LA TAXE CARBONE COMME SEUL REMEDE A NOS PROBLEMES D'ENVIRONNEMENT ?

Publié le par JEAN DU TERROIR

               La taxe carbone dont il est tant question ne constituerait en fait une bonne idée qu'en milieu urbain et encore à condition qu'elle puisse s'appliquer aussi aux entreprises et administrations notamment en matière de  (sur)chauffage.  Mais comme celui-ci est essentiellement électrique...Pour le gens des campagnes,  dépendants du fuel ou du véhicule automobile, elle semble totalement inadaptée...sauf si tous ceux d'entre eux qui peuvent se le permettre se décident enfin à rejoindre les agglomérations surpeuplées ce qui ne serait pas le moindre des paradoxes !

En revanche, la dernière annonce gouvernementale envisageant de la compenser par une baisse de l’impôt sur le revenu et par une prime pour les ménages ruraux non imposables suscite notre enthousiasme.

Ce n'est pas par la sanction financière et fiscale mais par l'incitation aux travaux d'isolation, développement des moteurs électriques à air comprimé développement des énergies renouvelables ou autres installations éco-compatibles avec des améliorations de l'état des vieilles maisons d' habitation que la baisse des dépenses énergétiques doit être favorisée. Ainsi que par des aides aux compagnies de transports en commun afin qu'elles desservent les lieux d'implantation des entreprises au profit des zones en instance de désertification.

Pourquoi pas dans le cadre des plans de relance locaux ?

 

              Concernant les relations « écologiques » avec le reste du monde, il me semble opportun de concevoir nous aussi des normes techniques, par exemple d'ordre sanitaire ou environnemental, qui limiteraient la « concurrence déloyale » au niveau industriel.  Cette idée que nous avons toujours défendue a d'ailleurs été proposée récemment par le ministre de la Relance Patrick Devedjan « la taxe carbone, elle a pour objet de pénaliser le pollueur et donc si un pays étranger produit en ne prenant pas les précautions élémentaires pour l'environnement, il doit en supporter la conséquence économique ». On ne saurait mieux dire.

Chose à quoi l'inénarrable président de la  Commission européenne Jose Manuel Barroso, personnage auquel il ne me semble pas toujours utile de demander l'avis, a rétorqué qu'il était « pour la croissance verte et non pour la décroissance », ce que nous ne pouvons qu'approuver dans l'absolu » mais il faut bien comprendre que le principal adversaire de la croissance en général se trouve être la « concurrence déloyale » et que les normes environnementales peuvent justement contrebalancer. Cela serait une manière intelligente de concilier écologie et croissance, tout spécialement dans nos nations occidentales qui en ont le plus besoin.

Or, justement, M.Barroso, s'exprimant à propos d'une « taxe carbone extérieure » a  rappelé, prétendant parler au nom des nations européennes que « nous ne voulons pas introduite des mesures protectionnistes dans le monde ». Comme si nos partenaires chinois émettaient des scrupules à taxer leurs produits d'importation au nom de normes qui ne sont pas spécialement écologiques.

 

           Et puisque nous parlons "Europe", il faut savoir que les véritables bénéficiaires des aides européennes versées aux producteurs de fruits et légumes français ont été les agences de publicité et de communication à l'origine de slogans comme « manger cinq fruits et légumes par jour » ce qui explique largement que cet argent public dépensé en vue de favoriser une baisse du prix de revient pour les consommateurs avec un minimum de rémunération pour les agriculteurs n'ait servi à rien concernant cet objectif.

Comment ne pas voir que le respect de l'environnement passe avant tout par une limitation du productivisme et de la mondialisation ?

Transports et culte du gigantisme constituent aujourd'hui les deux principaux fléaux environnementaux des temps modernes.

S'attaquer aux vrais responsables des catastrophes de l'Erika et de l'Amoco Cadiz est complémentaire de s'attaquer à ceux qui privilégient les produits importés à moindre coût alors que le niveau du carburant a atteint des sommets il n'y a pas si longtemps. Or, avec un objectif de rentabilité contraire aux exigences de sécurité, les grandes compagnies pétrolières cotés en Bourse ont naturellement tendance à prendre des risques inconsidérés conduisant directement aux « marées noires » et autres catastrophes auxquelles nous avons assisté ces dernières années.

Parallèlement, la remarque a été faite justement concernant le phénomène « bio » aujourd'hui, l'écologie implique dans la mesure du possible une production et une consommation locales.

Le gigantisme implique une certaine concentration nuisible à notre conception du « développement durable. On le voit avec l'affaire des marges des grossistes et intermédiaires de la grande distribution qui pénalise injustement les petits producteurs, ceux-là justement qui privilégient le « développement durable », notamment les agriculteurs « bio ».

La vraie écologie ne passe pas par des zones sanctuarisées mais par une agriculture traditionnelle, respectueuse de l'environnement mêlant harmonieusement plantations de fruits et légumes et élevage ovin dans le Sud-est comme champs et bocage dans l'Ouest.

 

Surtout, l'Occident et le Tiers-Monde ne sont pas si différents sous ce regard-là, le déséquilibre démographique et économique a entraîné un déséquilibre écologique dans la mesure où, à côté des zones désertifiées promises à la jachère, se sont construites des agglomérations surpeuplées. Avec certes l'avantage du confort moderne pour les Occidentaux mais encore convient-il de rappeler que ce dernier n'est pas à proprement parler « écologique ». 

En effet, partisans du Co-développement, nous prônons depuis toujours des principes de bon sens conduisant à l'équilibre des secteurs et des territoires.

 

Quant aux  normes européennes ne sont pas adaptées aux réalités des OGM ne serait-ce que parce que l'étiquetage des viandes ne mentionne pas l'alimentation des animaux correspondants. La Politique Agricole Commune a longtemps encouragé financièrement un productivisme irresponsable et destructeur avant d'inciter au gel des productions. Tout en continuant d'encourgager les importations et les "innovations" telles que le vin rosé de coupage. 

Ce n'est pas sur l'Europe de Bruxelles qu'il faut compter pour relancer l'écologie selon notre vision.

 

Publié dans Coordination Rurale

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JEAN DU TERROIR 25/09/2009 16:52


J'ai bien sûr suivi les pérégrinations de la "taxe carbone". Il n'y aucun intérêt à lui donner un montant exorbitant comme le réclament les Verts ce qui pénaliserait inutilement les ruraux, alors
que ces derniers ne sont pas assez nombreux en France.
En revanche, l'idée de "réduction d'impôt" ou, mieux, de "chèque vert" me convient bien mieux.
Il faut garder à l'esprit que beaucoup de ruraux n'ont pas les moyens, même si cela doit entraîner des réductions d'impôts, de financer les travaux d'habitations peu énergivores.
Il convient donc d'encourager le secteur par des aides indirectes de l'Etat, qu'il s'agisse des habitants ou des entreprises, pour faciliter l'avènement d'un secteur économique de l'environnement
et, accessoirement, maintenir quelques emplois en milieu rural.


Segolene Mari 12/09/2009 11:11

Je suis d'accord avec vous mais ce n'est pas l'UMP qui ira dans votre sens