UN PROJET EUROREALISTE CONFORME AU PRINCIPE DE SUBSIDIARITE

Publié le par JEAN DU TERROIR

        

Au moment d’écrire ces lignes, la situation dans nos Départements d’Outre-Mer antillais auxquels nous sommes profondément attachés, reste problématique et ce, en partie à cause de la dépendance à l’ Etat-Providence et à la société de consommation de masse que nous leur avons communiquée.

Si la crise ne persévère pas, ce que la perspective de relance aux Etats-Unis d’Amérique ainsi que la retraite des baby-boomers peut laisser envisager, le cycle inflationniste observé  l’été dernier reprendra car le standard actuel est intenable au niveau mondial, le mode de vie basé sur la surconsommation de masse, a atteint désormais son point de non retour et c'est tout le danger des délocalisations au niveau mondial qui répartissent ce standard à d’autres endroits de la planète sans processus de « co-développement »durable. L’atteinte de ce « point de non retour » explique pour partie la violence de la crise actuelle, par l’éclatement des bulles spéculatives issues de la  déconnexion entre capital et travail, bulles accompagnées d’un endettement public et privé généralisé visant à prolonger artificiellement ces standards dans la durée. On le voit, cette affaire dépasse de loin le stade des supprime…

En France, cette surconsommation de masse étant justement alimentée par l'Etat-Providence, une deuxième alternative se profile entre mise en place de nécessaires réformes-sur ce point, le gouvernement en a indiscutablement entamé quelques unes- accompagnées de mesures de relocalisation des entreprises-en dehors de l'industrie automobile, nous attendons toujours- et...la poursuite de l'endettement public ne pouvant mener qu'à un inévitable "clash" dès lors que les créanciers douteront de la capacité de l'Etat à rembourser ses dettes.

Pour l'instant, il importe de diagnostiquer que la crise des supprime s'inscrit dans un contexte bien plus global puisque c'est la logique de rentabilité à court terme, source de spéculation comme d'excessif endettement public et privé, visant à repousser artificiellement l'inéluctable,  qui nous a mis dans ne situation.

 

Au-delà de ces considérations économiques, il est patent de constater  la difficulté de Sarkozy et de ses ministres à raisonner en termes d'aménagement du territoire dans leurs tentatives inconsistantes- il n'est que de constater les mesures d'assistanat qui sont en train d'être prises- d'alléger les dépenses publiques et même de relancer l'activité et le pouvoir d'achat. Car, tant qu'à dépenser de l'argent public, autant qu'il entretienne un pouvoir d'achat, et donc une activité, dans les territoires laissés en friche par la centralisation et l'industrialisation dans un premier temps, par la mondialisation et la désindustrialisation dans un second temps. Et c'est là qu'il faudrait savoir décliner la fameuse expression " politique d'abord", laquelle implique d'abord une vision enracinée de la société, basée sur des corps intermédiaires constituent le lien social, et respectant ce que l'encyclique "Quadragesimo Anno" de 1931 a appelé "le principe de subsidiarité".

Ce même principe de subsidiarité justement se trouve aujourd'hui inversé par l'Union européenne, au travers de la jurisprudence constante de la Cour de Justice des Communautés Européennes, permettant ainsi une intervention abusive des pouvoirs publics européens dans des domaines relevant à l’évidence d’un échelon inférieur.

 

S'il est inutile et même nuisible- c'est la meilleure façon de ressembler à un avant-pont des Etats-Unis d'Amérique- de systématiser l'intervention européenne dans tous les champs de l'action publique, il est en revanche utile de pratiquer ce que nous appelons dans le jargon souverainiste "des coopérations inter-étatiques à géométrie variable", dans l'esprit des accords de Malaga, certains Etats associant ponctuellement leurs compétences en vue d'un projet déterminé.

De manière plus générale, cette idée d'une Europe basée sur des coopérations à géométrie variable n'est qu'une déclinaison de l'idée d'une action publique au plus près du terrain.

