CRISE SOCIALE ET FINANCIERE: CE N'EST PAS L'AUSTERITE EN ELLE-MEME QU'IL FAUT VISER MAIS SON CARACTERE DOGMATIQUE ET SUPRANATIONAL

Publié le par JEAN DU TERROIR

               Est-ce vraiment une suprise ? S'accrochant à un projet social inepte et inopportun au moment où les sociétés auront besoin des plus petits de leurs corps intermédiaires, le Gouvernement cherche manifestement, comme l'en a justement accusé le jeune député martiniquais, à "faire diversion" de problématiques qui, de l'éclatement des "affaires" en cours à l'aggravation des comptes publics et sociaux, mettent gravement en jeu sa crédibilité et sa compétence.

                 Pour nous qui avons toujours défendu la souveraineté des Etats-nations -encore faut-il préciser que cette souveraineté s'appuie nécessairement sur ses "corps intermédiaires", familiaux bien sûr mais aussi régionaux, chose en quoi nous restons adversaires des courants "jacobins"- et le caractère excessivement dogmatique de l'Union européenne dans sa version bruxelloise, il est évident que les difficultés provoqués par la conception absolutiste de l'ouverture des frontières, notamment économique, menaçant nos entrepreneurs et nos terroirs, ainsi que par une politique monétaire maintenant une surévaluation absurde en même temps que, depuis quelques temps, une "création monétaire" excessivement accomodante ne profitant qu'aux acteurs financiers purs, il n'est pas exagéré d'affirmer que, hélas, cette crise nous donne raison.

Mais une tendance de plus en plus nette touchant également des milieux souverainistes plus jacobins consiste aussi à refuser de voir le problème que constitue l'excès de la dépense publique en lui-même, c'est-à-dire indépendamment des recettes publiques qui, en général, respectent l'adage "trop d'impôt tue l'impôt", phénomène évidemment amplifié par une mondialisation que, je le rappelle, nous n 'avons pas voulue. Est-ce la raison de leur opposition à une réforme favorisant la vitalité de la région qui a le plus permis à la France de maintenir sa suprématie face au risque que la réunion de la zone germanique constituait depuis des siècles?

Toujours est-il que leurs critiques rejoignent un peu trop celles que j 'entendais encore ce matin de la part de Marie-Noëlle  Linemann qui, au nom de l'"aile gauche de la gauche" semble s'attaquer à l'austérité en elle-même- qu'elle aille donc voir ce qui se passe en Espagne ou en Grèce-, sous le juste prétexte que cette austérite mine certe notre potentiel de croissance.

Sauf, et c'est dommage que ce soit justement l'aile hostile au supranationalisme de la gauche qui entre dans ce piège, qu'il ne sert à rien de soutenir la consommation si celle-ci favorise les produits d'importation.

Il vaut mieux encore ne rien faire en terme de "souveraineté" mais prendre au moins des mesures concrètes découragant l'importation même au détriment d'une croissance calculée en pur flux financiers. Cela convient à certains, l'affaire Cahuzac l'a démontré, qui permettent à la France d'emprunter à de faibles taux? Qu'en sera-il une fois que, le patrimoine vendu aux Qataris ou aux Chinois, il n'y aura plus de possibilité externe de maintenir notre mode de vie?

                Après avoir stupidement abrogé la "T.V.A. sociale", le Gouvernement a mis en place le C.I.C.E. lequel sera moins efficace et occasionnera une activité administrative parasitaire mais ce serait mieux que rien si la T.V.A. était maintenue à taux réduit concernant les activités non délocalisables et source de lien social naturel comme la restauration.

On peut se réjouir que le Gouvernement s'attaque enfin aux pensions des retraités car on ne voit pas bien pourquoi ces derniers, ayant vécu les "Trente Glorieuses" seraient exemptés d'efforts. Il reste qu'il faudrait veiller à ce que la pression sur le pouvoir d'achat ne les rende pas encore plus dépendants des produits d'importation ce qui là encore, pose la question d'une politique sociale favorisant les "corps intermédiaires". Et les allocations familiales? A mon sens, la structure familiale doit être valorisée mais il faut convenir qu'elles concourrent en pratique au phénomène d'assistanat et de "pompe aspirante" migratoire que nous dénonçons depuis longtemps. En fait, ces mesures d'urgence méritent plus des amendements qu'une condamnation et, au moins, elles limitent l'inconséquence gouvernementale observée au début au niveau de l'Education Nationale notamment.

 

La souveraineté, nous la défendons plus que jamais mais  il faut pour cela faire accepter des sacrifices à nos concitoyens sous la double condition que cela contribue à diminuer notre dépendance économique envers les produits d'importation et que des politiques sociales permettent de  valoriser les "communautés naturelles" rendant ces efforts plus soutenables.

Sans quoi....en attendant, il va de soi que l'affaire Cahuzac doit enfin poser la double question des liens entre l'Etat-Providence et les industries pharmaceutiques et de l'usage de l'argent public à des fins "politiciennes" alors que les politiques ayant réussi l'ont fait en revitalisant leur tissu économique, social et, au bon sens du terme, "identitaire".

 

 

 

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