MORT POLITIQUE DU VILLIERISME : LES SOUVERAINISTES PEUVENT ET DOIVENT S'EN CONSOLER

Publié le par JEAN DU TERROIR

                Ainsi, l'échec des listes "Libertas" aux élections européennes dimanche dernier vient de  sceller le sort du Mouvement Pour la France, parti issu de "Combat Pour les Valeurs" et de la formidable campagne du "non à Maastricht" qui, deux ans après, avait débouché sur l'alliance du jeune président du conseil général de la Vendée avec le petit-fils du général de Gaulle et le visionnaire Jimmy Goldshmidt.  Ce dernier avait d’ailleurs, dans son ouvrage "Le Piège", annonçé  les ressorts de l’éclatement de la crise, appuyée sur une double dissociation entre le capital qui prospére en Bourse et le travail qui se délocalise, entre un Orient producteur de richesses n’ayant pas les moyens de les consommer et un Occident s’endettant sans cesse- pour se financer lesdites richesses.". Jusqu’au double « clash » de la Bourse, déjà produit, et des finances publiques, encore à venir.
            Toujours est-il qu’un bon résultat était impératif pour "rattraper" l'élection présidentielle et c'est pourquoi nous avons accepté de soutenir "Libertas". Un peu inutilement car, si nous avons dans un premier temps constaté avec plaisir l'alliance entre le parti du Vendéen et Chasse Pêche Nature Traditions, nous nous sommes rendus compte dans un second temps que les attaques virulentes de la campagne "Libertas" à l'encontre de l'ensemble du parti de l'Union Pour la Majorité Présidentielle ne faisaient qu'accentuer la posture de "contestataire" prise par Philippe de Vendée par l’élection présidentielle. Contribuant ainsi à la « couper » des réseaux d’élus qui constituent une partie des « corps intermédiaires » locaux qui ont fait le succès de la liste Pasqua/Villiers 1999, dans une moindre mesure, l’élection de Patrick Louis 2004.

           Nous avons donc fait notre travail sur les sujets ponctuels comme le vin rosé sans que cela ne profite à « Libertas » dont la vision de l’identité était pourtant la nôtre, car la mobilisation dépassait largement le simple attelage partisan MPF/CPNT.

 

         Mais c’est précisément cette question de l’identité qui a piégé Philippe de Villiers, lequel, n’ayant aucune leçon à recevoir en principe du fait de son bilan vendéen, s’est cru obligé au cours d’une très longue campagne présidentielle pour laquelle il était au départ largement médiatisé- parce que  succédant à une campagne référendaire brillamment menée- de reproduire le discours vindicatif et abstrait des « identitaires ».

             Même si le communautarisme de confession islamique constitue un problème réel que je combats par ailleurs, il n’empêche que Philippe de Villiers s’est fourvoyé en s’imaginant en chantre d’une Europe ethnico-culturelle et laïciste en guerre contre un Islam  conquérant. Ceci, alors que la France a toujours su jouer un rôle d’équilibre diplomatique et que les bandes de jeunes casseurs sont davantage constituées de « déracinés » que de fanatiques « barbus ».

Il est vrai que nos concitoyens ignorent largement la différence entre « Arabe », « Maghrébin » et « musulman » mais ce type de propagande n’a pas été pour les faciliter.

  Le résultat de l’élection présidentielle en résulte directement avec les  conséquences qu’il a entraînées en termes d’aura médiatique et de « rapports de forces ». Ce fût d’autant plus grave que le fondateur du « Puy-du-Fou » et défenseur des apiculteurs était certainement le souverainiste à la vision la plus « complète », dont la défense de la souveraineté française ne s’appuie pas sur un Etat gaullien artificiel mais, en vertu du principe de subsidiarité, sur une vision de l’identité « enracinée » à travers les terroirs et les territoires. Qualité que lui ont reconnue les dirigeants de Chasse Pêche Nature Traditions, trop tard pour enrayer le déclin de leur propre mouvement.

Le Rassemblement Pour l’Indépendance de la France de Paul-Marie Couteaux ne s’est pas joint à cette entente en raison de l’alliance avec le leader du non irlandais Declan Ganley, accusé à tort ou à raison d’atlantisme et cela semble avoir gêné sérieusement « Libertas » sans lui permettre de sortir de son état « groupusculaire » . Etat groupusculaire que les partisans de l’ancien député européen ont manifesté lors des quelques manifestations contre le traité de Lisbonne au cours de l’année scolaire 2007-2008 alors que le président du conseil général de la Vendée semblait dangereusement discret, comptant sur la bienveillance médiatique pour rebondir juste au moment de la campagne électorale européenne, tandis que Paul-Marie Couteaux se transformait en chantre de la division..

