SOUVERAINETE, IDENTITE, VITALITE: UN SEUL ET MEME COMBAT

Publié le par JEAN DU TERROIR

Même au sein de notre famille de pensée, certains semblent opposer la souveraineté à l'identité,à l'instar des "identitaires" qui assimilent les souverainistes à des "jacobins", prenant abusivement l'exemple de certains d'entre eux (certains "gaullistes sociaux" ou chevènentistes d'ailleurs en perte de vitesse par rapport aux "libertaires" gauchistes).
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> Pourtant, force est de constater que LA SOUVERAINETE CONSTITUE LE MEILLEUR GARANT DE L'IDENTITE, ne serait-ce que par son rôle dans la cohésion du territoire, mais aussi plus généralement, par le simple fait qu'elle constitue aujourd'hui l'obstacle le plus efficace à la dilution identitaire que génère la mondialisation.

> Mais si la mondialisation constitue un formidable destructeur d'identité, c'est aussi pour des raisons "concrètes", et c'est là que nous faisons intervenir la notion de "vitalité".
> L'exode social a déstructuré le tissu social traditionnel, accentué par la "libéralisation" des échanges économiques, favorisant les importations de matières premières agricoles à bas coûts et provoquant la faillite de régions entières comme les délocalisations. ATTEIGNANT LA VITALITE DE CERTAINS TERRITOIRES, CE PRINCIPAL NEGATEUR DE SOUVERAINETE QU'EST LA MONDIALISATION A CONSIDERABLEMENT NUI A LEUR IDENTITE.
Contrairement aux idéologues marxistes, nous sommes favorables à la une réduction des coûts de production par la baisse des prélèvements obligatoires, principalement en termes de charges sociales, que nous proposons d'ailleurs de "reporter" sur les produits d'importation-c'est notre vision de la "TVA sociale. Mais nous n'admettons pas la thèse "libre-échangiste" comme quoi cette baisse suffirait: nous ne pouvons pas raisonnablement baisser les salaires dans le contexte inflationniste actuel d'autant plus que nous voulons encourager le travail en le réconciliant avec le capital. LA NECESSAIRE LIBERTE DES ECHANGES S'APPLIQUE SELON NOUS A DES ACTEURS ECONOMIQUES AUX MEMES REGLES DU JEU, à savoir le plus souvent à l'intérieur des Etats-nations (ou du moins à l'intérieur de "Zones de Préférence Régionale").
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> Toute notre analyse repose sur le fait que LE PRINCIPAL ADVERSAIRE S'APPELLE LE DERACINEMENT ET QUE CE DERACINEMENT S'EXPLIQUE EN PARTIE PAR DES CONSIDERATIONS ECONOMIQUES ET SOCIALES "DEVITALISANTES" PROFONDEMENT LIEES EN PRATIQUE A LA PERTE DE SOUVERAINETE. 
> Nous ne croyons pas comme les marxistes que les "superstructures" expliquent les problèmes de déracinement en elles-mêmes mais plutôt que, "créant" les conditions de ce déracinement, elles contribuent actuellement aux troubles "identitaires" des temps modernes dont les aspects économiques et sociaux s'avèrent complémentaires. En effet, dès lors que les populations concernées sont insérées dans le tissu social (comme c'était souvent le cas dans les campagnes françaises),la pauvreté n'est pas toujours un gros problème en termes de stabilité d'une société, même s'il faut y remédier et par une logique de "revitalisation" plus que d'assistanat: encourager l'artisanat, l'agriculture et les PME locales plutôt qu'y maintenir des "services publics coûteux" (sauf en matière de transports). LE VERITABLE PROBLEME, C'EST LA PAUVRETE DE CERTAINES REGIONS LORSQU'ELLE S'ACCOMPAGNE D'UNE PERTE D'IDENTITE QUI AGGRAVE NECESSAIREMENT LA SITUATION.
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>Or, lorsqu'une région entre en faillite suite à une délocalisation et qu'elle entraîne un exode rural, pauvreté et déracinement vont de pair aussi bien pour les populations restées au pays, privées d'emploi et de tissu social que pour les populations s'entassant dans des agglomérations anonymes dans des locaux d'habitations devenus onéreux par le phénomène de concentration.
> A plus forte raison, lorsque des populations appauvries quittent un pays du Tiers-Monde pour venir s'établir dans notre pays, que ce soit pour bénéficier de notre exorbitant dispositif d'assistanat (auquel cas elles ne profitent même pas de notre traditionnel dispositif d'intégration par le travail) ou pour travailler (auquel cas elles contribuent à maintenir les "indigènes" dans l'assistanat tout en privant leurs pays d'origine de la main-d'oeuvre et des cadres dont ils ont besoin), les problèmes de pauvreté et de déracinement s'accroissent, au point d'aboutir à des phéonomènes préjudiciables (l'insécurité) inexistants dans un schéma de "simple" pauvreté.
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> Il va de soi que ces problèmes sont diminués dans l'ancien modèle de la PME enracinée (non soumise aux caprices des actionnaires) ou même de l'entreprise bien implantée territorialement telles que Michelin, le maillage économique du territoire constituant le plus sûr remède à ce double fléau de la pauvreté/déracinement et c'est pourquoi nous défendons une logique de "revitalisation économique" enracinée (cf: notre dernier article sur "une vision politique du développement durable").
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> L'Union européenne n'a pas amélioré la situation, loin s'en faut.
> Si la PAC a dans un premier temps amélioré la compétititivité de l'agriculture française qui en avait besoin au lendemain de la seconde guerre mondiale, elle a surtout profité aux gros agriculteurs et favorisé une agriculture intensive "productiviste" industrielle néfaste au modéle agricole traditionnel, a favorisé également les agricultures concurrentes et a favorisé les importations (d'autres pays européens mais pas seulement étant donné l'abandon progressif du principe de préférence communautaire légitimement défendu par la Coordination Rurale ) au détriment de l'agriculture nationale et, par un pervers système de subventions, favorisé l'assistanat agricole en instaurant une forme de dépendance "européenne.
