V.A. mais au détriment aussi de l'excès de "consumérisme" et donc au profit de l'environnement et de l'équilibre des finances publiques..

 

En finir avec l'assistanat par un certain retour à la "ruralité" mais aussi aux "liens de proximité" mais aussi avec le "surconsumérisme" assisté par des pratiques plus "éco-responsables" pour mettre fin à la spirale "inflationniste" ou l'Etat-Providence et les grandes entreprises-quand elles ne délocalisent pas-compensent pour pallier l' inévitable augmentation du "coût de la vie", voilà l'objectif à atteindre pour nous Français qui, menacés depuis trop récemment par les marchés en raison de la réactivité de notre "Etat-Providence" à enrayer les effets de la première crise financière et de la spéculation anglo-saxonne, n'avons pas cru utile de réapprendre tout de suite le "savoir-faire" domestique issu des générations passées et avons préféré nous en remettre à l'hypothétique réussite des "plans de relance"!

Je précise que, dans le débat environnemental, je renvoie "dos à dos" partisans de la "décroissance" et du "retour à la nature" et ceux qui croient que la "technologie écologique" suffira, je pense pour une société où l'on réapprenne à consommer en fonction du besoin et à utiliser les techniques de nos aïeux comme dans le cas de l'utilisation de sols...avec en plus effectivement un recours à des "industries propres" permettant de limiter le recours à des importations des industries polluantes délocalisées dans les "pays émergents"! Je m'intéresse énormément aux problématiques écologiques en raison en les corrélant aux problématiques de la nécessité d'économies publiques et privées et dans l'épanouissement d'une société enracinée et équilibrée mais je pense que ceux qui oublient que les nécessaires "technologies vertes" ne peuvent dispenser l'homme contemporain d'un minimum d'efforts dans la sphère environnementale comme ceux qui oublient que la chasse aux espèces sauvages menaçante pour les activités agricoles traditionnelles constituent justement une manière équilibrée de concevoir l'environnement oublient le véritable enjeu de l'écologie qui est de favoriser le sens des réalités et des responsabilités et partant, de diminuer la dépendance à "l'argent pour l'argent" et c'est pourquoi les politiques doivent montrer l'exemple et non se contenter de mesures en ce sens.

 

Le "keynésianisme" au eu du bon au cours des Trente Glorieuses dans la mesure où il a permis un certain progrès en ce sens que la vieille paysannerie et la vieille bourgeoisie n'auraient peut-être pas compris que l'on s'endette pour cela!

Mais certains phénomènes que je n'approuve pas comme la mondialisation favorisant la "concurrence déloyale", la culture de l'assistanat qui en découle partiellement, la perte du sens de l'effort physique et du travail y compris au sein de la sphère domestique, l'amenuisement des repères familiaux, paroissiaux et "identaitaires", la relativisation du sens de l'humain allant jusqu'à la négation du "droit à la vie" avec remboursement par la Sécurité Sociale, l'excessive "technologisation" de l'agriculture à l'aide d'argent public "communautaire" et cette tendance à attendre de l'"Etat-Providence" qu'il assure éducation, soins, confort minimal pour ceux qui ne travaillent pas, retraite, emploi-beaucoup de jeunes Français n'ont d'autre idéal que de devenir fonctionnaires- sans parler des déboûchés que constituent les "marchés publics"  pour certaines entreprises d'ailleurs à l'origine de nombre d'affaires politico-financière, ont déconnecté le moyen que constitue le transfert d'argent public de sa finalité que constitue le progrès. En réclamant "toujours plus" sans contrepartie comme l'écrivait un essayiste qui ne m'est particulièrement proche il y a quelques années, l'homme contemporain entretient sa dépendance à l'argent et les problématiques liées à la crise et aux affaires, ainsi qu'à la dette publique qui leur est structurellement liée, introduisent la responsabilité des "élites" dans ce domaine!

 

Or, cette excessive "dépendance" ne peut être traitée séparément s'agissant du simple citoyen réclamant "toujours plus" sans contrepartie productive du spéculateur avide de gains "de court terme" ou encore du fonctionnaire peu scrupuleux bénéficiant surtout d'une "rente de situation" et surtout du politique qui, par les mesures prises tout autant que par ses agissements, se doit de montrer l'exemple à ses compatriotes.

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Comité Lionnel Luca 14/07/2010 10:28



Merci de rappeler que, sur les questions de corruption notamment, Lionnel ne transige pas y compris face à sa majorité