LE PRAGMATISME SARKOZIEN COMPORTE BIEN DE BONS COTES MERITANT D'ETRE COMPLETES A L'AUNE D'UN ENRACINEMENT POSITIF

Publié le par JEAN DU TERROIR

                Il y  a quelques jours, le Président de la République recevait les cadres dirigeants des grands organismes bancaires en d’annonçant  la nécessité d’encadrer la pratique du « bonus »,  pratique d’autant plus scandaleuse que, destiné théoriquement à relancer l’activité économique via le financement indirect, moins dangereux que le financement direct-la fameuse dissociation du capital et du travail-, des crédits ou du moins des « garanties » publiques ont été accordées aux organismes bancaires.

Certes défavorable en principe à la dépense publique « de fonctionnement » mais favorable à la dépense nécessaire à l’activité économique-contrairement aux bureaucrates bruxellois-, c’est à cette condition que j’ai soutenu le plan d’aide aux banques et c’est pourquoi je m’inquiète de l’absence de «  mesure concrète » en ce sens !

Simplement, je sais, dans un contexte hélas mondialisé et financiarisé- et c’est là l’utopie socialisante de la régulation- que ce problème ne peut aujourd’hui que se régler à un niveau interétatique. Bien sûr par la méthode de la  coopération à géométrie variable et ce, non seulement au niveau européen-à l’instar de la présidence française du dernier semestre 2008 dont je constate certains bons effets a posteriori alors que j’étais sceptique au début- mais au niveau mondial, les systèmes financiers anglo-saxons dépendant pour partie des agissements des spéculateurs boursiers.

Cette logique de coopération interétatique que les souverainistes ont toujours prôné peut montrer ses effets dans le domaine de la spéculation bancaire comme elle a contraint malgré tout la Banque Centrale Européenne à alléger enfin ses taux directeurs, qui, avec le dogme absurde de l’euro fort, étaient directement à l’origine de l’anémie économique du « Vieux Continent ».  A la faveur de la crise bien sûr, tout comme les bons aspects de la présidence française de l’UE, crise davantage due à la spéculation et à la dissociation du capital boursier et du travail délocalisable qu’au loyer de l’argent.

Serait-ce à dire que le pragmatisme sarkozien m’a  conduit à abandonner mes convictions souverainistes ? En aucun cas mais, outre que je soutiens la politique d’encouragement au travail mêlée d’un allègement de l’ « Etat-Providence » en vue de lui épargner la faillite-c’est bien l’investissement par la « création » d’actifs qu’il convient de favoriser-, je partage le pragmatisme affiché par le gouvernement concernant la mise en place d’un fonds d’investissement souverain, l’abandon du  vin rosé de coupage et la baisse de la TVA  dans la restauration.

 

Concernant le grand emprunt, nous approuvons intégralement le discours de Nicolas Sarkozy qui  a mis en avant, lors de son discours devant la commission Juppé-Rocard, chargée de sélectionner les «bonnes dépenses d'avenir, trois «défis» prioritaires : l'économie de la connaissance (et notamment le financement de l'enseignement supérieur), la compétitivité des entreprises (avec en particulier le problème de l'insuffisance de leurs fonds propres) et le soutien aux investissements industriels stratégiques. Le terrain est déjà un peu défriché sur la question des capitaux propres. Si nous en contestons le mode de financement, le R.S.A. marque un effort notable dans le sens d’une limitation du phénomène d’assistanat, auquel nous préférons- à coût équivalent- l’artisanat.

Caractéristique principale des politiques publiques basées sur la logique du « solidaire solitaire », ce phénomène d’assistanat nous est spécialement insupportable et nous comptons vraiment sur le gouvernement actuel pour contribuer à y mettre un terme.

L’assistanat comporte non seulement un coût économique et financier insupportable mais pose un problème d’intégration sociale et « identitaire », les personnes et populations qui en « bénéficient » ne s’intégrant pas dans un dispositif social enraciné -moins que les « S.D.F. » de jadis trouvant toujours le gîte et le couvert en échange de menus travaux des champs- et c’est encore plus vrai lorsqu’ils « déménagent » dans les grands centres urbanisés pour en bénéficier.

