UNE LIMITATION DU PHENOMENE D'ASSISTANAT S'IMPOSE : SELON QUELLES MODALITES?

Publié le par JEAN DU TERROIR

                      Il ne s'agit pas ici de remettre en cause notre système de sécurité sociale-à la condition qu'il contribue à un certain équilibre territorial j'y reviendrai-mais de chercher à en réduire le coût pour les entreprises et donc pour notre activité. Tout simplement parce que ce coût entraîne une position défavorable face à la concurrence.

Puisque le problème de base se trouve constitué par la "concurrence déloyale", on pourrait envisager de "reporter" partiellement ce coût, pesant actuellement sur notre outil de travail, vers nos produits d'"importation". Cela pourrait à première vue entraîner des mesures de "rétorsion" de certains de nos partenaires mais qui resteraient d'un impact sectoriel limité et qui souvent ne serait que "justice" face aux mesures qui existent bel et bien à l'encontre de nos produits d'exportation. Bien sûr, cette limitation de la "concurrence déloyale" pourrait aussi se faire "en douceur", avec l" émergence de normes sociales, sanitaires et environnementales qui s'appliqueraient en premier lieu aux produits d'importation.

L'idée a d'ailleurs été évoquée récemment par le ministre de la Relance Patrick Devedjan concernant la taxe carbone et nous l'approuvons d'autant plus que les critères "environnementaux" seraient particulièrement bienvenus aujourd’hui et que nos partenaires les plus dangereux n'en ont cure.

 

                   La question est que l'activité se délocalise alors que la population bénéficiant de l'Etat-Providence ne diminue pas, bien au contraire, puisque le déficit d'activité entraîne un regain de l'assistanat sous diverses formes et que ce système a tendance à attirer certaines populations du Tiers-Monde attirées par le mirage de la société de consommation de masse.

 

                  La question de l'immigration de masse sous cette angle est plurielle.

Nous sommes parfaitement en phase avec le Gouvernement dans l'idée de limiter l'immigration d'assistanat à la fois parce qu'elle entraîne un coût direct pour notre système de sécurité sociale et parce que les problèmes d'"intégration", nécessairement accrus dans un contexte de chômage de masse, entraînent inéluctablement un coût "indirect".

Pour autant, nous ne sommes pas vraiment favorables à l'immigration "de travail"-l'"immigration choisie"-, à la fois parce que les personnes concernées viennent rarement seules-leur famille et leur entourage "bénéficieront" de notre système d'"assistanat' et parce que, indirectement, leur employabilité sur des métiers "manuels" peu valorisés par notre système éducatif conforte indirectement les "indigènes" dans leur propension à rester dans une situation d'assistanat.

Surtout, notamment pour les emplois plus "qualifiées", les personnes concernées par cette "immigration choisie" manquent cruellement à leur pays d'origine qu'elles contribuent à maintenir dans un état de "sous-développement" et dont les habitants sont alors maintenus dans un état de précarité auxquels ils préfèrent a priori la pauvreté "assistée" de notre vieux pays!

D'autant plus que "la société traditionnelle" s'y trouve largement déstructurée aussi là-bas avec de surcroit des problèmes d'hygiène qui accentuent le phénomène de "pompe aspirante" vers l'Occident.

Bien entendu, il ne s'agit pas de décourager ces personnes à travailler, surtout lorsqu'elles gèrent une petite entreprise aux effets structurants pour le tissu social, mais plutôt à les encourager à jouer un rôle de levier, d'entraînement sur leur famille et leur entourage-les jeunes déracinés ayant encore plus besoin d'une incitation au travail et à l'effort- et pourquoi pas de les guider vers une démarche de Co-développement une fois expérimentés dans leur pays d'origine. Voilà une façon d'utiliser intelligemment les crédits correspondant à "l'aide aux pays du Tiers-Monde".

 

                        Lorsque j'évoque le Tiers-Monde ici, je ne parle évidemment pas des pays asiatiques d'où émane l'essentiel de la "concurrence déloyale" qui contribue à maintenir l'Occident dans un état d'assistanat. Et de manière extrêmement perverse puisque, sous le juste prétexte de payer moins cher les produits de consommation courants, les Occidentaux accélèrent leur appauvrissement par le mirage de la spéculation dans les pays anglo-saxons, de l'endettement privé un peu partout et, en France, de l'endettement public.  Car, si l'on peut se réjouir que les services publics contribuent à un tissu d'emplois, que les pensions de retraite maintiennent un certain niveau de vie indépendamment de la "crise" actuelle, que les dispositifs "d'assistanat" permettent aux personnes sans emploi de continuer à consommer, il convient de souligner qu'il ne s'agit ni d'"activité" directe au sens propre ni d'investissement conduisant à une amélioration des "infrastructures.

