APPROBATION DU MECANISME EUROPEEN PAR LA COUR DE KARLSRUHE: IL EST TEMPS DE DEMANDER L'AVAL DES PEUPLES EUROPEENS

Publié le par JEAN DU TERROIR

          "L'Europe respire" indiquent plusieurs dépêches et mêmes plusieurs titres de journaux devant l'approbation par la Cour Constitutionnelle Allemande de Karlsruhe du  traité instituant le Mécanisme Européen se subsituant au Fonds Européen de Stabilité Financière destiné à recapitaliser les banques et à racheter les titres obligataires d'Etats en difficulté oubliant que, dans leur pragmatisme, nos amis germaniques ayant vaguement l'impression de payer "pour les autres" -ce qui est un peu exact dans les faits mais il faut rappeler  que leur politique de rigueur à contre-temps appuyée sur l'euro fort n'a pas peu contribué à la ruine de secteurs économiques entiers de leurs partenaires comme par exemple en Italie- ont assorti une condition d'impossibilité d'augmentation de leur participation.

Bien, la vraie question est en fait la même qu'à chaque nouveau plan de sauvetage : l'Europe est sauvée...pour combien de temps? En effet, si l'Allemagne subirait inéluctablement les conséquences d'une faillite et sortie de l'euro de l'Italie, de l'Espagne ainsi que- les taux d'O.A.T. augourd'hui au plus bas chez nous étant nécessairement amenés à monter lorsque la migration des capitaux aura pris fin- de la France, elle ne peut pas non plus s'engager à garantir le train de vie des peuples qu'elle a contribué à ruiner une fois ces derniers réduits une oisiveté conséquence conjointe des plans d'austérité et du maintien dans l'euro et nous ne savons pas trop en fin de compte où se situe la limite, laquelle dépend en partie de la situation des "pays émergents" (on le voit pour le Portugal avec le Brésil) mais aussi de l'inéluctable épuisement des "actifs" (variété géographique, héritage de l'histoire et infreastructures) en  France.

La vérité est  que si la garantie des taux italiens et  espagnols-je ne parle pas de la Grèce ici dont le cas est  désormais insoluble et dont les Grecs feraient bien d'ores-et-déjà de s'accoutumer en rationnalisant leur économie souterraine, montrant ainsi au monde occidental une vraie alternative à la consommation assistée par les fonds publics- restent modérés de par l"étroitesse de leurs liens avec les Allemands, cela ne ferait in fine que, comme c'était d'ailleurs l'objectif initial non atteint de l'euro,  que les inciter à suivre la même logique que celle ayant abouti à la "bulle immobilière espagnole" à savoir une économie d'endettement mais avec une dette toujours croissante au-delà de la croissance.

 

             Tandis que l'existence de ces "boulets" ainsi  que l'aggravation de la situation française devant les pertes d'emploisp rivés auxquels on assite en ce moment finirait par provoquer un affaiblissement économique  de la première économie européenne et ce, d'autant plus que cela pourrait se traduire par une baisse de l'euro laquelle interviendrait trop tardivement pour relancer les exportations des pays latins et, dans ce cas, ce serait tous les taux des Etats membres qui augmenteraient à une échéance relativement  brève.

Enfin, une fois que les capitaux auraient trouvé à se "placer" ailleurs à savoir peut-être dans les "pays émergents" une fois leur économie consolidée au détriment de l'Occident lesquels, à l'instar de les pays du Golfe, ne voudraient bien sûr pas voir l'Europe s'écrouler économiquement sur elle-même mais la "sauveraient" à leur manière, en y rachetant les actifs, infrastructures, immobilier, cerveaux et c'en serait fini aussi bien des velléités affichées par les européistes les plus fervents que, plus grave, des souverainetés nationales...pour de bon!

Alors, devant l'insolubilité objective de la crise de la dette dans son acception "différence entre une consommation entretenue à crédit et une production en délocalisation", ce genre de traité en vaut-il vraiment la peine? Les peuples ne seraient-ils pas prêts à consentir quelques sacrifices dans leur mode de vie tout de suite en instaurant tout de suite les solidarités naturelles qui, seules permettent de pallier la crise du financement de l'Etat-Providence?

Et si l'on demandait tout simplement aux peuples de s'exprimer sur ces questions comme en 1992 et 2005 en France et  quelques fois ailleurs, pas assez suffisemment si l'on en croit aussi bien les "retours" allemands que grecs pour des raisons apparemment différentes mais assez similaires sur le fait que l'on ne peut demander des sacrifices à une population, fussent-ils nécessaires, que sur la base d'une cohésion identitaire et, si possible, nationale?

 

Certaines nations mais aussi certaines entités régionales ayant préservé d'ailleurs un certain dynamisme économique mais aussi des solidarités naturelles non artificiellement entretenues par l'Etat selon le principe du "solitaire solidaire" le savent très bien.

Publié dans Debout la France

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