 

 

 

N’en déplaise d’ailleurs aux « identitaires » et à certains autres nationaux, c’est bien sous l’angle de l’assistanat qu’il convient de s’attacher à l’examen des phénomènes migratoires, d’autant plus que ces dispositifs-logement social, APE, CMU, RMI, ARE permettant de bénéficier de la société de consommation de masse en constituent le moteur.

 

 

Je voudrais ici lever un malentendu qui sévit encore aujourd’hui au sein des milieux intellectualisés de la droite nationale-malentendu que l’on ne constate évidemment plus au niveau de l’électorat- qui, basé sur certains discours de campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy sur des thématiques sécuritaires voire « identitaires », voudrait que ce dernier n’ait pas respecté ses promesses. Cela est inexact car c’est davantage sur les questions d’assistanat et de délinquance davantage que sur l’origine des populations que le chef de la majorité présidentielle a voulu imprimer une « rupture ». Bien sûr, il ne s’est pas encore attaqué véritablement aux « pompes aspirantes » que constituent le droit du sol, d’une part, et le dispositif d’assistanat, d’autre part mais l’on peut noter toutefois quelques inflexions sur les reconduites à la frontières d’immigrés clandestins ou sur la constitution de bandes ethniques.

Je le répète, ce n’est pas à l’immigration en elle-même qu’il faut s’attaquer sur des prétextes identitaires mal compris mais aux seuls délinquants ainsi qu’au double aspect (assistanat, droit du sol) qui continue à attirer à nous les populations déracinées victimes du mirage de l’Etat-Providence…

 

 

 

                  Car je suis en quelque sorte pour un « enracinement positif »des populations, et c’est un peu cela qui me distingue des mouvements auto-assimilés à l’ « extrême-droite ».

Effectivement, cela me conduit malgré tout à m’opposer à « l’immigration choisie », qui consiste, un peu dans la logique de la directive Bolkenstein, à faire venir des travailleurs chez nous pour compenser notre  soi-disant déficit de main-d’œuvre, lié partiellement aux tares de notre système éducatif

Non seulement parce que cela constitue, au même titre que la mondialisation mais dans les deux sens cette fois-ci, une trappe à l’assistanat surtout lorsqu’elle s’accompagne d’une immigration familiale mais aussi parce qu’elle entretient le processus de déracinement.

Mais, comme la Vendée en a montré la voie, je suis davantage favorable à une forme de co-développement avec les pays du Tiers-Monde-tout à fait transposable concernant les pays du Maghreb dans le cadre de l’Union Pour la Méditerranée- attendu que ce co-développement doit réintroduire des principes de bon sens conduisant à l’équilibre des secteurs et des territoires.

Dans les pays du Tiers-Monde comme en Occident, l’exode rural et les déplacements de populations conduisent à un déséquilibre particulièrement nocif sur un triple plan économique, environnemental et social que j’ai déjà abordé.

 

C’est en effet sur ces question d’équilibre des secteurs et du territoire que je déplore un certain désintérêt de l’exécutif actuel, en plein accord sur ce point avec bien d’autres élus de la majorité que le président du conseil général de la Vendée .

Tout d’abord pour des raisons d’efficacité dans l’action publique que m’inspirent mes inquiétudes face aux effets réels du grand plan d’aide aux banques et à l’industrie automobile qui ont de quoi laisser sceptiques. Le principe de subsidiarité indique que c’est au plus près du terrain que l’action publique se trouve la plus efficace. Le niveau de la dette publique montre que, s’il faut savoir dépenser pour relancer l’économie, cette propension à dépenser comporte elle-même une limite.

Si légitime que soit l’analyse des rédacteurs du comité Balladur sur le « mille-feuille territorial », les doublons fonctionnels et le coût administratif généré en quantité de deniers publics, il n’empêche que, surtout lorsque la « clause générale de compétence » est bien utilisée, l’intérêt des élus coïncide avec celui d’un certain développement économique de leur circonscription et l’on ne peut en dire autant des directeurs de programme « L.O.L.F. » ainsi que de leurs subordonnés déconcentrés.

Par ailleurs, dans un contexte où le cumul de la mondialisation-financiarisation de l’économie et du poids des prélèvements obligatoires sur nos petites et moyennes entreprises accompagne le phénomène de désertification à telle enseigne que l’un entraîne l’autre, favorisant un processus de délocalisation que le volontarisme sarkozien ne suffit pas à enrayer, il reste que les collectivités locales peuvent constituer des garants du maintien des activites.