Bien sûr que cela peut y contribuer mais, nous y voilà, à condition que ces dépenses publiques soient effectuées "au bon endroit"à savoir au sein des régions souffrant le plus d'un déficit d'activité. A ce moment-là effectivement, les dépenses d'infrastructures-c'est là toute la faiblesse d'un plan de relance pas assez "localisé"-pourront alimenter des entreprises du Batiment et des Travaux Publics-tout comme les dépenses de rémunération pourront alimenter les commerces de détail. Avec dans les deux cas un effet d'entraînement sur l'économie locale car "tout est lié en économie".

En aucun cas en effet elles ne remplaceront la "véritable" activité" industrielle, menacée par les délocalisations et agricole, menacée en deux temps par un "assistanat" succédant au productivisme que traduit le phénomène de "découplage" couteux pour le budget européen sans que cela ne se traduise en maintien de l'activité agricole.

Que certains agriculteurs gagnent très bien leur vie n'est pas le problème à mon sens car ils se trouvent de facto concentrés sur certains secteurs alors que nombre d'exploitations familiales à la production pourtant "utile"-je pense aux fruits et légumes notamment-ont fait faillite. Or, les campagnes vivaient en partie grâce à ce type d'exploitation.

Il faut dire que la "concurrence déloyale" n'est pas seule en cause puisque la concentration, entraînant paradoxalement un "grossissement" des intermédiaires, menace directement notre équilibre territorial ce qui est générateur d"assistanat".

L'équilibre territorial parait naturellement indissociable de l'équilibre des secteurs car on ne peut compter complètement sur une capacité infinie d'endettement de l'Etat-Providence, ne serait-ce qu'à cause des intérêt de la dette qui absorbent annuellement le montant de l'impôt sur le revenu, lequel constitue un élément de ce que les économistes appellent la "trappe à la pauvreté".

 

                  Car notre société souffre aussi d'un assistanat trop incitatif par rapport à l'activité. Comme mes amis le formulent souvent, "mieux vaut l'artisanat que l'assistanat", sous-entendant qu'il vaut mieux dépenser de l'argent public à aider les gens à monter et gérer leur entreprise qu'à les maintenir dans l'inactivité. Nous nous réjouissons bien sûr à ce niveau du statut des "auto-entrepreneurs"-que nous aimerions rapidement étendre aux fonctionnaires au même titre que les retraités et chômeurs mais nous aimerions aussi une substantielle baisse des charges sociales pour les PME "déclarée"...cela nous renvoie bien sûr aux dépenses d'assistanat et aux produits d'importation que nous aimerions voir taxés par une "T.V.A. sociale".

Nous sommes aussi favorables à la généralisation de la logique du "pied à l'étrier" au besoin à l'aide des collectivités locales, conduisant progressivement à un basculement du montant des minima sociaux et allocations chômage en une aide à l'emploi des personnes concernées jusqu'à leur élimination. Nous pensons que nous devons guider les personnes marginalisées vers les secteurs recruteurs en assumant au besoin le coût pour l'entreprise dans un premier temps.

Une certaine réhabilitation de la "société traditionnelle" pourra aussi diminuer le phénomène d'assistanat en assurant le gîte et le couvert aux personnes rendant service aux paysans ou à la collectivité, à travers des activités qui pourront déboucher sur des formations.

Nous sommes favorables à l'abandon de ces politiques sociales du "solitaire solidaire" où l'on maintien les personne dans l'assistanat anonyme avec une prestation en lieu et place d'une véritable réinsertion qui pose souvent la question de "l'enracinement".

Car il est plus facile de mener des politiques sociales saines en limitant le "déracinement"..Dans une certaine mesure, cela vaut aussi pour les "retraités" que l'on devrait aider à rester chez eux, où ils peuvent se rendre utile à leur famille et à la collectivité de diverses façons, surtout s'il s'agit de régions en défaillance d'emplois. Il ne faut pas empêcher les retraités et autres inactifs de contribuer au lien social.

 

C'est en effet "à tous niveaux" que cette nécessité économique et sociale que constitue la limitation de l'assistanat que les politiques publiques  doivent être menés conformément à une logique d'"enracinement"  qui privilégie les liens vitaux de l'individu dans une société.

 

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JEAN DU TERROIR 30/09/2009 11:40


Concernant le "RSA aux jeunes", j'émettrais l'objection qu'il convient plutôt de privilégier les solidarités "familiales" et l'objection surtout qu'il ne faut pas que cela se transforme en un
dispositif d'assistanat.

C'est tout l'intérêt du RSA par rapport à l'ancien RMI et je rappelle d'ailleurs qu'il ne devrait concerner que les "jeunes travailleurs".

Mais à mon sens il faut aider tous les jeunes à mettre "un pied à l'étrier" par un véritable Revenu Minimum de Travail comme ont su le faire certaines collectivités comme le conseil général de la
Vendée.


AL 29/09/2009 17:31


Et le RSA aux jeunes, vous en pensez quoi?


DUCASSOU 26/09/2009 13:31


La vision de l'immigration exposée ici est parfaitement équilibrée, ni laxiste ni extrêmiste


anherv 23/09/2009 20:41


Il faut lutter contre l'assistanat..de manière constructive!