 

L'action "au plus près du terrain" implique effectivement une certaine décentralisation, laquelle permet au passage de supprimer les strates administratives intermédiaire de gestion-ce que l'on appelle les "doublons fonctionnels" en jargon administratif- et de rendre l'action administrative la plus efficace, comme le montre le bilan du conseil général de la Vendée. Or, le fait que son président combatte précisément pour une construction européenne "à géométrie variable" traduit bien cette idée que c'est à tous niveaux que l'action administrative doit se rapprocher du terrain en conformité avec le principe de subsidiarité.

 

Le troisième volet de notre projet qu'implique le respect du principe de subsidiarité repose précisément sur les acteurs informels qui permettent efficacement de compléter voire de remplacer l'action publique. Il s'agit des "corps intermédiaires" et des communautés naturelles qu'il convient de valoriser.

Les familles bien sûr, dont la stabilité malheureusement remise en cause par l'idéologie libertaire dominante constitue le meilleur remède contre les maux sociaux que constitue la solitude et l'exclusion

mais aussi tout un tissu économique et social constitué par les associations correspondant aux traditions locales ainsi que les petites entreprise "enracinées" permettant une stabilité à l'échelle microéconomique. En effet, c'est ainsi que les personnes souhaitant rester dans leur domicile familial éviteront de s'endetter et s'exiler, et consommeront au profit des petits commerçants et petits producteurs locaux (concernant les grandes surface, elles ne sont pas la panacée mais permettent au moins d'assurer des recettes si le projet de suppression de la taxe professionnelle tombe à l’eau).

Or, c'est justement ce tissu économique et social basé sur l'enracinement qu'il convient de défendre face à une Union européenne bureaucratique lorsqu'il s'agit de fixer des normes en décalage avec les exigences et libre-échangiste lorsqu'il s'agit de définir les acteurs de la concurrence, concurrence déloyale dans la mesure où, nécessairement, ils jouent à des règles du jeu qui ne sont pas les mêmes.

 

A ce tissu économique et social  il convient d'ajouter les notions d’environnement et enracinement qui lui sont intrinsèquement liés.

 

Nous défendons en effet l’idée d’un mode de développement de l'activité humaine en harmonie avec la nature, l'agriculture bio pouvant contribuer à ce modèle de développement durable et ce,  y compris  hors de la sphère commerciale : le retour des gens à leur volaille et à leur jardin potager les rendra moins dépendants des aléas du pouvoir d’achat et de l’inflation et alimentera le tissu social et associatif.

Parallèlement, nous défendons aussi les traditions locales qui doivent permettre un  épanouissement de l'identité (laquelle se trouve favorisée  par un encouragement généralisé des gens à rester chez eux...à tout niveau: famille, région ce qui renvoie à  une économie au service du politique. C'est une façon de faciliter la vie de tout le monde tout en évitant le désarroi généralisé qu’entraîne le déracinement à tous niveaux.

A ce niveau d’ailleurs, la réforme de l'organisation territoriale est à reconsidérer, non que nous contestions bien sûr la nécessité de supprimer des strates administratives mais que certaines collectivités territoriales comme le conseil général de la Vendée ont  fait la preuve de cette action publique pour l’enracinement.

Le respect de l’identité des gens apparaît alors conforme aux exigences économiques et c’est pourquoi nous prônons sans complexe une stratégie de co-développement (ne négligeant pas l’agriculture vivrière contrairement à nos « experts » de l’OMC) pour limiter les déplacements de populations au niveau mondial tandis que les exigences du développement durable nous confortent plus que jamais dans notre combat pour « une France des régions et des terroirs dans une Europe des nations » …sans la Turquie car l’Union Pour la Méditerranée doit servir à quelque chose !

Au

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Pierre 04/04/2009 15:51

la notion de subsidiarité a toujours été invoquée par les souverainistes non jacobins..

ACL 29/03/2009 18:59

L'euroréalisme de "subsidiarité", c'est le concept inventé par Declan Ganley...et que lui a reproché Paul-Marie Couteaux?

jeff 21/03/2009 20:38

C'est très bien!

Manu 14/03/2009 14:51

Très bien

Cécile 07/03/2009 14:12

très bien!