Par le dynamisme de leurs politiques publiques conduisant à un vrai « développement durable » mais aussi par l’utilisation qu’elles ont des mécanismes de prélèvements de ressources-on comprend mal l’intérêt de suppression de la taxe professionnelle dans la mesure où les collectivités locales cherchant à attirer des entreprises ne peuvent que la baisser ou, du moins, proposer des compensations en termes d’infrastructures.

En enrayant la désertification et l’exode, les collectivités locales favoriseront l’épanouissement « identitaire » des populations et, réciproquement, davantage enracinées, celles-ci auront davantage à cœur de travailler à la prospérité de leur terroir. Pourquoi ne pas envisager par exemple d’inciter les retraités, avec un encouragement des incitations aux services privés d’aide à la personne, à jouer ce rôle d’enracinement-si possible dans leur région d’origine-et d’équilibre territorial ?

 

Si l’on décline au niveau européen les problématique de subsidiarité dans les politiques publiques et  sans même évoquer les réglementations bureaucratiques que les derniers gouvernements semblent combattre avec davantage d’efficacité aujourd’hui-c’est ce que tend à laisser penser le recul de Bruxelles sur le vin rosé-, on constate la même propension à l’inefficience de l’argent public lorsqu’il est mandaté à un niveau trop éloigné. La Politique Agricole Commune a encouragé les excès du productivisme avant, par contrecoup, d’encourager un « découplage » entre aide et production particulièrement absurde.  Cela parce que la « planification » était géree à un niveau trop global, c’est-à-dire trop lointain. Bien sûr, les fonds structurels ont réellement servi à conserver certaines économies traditionnelles comme à l’intérieur des zones de montagne mais la logique de spécialisation d’inspiration ricardienne qui a conduit par exemple à couvrir notre pays de champs de céréales, y compris dans les régions méridionales au détriment parfois des fruits et légumes aux effets positifs reconnus aussi bien en termes de santé publique que de « développement durable.

Surtout, elle a contribué à dispenser de s’occuper de la « concurrence déloyale », y compris en provenance de pays européens comme l’Espagne ou l’Italie et c’est à ce niveau que le remboursement des aides touchées par les producteurs peut paraître scandaleux,comme l’indique avec courage sur son blog le député des Alpes-Maritimes Lionnel Luca, confronté à la menace de manière directe dans sa circonscription.

Pour concilier l’impératif d’allègement des prélèvements obligatoires et l’impératif de limitation de la « concurrence déloyale », j’ai longtemps et continue à prôner l’instauration d’une « T.V.A. sociale » consistant à reporter le coût de l’Etat-Providence du travail sur les importations, mesure auquel nous savons le conseiller présidentiel Henri Guaino sensible.

De même, si les effets du fonds d’investissement souverain paraissent insuffisants pour enrayer les délocalisations et le rachat du capital de nos entreprises par les prédateurs asiatiques, il me semble opportun de concevoir nous aussi des normes techniques, par exemple d’ordre sanitaire ou environnemental, qui limiteraient la « concurrence déloyale » au niveau industriel.

Là encore, l’enracinement positif que je défends se conjugue avec une défense du terroir caractérisé sur les plans économique, social et environnemental. Avec un modèle d’entreprise enracinée « dont les fonds propres sont les propres fonds » , à même de limiter l’exclusion sociale, le déracinement , les atteintes à l’environnement et la désertification territoriale..

 

              Ainsi, en total accord avec le gouvernement sur la politique de revalorisation du travail et d’allègement de l’Etat-Providence en vue de lui faire éviter la faillite, j’ai noté avec satisfaction une évolution très positive de ce dernier concernant le volontarisme politique face à la mondialisation et à la financiarisation de l’économie mais je déplore encore un déficit d’ancrage de ce volontarisme concernant l’aménagement du territoire au niveau local, lequel peut impliquer quelques mesures de  nature « protectionniste ».

 

 

 

 

 

 

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DUCASSOU 29/08/2009 17:21

l'aménagement du territoire constitue en effet LE pont sur lequel le gouvernement n'a pas copié la droite souverainiste