> Dans un deuxième temps, sous prétexte de "surproduction", la PAC a réduit ces aides brutalement et "crée" une crise de l'offre agricole qui, à l'heure de l'envolée mondiale des prix, provoque une crise agro-alimentaire bien paradoxale dans ce vieux pays agricole qu'est la France.
> En refusant la baisse de la TVA dans la restauration, la commission de Bruxelles menace une partie de nos professions indépendantes traditionnelles entraînant un déséquilibre en termes d'aménagement du territoire, menaçant notre gastronomie et, là aussi, notre identité.
> L'"euro fort" pénalise nos exportations alors même que l'abandon de la préférence communautaire et la suppression généralisée des frontières ont rendu justement notre industrie tributaire de ces exportations. Des terroirs entiers en souffrent dans leur vitalité et leur identité. 
> Quant à l'"écologisme" de l'union européenne, dont les Verts semblent lourdement inspirés à travers leur idéologie plus "libertaire" qu'"environnementale, il se résume à menacer des activités traditionnelles lourdes de sens telles que la chasse (contribuant à une identité de terroir), oubliant l'agriculture productiviste et la politique d'importations généralisées qui devraient pourtant être combattues en premier.
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> Une attention particulière mérite d'être portée à la polique de redistribution de fonds structurels que pratique l'union européenne et, plus généralement, à ce que l'on appelle "l'Europe des régions". Outre que, préférant la doctrine de la "revitalisation des territoires" à la trop socialisante  logique de "redistribution", il convient de préciser que  LES IDENTITES REGIONALES NE PEUVENT ETRE DEFENDUES PAR LA NEGATION DE L'IDENTITE NATIONALE tant, en vertu du principe de subsidiarité, elles sont complémentaires...surtout pas à partir d'un échelon supranational même si ce dernier fait référence à une "civilisation" (civilisation que nous défendons et qui s'est construite à partir des identités nationales). Ce que nous dénonçons le plus dans cette logique d'"Europe des régions" est qu'elle tend à court-circuiter l'échelon national, BRISANT LES LIENS DE COMPLEMENTARITE DES REGIONS CONCERNEES AVEC LES TERROIRS QUI LEUR SONT MALGRE TOUT LES PLUS PROCHES.
> Ce n'est pas parce que nous rejetons le jacobinisme que nous approuvons la même logique à partir d'un échelon qui plus est supranational!
> En tentant d'imposer brutalement et artificiellement des règles uniformes à tous les pays de l'union européenne, la très bureaucratique Commission de Bruxelles reproduit à l'échelon international-encore plus éloigné par définition que l'échelon national-cette logique "jacobine".
> L'HISTOIRE A AMENE DES CIRCONSTANCES QUI SE SONT INCLUSES DANS L'IDENTITE ET QUI EXPLIQUENT LA COMPLEMENTARITE DES IDENTITES REGIONALES AVEC L.'IDENTITE DE LA NATION CONCERNEE COMME LEUR DIFFERENCE AVEC LES IDENTITES DES TERROIRS ETRANGERS PROCHES :nous avons vu le lien qui existait entre circonstances et épanouissement de l'identité, laquelle ne saurait se résumer dans notre vieille Europe à une dimension "tribale".
> Concernant l'identité française, elle est née à partir d'une "fusion" (à partir du baptême de Clovis) entre les identités gauloise, latine et romaine qui a pu s'enrichir au cours de l'histoire d'autres apports en fonction des annexions (Alsace, Pays Basque...Antilles). La Gascogne, par exemple, à l'identité typique, apparaît fondamentale indissociable de l'identité française (alors même que les fondateurs du royaume d'Aragon sont des Gascons eux-aussi à l'origine). L'Auvergne n'a jamais perdu ses traditions et son folklore régional au contact de l'identité national (en témoignent les nombreux restaurants auvergnats de la capitale). D'ailleurs, la France n'est-elle pas une addition de toutes ces identités?
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> De toutes façon, la problématique d'une plus grande "proximité" avec des régions relevant d'un autre Etat ne se pose vraiment que pour les zones frontalières. Or, nous admettons que le pays Basque, issu de l'ancien royaume de Navarre, constitue une exception dans la mesure où il n'est pas issu de la "fusion" identitaire française (gauloise, latine, franque) du baptême de Clovis et dans la mesure où il s'étend effectivement sur les deux versants des Pyrénées. Cela est le fruit des évènements militaires et géopolitques à partir de l'annexion (frauduleuse( de la Haute-Navarre en 1512 par Ferdinand d'Aragon. Reste toutefois que l'exemple de la Navarre "espagnole" prouve sa capacité d'intégration et que les Basques Français ont su déteindre sur l'identité gasconne (indéniable composante de l'identité française, nous l'avons vu), en témoigne la "caricature" traditionnelle du Français en béret basque comme couvre-chef. Mais si l'on examine rapidement les autres zones frontalières, on constate que l'Alsace a une identité propre avec un particularisme propre (qui d'ailleurs serait à rapprocher de la Bavière mais en aucun cas de la très nordiste Allemagne du Nord, idem pour l'ancien compté de Nice (d'ailleurs, quoi de commun entre un Niçois et un Napolitain ou, même, un Romain!) et même les "Ch'tis" immortalisés par le récent film de Dany Boon auraient du mal à se rattacher à l'identité du  grand pays voisin lutte contre la partition, entre Flamands et Wallons.
> Autant d'identités locales, qui si elles comportent bien une dimension "transfrontalières", ne peuvent en aucun cas être raccrochées à des composantes de nations voisines à l'identité souvent incertaine (et beaucoup moins élaborée que l'identité nationale française, nécessairement plus ancienne).