En fait, il semblerait que « Libertas », au niveau idéologique, aurait davantage composé avec des courants moins souverainistes mais plus « réactionnaires provinciaux » comme le Centre National des Indépendants mais, par malchance, ceux-ci aussi ont composé leur liste…

 

Nous n’évoquerons pas ici le cas du Front national dont le caractère « handicapant » du positionnement protestataire s’accroît d’échéance en échéance  et qui n’était pas partie prenante dans les grandes aventures souverainistes de 1992-1994, 1999 et 2004-2005.

Moins significatif mais plus intéressant, en dehors de son burlesque refus d’entente avec « Libertas »,  le club « Debout la République » de Nicolas Dupont-Aignan semble tombé dans le piège d’un jacobinisme «  laïcard » décalé mais semble surtout s’être marginalisé dans sa rupture avec le grand parti majoritaire en 2007 puisque, non seulement, certains anciens du Rassemblement Pour la France de Charles Pasqua siégeant au conseil d’administration ne l’ont pas suivi dans son aventure solitaire mais aussi des cadres éminents tels le député de la Drôme Patrick Labaune, aujourd’hui clairement intégré à l’U.M.P.

 

                Ce qui m’amène au cœur du problème que, dans leur propension à vouloir singer le positionnement stérile du Front national sans en avoir les ressources électorales initiales, les souverainistes français se sont bornés à considérés comme du « rapt sémantique ».

Je veux parler bien sûr du phénomène de récupération des discours et slogans souverainistes déjà initiés sous l’influence d’Henri Guaino pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et confirmés, chose inédite, lors de ces élections européennes à la faveur d’une présidence française finalement plutôt réussie, du moins dans son positionnement-même si je renvoie à mon bilan réalisé à l’époque » à l’époque où la crise financière commençait à obliger les responsables politiques à tenir compte a posteriori des arguments jadis développés par  Jimmy Goldshmidt. La « législature » 2009-2014 infirmera ou non cette  campagne mais, de toutes façons, l’éclatement de la crise et le « sarkozisme » ont « fait bougé les lignes ».

Mais si cette récupération a été possible, n’était-ce pas parce qu’une partie des élus, militants et sympathisants de l’U.M.P. y étaient acquis ? Chose parfaitement normale par ailleurs puisque ce parti avait vocation par nature à rassembler tous les courants de la droite classique et que, dans la foulée de l’élection présidentielle 2002 qui a vu une partie de l’ancien électorat Pasqua/Villiers 1999 se porter sur un Jean-Marie Le Pen en fait déjà déclinant, il fallait commencer par « récupérer » les anciens cadres du R.P.F. et donc leurs réseaux.  Libertas a alors commis l’erreur fatale d’attaquer l’Union Pour la Majorité Présidentielle en bloc, sans nuance alors qu’elle aurait du s’appuyer sur une partie de celle-ci.  Au pire cela aurait-il accentué la différence entre l’Ouest et les autres régions mais qu’il y avait-il à perdre ?

Tout à leur « stratégie de contestation », ils ont argué de l’incompatibilité entre gestion de la crise et traité de Lisbonne, chose exacte au regard des dispositions mais non encore démontrée par les faits et sur la position exacte du chef de l’Etat et la réalité du processus d’adhésion de la Turquie mais sans s’attacher aux véritables explications, notamment diplomatiques, qui auraient conduit à une réflexion plus crédible sur l’O.T.A.N. En diplomatie et en droit international, les choses ne se font pas « brutalement » et je pense que l’excellent député diplomate Dominique Souchet le sait nécessairement.

 

Cette « contestation » semblait d’autant plus incongrue que sur trois sujets majeurs que sont le vin rosé, la T.V.A. dans la restauration ou le fonds d’investissement souverain, nos idées ont trouvé des éléments d’application.

Sans parler de quelques éléments de la loi T.E.P.A. ou même du projet de loi sur les « bandes » annoncé par le maire actuel de Nice Christian Estrosi.

 

Bien sûr, il s’agit davantage d’un souci de pragmatisme de la part des institutions européennes et de leurs partisans, savamment affiché depuis la victoire du « non » en France et dans les Pays-Bas  qui n’empêche ni la poursuite de dispositions condamnables ni la présence de personnes aux positions notoirement opposées.

Dernier en date le nouveau secrétaire d’Etat aux affaires européennes LELOUCHE, notoirement favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne mais imagine-t’on sérieusement  qu’il recueille l’aval de la majorité sur ce point ?

C’est sûr les positions relayées par ce « l’aile droite de l’U.M.P. » qu’il faudra s’appuyer désormais.

 

 

             Il va plutôt s’agir au cours des prochaines années de tâcher de « garder le cap » au sein de la majorité-je reprends sciemment une expression issue de la campagne des européennes 2004-, majorité dont nous approuvons le processus de réforme de l’Etat par ailleurs, quitte à y constituer un bloc « euroréaliste » auprès des élus favorables à une Europe de la subsidiarité. Et qui sont plus nombreux que l’on ne le croit eu égard à leur soutien à la « présidence française » même si certains comme Madame Grossetête, qui n’ont pas encore tout compris, attribuent son relatif succès au mythe de « l’Europe unie » dont, justement, Nicolas Sarkozy a su faire fi.

