INDIVIDUALISER ET PERSONNALISER L'ACTION PUBLIQUE

Publié le par JEAN DU TERROIR

L'action publique devrait être individualisée et personnalisée aussi bien dans sa gestion des personnels que dans son action vis-à-vis des usagers.Il importe de constater que le respect et la considération des personnes ne s'opposent pas, loin s'en faut, à l'efficacité de l'action publique.
 
Dans sa gestion des personnels, l'efficacité de l'action administrative gagnerait beaucoup avec l'individualisation dans l'affectation et l'évaluation, comme cela est prévu avec la loi Pécresse sur la liberté des universités.
L'affectation pourrait se faire davantage en fonction des compétences réelles ou supposées a priori et l'évaluation se ferait sur la base d'un responsabilisation accrue, y compris dans une dimension financière. Outre que les agents publics se sentiraient davantage considérés si la Fonction Publique prenait davantage en compte leurs compétences réelles voire leur centre d'intérêt (dans le cadre d'une gestion interministérielle, ce type d'affectation ne serait-il pas envisageable?), la collectivité bénéficierait ainsi plus sûrement de fonctionnaires motivés et compétents...
Et concernant la question de l'efficacité et de la responsabilisation individuelle des agents, il nous semble important de les promouvoir par l'attribution d'une responsabilité "par mission" qui limiterait la dilution de celle-ci dans les rouages administratifs (un fonctionnaire serait désigné pour suivre une mission de A à Z) et, naturellement, par un régime indemnitaire totalement "refondu" qui, par les seules "primes au mérite", attribuerait une réelle compensation financière au fonctionnaire qui accepterait de s'investir davantage dans ses fonctions (on augmenterait ainsi la différence actuellement ténue entre ce dernier et celui qui se contenterait du "strict minimum")
 
Vis-à-vis de l'usager, la personnalisation implique quant à elle de rompre avec la logique de "guichet et d'assistanat" qui crée du "solitaire solidaire": il ne s'agit pas d'imposer aux personnes une solidarité abstraite qui pèse sur leur pouvoir d'achat par les cotisations et l'impôt sur le revenu sans traiter réellement le problème des bénéficiaires mais de le réinsérer dans un environnement social où elles retrouveraient leur place et une certaine considération (l'encouragement à la retraite à domicile ne serait pas plus coûteux que les "maisons de retraites" et permettrait à ses bénéficiaires de vivre comme chez eux, entrourés des leurs).
Cela est plus intéressant d'ailleurs en termes de finances publiques, plus efficient parce que plus efficace, avec des conséquences indirectes lorsqu'il s'agit de gérer des maux structurels, tels que le chômage: une action personnalisée est plus efficace pour permettre à un demandeur d'emploi de se réinsérer et en même temps, génère un cycle vertueux en termes de finances publiques.
Cela n'est d'ailleurs pas uniquement valable pour les bénéficiaires des politiques sociales mais pour tous les usagers des services publics qui ne doivent plus être "pris pour des numéros" comme dans un système collectiviste totalitaire mais comme des personnes qui méritent un traitement personnalisé opéré par d'autres personnes, certes en charge de fonctions publiques, personnes dont la tâche pourrait davantage être évaluée en fonction de son degré d'attention davantage qu'en fonction du respect d'une réglementation de plus en plus coûteuse et opaque: c'est toute la différence entre "vous avez droit à" et "peut-être pouvons-nous envisager ensemble de".
Nous pensons en effet que l'homme moderne souffre davantage de la destructuration des communautés naturelles (famille, paroisse) et du tissu social traditionnel que de la remise en cause des fameux "droits acquis", malheureusement inopérants pour les personnes sans emploi et de toutes les façons insuffisants pour régler le problème d'un "pouvoir d'achat" confronté à la généralisation des délocalisations.
 
C'est notre vision de l'humanité qui recoupe parfaitement l'expression que je m'approprie en l'ocurence:  "la droite humaine".
 
Jean du Terroir
 

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Ludovic 15/03/2008 12:07

L'action publique est impersonnelle parce qu'elle est enfermée dans des carcans bureaucratique.

Il faut construire une administration moins formaliste et plus réactive en fonction des "dossiers" traités.

Le conseil général de la Vendée est une réussite à ce niveau-là

Fan de Philippe de Villiers 14/03/2008 11:17

"si on arrêtait de s'occuper des textes pour s'occuper des hommes": cette phrase est issue du livre de Philippe de Villiers "Une France qui gagne", qui met en relation son action en tant que président du conseil général de la Vendée et son projet "pour la France".

J'ai d'ailleurs l'impression à vous lire que vous vous en êtes largement "inspiré" y compris dans les expressions: "sortir de la logique de guichet et d'assistanat" "solitaire solidaire", "pouvoir vivre comme chez eux".

Mais c'est de bonne guerre...