Pour toutes les autres régions, il nous semble plus simple de rappeler que la nécessaire défense de leur vitalité et de leur identité n'a aucun intérêt à court-circuiter l'échelon national pour un rapprochement contre-nature avec un échelon supranational encore plus éloigné par nature.


Nota Bene: nous ne prenons pas de position "politicienne" mais reconnaissons sur ce point que le président du conseil général de la Vendée (terroir ne correspondant d'ailleurs pas à une région administrative) nous semble un excellent exemple de la défense conjointe de ces trois notions-souveraineté, identité,vitalité- non seulement suite à son engagement souverainiste et à son programme politique mais aussi par sa gestion locale (nous renvoyons à son livre: Une France qui gagne) qui puise directement ses racines dans l'oeuvre du Puy-du-Fou.

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Lionnel L 24/06/2009 11:26

Philippe de Villiers défend très bien l'identité "enracinée" en Vendée, mais il s'est un peu fourvoyé dans sa croisade contre l'islamisation et c'est pourquoi je ne l'ai pas suivi.
Il doit maintenant en tirer les conclusions qui s'imposent.

chasseurs 17/01/2009 19:00

Nous ne sommes pas contre cette alliance, si elle nous laisse le Sud-Ouest.
Souveraineté, identité, vitalité, c'est un programme qui nous plait!

Paysan de France 20/12/2008 17:41

Justement, PL, pourquoi ne s'allierait-on pas?

PL 15/11/2008 15:06

Mais je vous en prie: votre allusion à la Vendée et au Puy-du-Fou ne fait aucun doute sachant que, comme moi, vous semblez hésiter entre CNI, MPF et CPNT!

JEAN DU TERROIR 06/11/2008 14:51

Le mondialisme nie le principe de subsidiarité en vertu duquel on ne devrait importer que ce que l'on n'est pas en mesure de produire.

Lui accorder une valeur normative absolue à l'instar des accords de Marrakesh revient effectivement, merci PL, à en faire le plus grand adversaire de la souveraineté, de l'identité et de la vitalité.