Au sein de cette « aile droite », relayée par des élus, des associations et des réseaux, les dirigeants du conseil général de la Vendée seront amenés à avoir une place mais, compte tenu des errements passés et de sa dépendance vis-à-vis de l’électorat de la majorité, le M.P.F. devra réexaminer sa place dans les autres régions.

Par ailleurs, cela n’empêche évidemment pas de travailler  avec des organismes politiques « indépendants » mais, en dehors des élections locales, ceux-ci ne doivent plus espérer jouer le « compromis démocratique » de Maurras qui ne redeviendra opportun que lorsque « l’aile droite » de l’U.M.P. se sera autonomisée.

           Et qu’on ne vienne pas me dire que la crise va accentuer le « vote protestataire » ou les partis d’opposition : les gens sont aujourd’hui trop attachés à la société de consommation dépendantes d’un Etat-Providence qui assure un maintien artificiel du standard de vie. A moins que l’inflation ne reprenne et dégénère et jusqu’à l’éclatement de la dernière bulle que constitue la « dette publique » mais à ce moment-là, je conseille à l’ensemble de mes concitoyens de reprendre des habitudes plus rustiques.

La France et le monde pourront y gagner par ailleurs mais c’est un autre débat que j’ai d’ailleurs déjà abordé.

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Patriotiquement France 09/10/2009 16:29


Avec un peu de retard, certes, mais j'aimerai donner mon opinion là-dessus.

Je suis favorable à une "union des patriotes". Par là j'entends des listes communes lors des élections tout en sauvegardant l'autonomie de l'ensemble des partis. Je pense que c'est en s'unissant
qu'on devient plus fort !


JEAN DU TERROIR 12/10/2009 15:29



Merci de votre contribution à laquelle j'aurais souhaité répondre directement sur votre blog mais cela ne semble pas possible.

A mon sens, le Front national a eu le double tort de refuser les accords électoraux avec la "droite classique" et d'abandonner les préoccupations d'une partie de son électorat d'origine que
constitue les petits entrepreneurs...

Les élections régionales du mois de mars diront si ce double tort lui a été définitivement fatal, auquel cas il faudra reconstruire une "union des patriotes" sur de nouvelles bases et un nouveau
positionnement qui était celui de la liste Pasqua/Villiers en 1999



JEAN DU TERROIR 15/07/2009 17:58

Merci DUCASSOU pour votre réponse à "forum France Espoir" et à Francis C pour votre soutien.
Pour répondre à requiem 29, il est évident que je ne suis en aucune manière allié-ou "rallié"- à la cause islamiste mais je pense que la monothématique villiériste de l'année scolaire 2005-2006 à ce sujet a été catastrophique électoralement et a dénaturé le combat traditionnel de Philippe de Villiers sur l'identité "enracinée".

Pour répondre à jovanovic, je dirais que la présence de Sarkozy à la tête de la majorité rend difficile toute dislocation de celle-ci mais c'est aussi parce que quelques bonnes mesures et bons positionnements ont été prises.
Si l'on peut convaincre les "élites" de la majorité, ce serait l'idéal mais les élus locaux ou militants de base, ce serait pas mal non plus.
Ceci afin de constituer un "lobby" avant l'éclatement et un nouveau "RPF" après.

Jovanovic 11/07/2009 16:43

Vous avez raison de dire que les forces du souverainisme de droite de l'avenir se situent (hélas) à l'UMP et non dans les "clubs" marginaux de Messieurs Coûteaux ou Dupont-Aignan. Seulement, l'UMP n'est pas un mouvement comme les autres: c'est un parti soviétique, une machine de guerre, qui roule sans complexe pour un leader dont la ligne fait force de loi.

Tant que Sarkozy sera aux commandes, l'orientation actuelle (gesticulations souverainistes pour garder l'électorat ex-RPF de 1999 dans le giron + libéralisme bobo bon teint à la sauce européenne) ne souffrira d'aucune contestation. En revanche, il serait intéréssant de voir si l'on ne peut pas faire pression sur les élites qui lui succèderont. Mais les députés UMP auront-ils assez de courage pour le faire ?

requiem29 10/07/2009 18:47

Mou du genou : d'aprés vous, résister à l'Islam n'est pas une priorité ? Vous n'avez rien compris, vous, ou alors vous étes vous ausi converti à la parole de mahomet, le meurtrier, le pillard, le pédophile ?

DUCASSOU 09/07/2009 18:48

"collaboration avec l'UMP", le forum France Espoir doit continuer à délirer sec.