CRISE DE LA DETTE EN EUROPE: DES SOLUTIONS " A GEOMETRIE VARIABLE" DOIVENT ETRE ENVISAGEES

Publié le par JEAN DU TERROIR

              Ainsi, pendant que l'U.M.P. privilégie les querelles intestines sur sa démarche d'opposition et que le Front national peine à entrer dans la démarche de l'opposition constructive-on l'a vu récemment avec l'incompréhensible dénonciation du rapport Gallois et de la nécessiter de taxer davantage les produits de consommation courants qui se trouvent être en pratique des produits d'importation-, la crise s'aggrave en France comme on l'a vu avec la deuxième dégradation de la note de sa dette, qui ne s'acompagne heureusement pas de remontée des taux d'O.A.T.-ce qui rend d'autant plus angoissante la perspective d'une remontée de ces dernières avec une dette dépassant désormais les 90% du P.I.B.- et, surtout, la multiplication des statistiques alarmantes en termes de chômage.

 

                    Au point que d'aucuns ont cru opportun de prendre de se référer à l'exemple italien, peut-être plus opportun qu'une Allemagne constituant  effectivement un modèle sur le plan du coût du travail, du dispositif de formation, de l'aménagement du territoire et de la sobriété énergétique mais pratiquant néanmoins un malthusianisme démographique, une exploitation de la main-d'oeuvre des pays slaves ayant conservé une pratique germanique et d'une monnaie forte issue d'un traumatisme quasi-centenaire aboutissant à l'anesthésie des industries de ses partenaires latins membres de l'Union européenne. C'est que, plus que de l'Espagne, l'Italie se rapproche par maints aspects de notre pays car le niveau de la dette n'y est pas beaucoup plus préoccupant et, même, le niveau des échanges extérieurs y est même très encourageant puisque la balance extérieure y est désormais bénéficiaire malgré l'"euro fort"! Le fait que l'Italie ait entamé une  "descente aux enfers" en termes de taux d'O.A.T. et non encore la France peut s'expliquer par le facteur conjoncturel du fait qu'elle ne se situe pas juste au Nord d'une Espagne en situation structurellement catastrophique et par des facteurs plus structurels comme l'existence d'un "Mezzogiorno" structurellement sous-développé-mais la "France du vide" que décrivait le géographe Gravier est-elle un mieux, je ne le crois pas- et par l'attrait d'une "clientèle huppée internationale" plus importante chez nous alors qu'elle se limite à une forme de tourisme à Venise- le potentiel "touristique" de Rome devant être examinné à part- dans la péninsule. Sans parler d'une dépendance militaro-budgétaire sulfureuse et croissante envers les monarchies wahabbites conduisant à de multiples travers en termes géopolitiques comme en termes de prosélytisme religieux sur notre territoire! L'Italie du Nord n'est tout de même pas un pays du Tiers-Monde mais au contraire une région parmi les plus riches de la planète.  Aussi la France comme l'Italie doit être traitée par une pénalisation maximale de la consommation courante puisque celle-ci s'effectue en pratique par l'importation voire par l'assistanat, exception devant être faite des activités non-délocalisables comme la restauration. Responsabilisation de la consommation-qu'on pense aux gaspillages alimentaire et énergétique notamment dans les populations "assistées"- et affaiblissement de la "concurrence déloyale" sont au bout de ce chemin.

 

                          Plus que l'Italie confrontée en fait à une différence tout à fait classique entre le  Nord et le Sud, l'Espagne se trouve aujourd'hui confrontée à son atonie économie lié à la bulle immobilière elle-même-l'éclatement de celle-ci n'en étant que la résultante-, atonie à laquelle échappent seules les régions à forte identité injustement brimées jusque-là par le centralisme madrilo-castillan comme le Pays Basque. Cela pose aujourd'hui clairement la question du sens de l'hispanité aujourd'hui alors que cela fait déjà plus d'un siècle que les anciennes colonies d'Amérique Latine jouent leur propre carte dans le monde d'aujourd'hui.

                         C'est un peu différent avec le Portugal car non seulement celui-ci a su conserver une société traditionnelle, seule palliatif infaillible à la crise mais la solidarité lusophone fonctionne encore et ce, avec les anciens comptoirs asiatiques profitant des dynamisme indien et chinois-dans des conditions que certes nous discutons-, une Angola ayant enfin extirpé le marxisme importé de Cuba et, surtout, le grand "B.R.I.C.S." que constitue le Brésil qui pourrait même racheté les fameuses obligations. Par ailleurs, il existe une forme de dynamisme lié à l'"Arc Atlantique" qui ne saurait exclure le Nord-Ouest du pays.

                       Puisque l'on parle de l'"Arc Atlantique", un mot sur une Irlande dont on ne parle plus depuis ce gâchis purement technique lié à la stupide garantie par l'Etat des faillites bancaires, elle doit avant tout s'inspirer de ce qui a toujours fait le succès des régions océaniques  à savoir un entrepreneuriat traditionnel basé sur l'attachement au terroir plus important dans le bocage-la Vendée comme l'Euskadi en constituent des exemples- n'empêchant pas la dimension maritime. Pour l'Irlande, cela pourrait suffire.

                      Et quant à la Grèce bien sûr, il faut cesser de se voiler la face, avec des taux d'obligation de 30%, cela ne sert à rien de la maintenir dans la zone euro sous sa forme actuelle, même si cela doit générer un risque contagieux dont il faut commencer à accepter l'évidence autant que les conséquences et il faudrait concevoir un système de "zones franches" protégées par ce reste d'institutions publiques pour, au moins, mettre en place des zones dynamique hors euro. C'est l'occasion de tester par ailleurs la capacité de cohésion de l'Eglise orthodoxe locale qui pourrait générer l'exemple ailleurs.

Plus que jamais, la géométrie variable n'empêchant pas des solutions communes, à rebours de la logique collectiviste inspirée par l'Union européenne ayant transposé les tares du jacobinisme au niveau européen, constitue la solution à la crise.

Publié dans EUROPE SUPRANATIONALE

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