MARION OU MARINE: DEUX LIGNES "HORS SYSTEME" COMPLEMENTAIRES CAR INSUFFISANTES EN ELLES MEMES

Publié le par JEAN DU TERROIR

L'on a beaucoup disserté ces derniers temps sur l'affrontement larvé" (exemple: Politique Magazine, février 2016), réel ou supposé entre deux lignes correspondant à deux types d'électorat "frontiste" différent-l'un, nordiste, issu du "gaucholepénisme", l'autre, sudiste, plus poujadiste, voire "droitier-censées être incarnés respectivement par les filles et petite-fille de Jean-Marie Le Pen, et ce, faisant fi de "contradictions réelles" telle que l'ouverture de Marion l'héritière du "Menhir"à des personnalités comme Philippe de Villiers ou Henri Guaino ou encore le fait que la "droite nationale" se trouve historiquement partagée non pas en deux mais en trois lignes distinctes : patriotisme "centraliste", "identitarisme" régionaliste à connotation éventuellement européenne et souverainisme enraciné, version modérée du "nationalisme intégral", régionaliste dans sa version maurrassienne.

Si la ligne Marine, inspirée de l'ancien chevènementiste Philippot, paraît finalement assez claire dans son patriotisme désincarné (ou plutôt incarné seulement par l'Etat au delà de l'échelon politique incarné normalement au niveau national) et son opération de "siphonnage" d'une partie de l'électorat de la gauche dure-depuis la désillusion Hollande d'ailleurs inévitable pour de simples raisons de finances publiques-et "hors système" au sens "anti-politicien" du terme-le nouvel électorat rural n'était pas vraiment "politisé- avec la ligne correspondant un peu à la première énoncée, avec toutefois une connotation vers une redistribution sociale accentuée au profit d'une "France rurale" moins concernée d'ailleurs par l'immigration, la ligne Marion est plus complexe.

Comme nous l'indiquions à l'instant, il y a un vrai paradoxe à voir la jeune députée du Vaucluse affublée davantage de l'héritage de son grand-père-s'il est vrai que l'électorat "sudiste" qu'elle incarne en partie correspond plus à ce dernier, c'est pour des raisons liés aux poujadistes et rapatriés, le phénomène d'électorat "gaucholepéniste" ayant commencé en fait dès le début des années 90 avec légère perte d'électorat "droitier"- et en même temps incarner la véritable "ouverture" aux personnalités souverainistes "de droite" voire à une partie de l'aile "droite" de l'actuelle "droite parlementaire", sociologiquement effectivement plus proche du phénomène "poujadiste".

C'est qu'en même temps, Marion tient des positions beaucoup plus "modérées" que ces dernières ne réclament en fait pas vraiment telles que la renonciation à la peine de mort ou à la dénonciation de la "monnaie unique" en même temps que, avant de dénoncer la loi El Khomri, elle s'affichait favorable à un certain libéralisme a priori-du moins l'espèrent les souverainistes-interne aux frontières nationales ET européennes en fonction des domaines! C'est que, depuis sa défaite aux élections régionales, elle veut aller plus loin que la simple "récupération" d'un Philippe de Villiers à laquelle elle tient réellement cependant.

Proche sociologiquement des milieux catholiques conservateurs voire "traditionalistes" -mais ne parlons pas ici des mouvances liées à l'Action Française ou au Renouveau Français, correspondant davantage à la "dernière ligne" évoquée s’accommodant fort bien de la peine de mort ou de la dénonciation de l'euro-, elle semble attirée par l'idée, celle du jeune Philippe de Villiers avant la campagne de Maastricht, que le "hors système" est avant tout culturel, d'où sa légitime intransigeance sur les questions sociétales, auxquelles malheureusement ces milieux là ont tendance à s'intéresser...exclusivement! Sans oublier la question des "migrants" ou de l'immigration en général mais qui, en fait, nonobstant la définition même de l'immigré, ne fait en réalité pas débat pratiquement (en expulser la moitié serait déjà tellement...pas mal!) et fait même consensus dans les électorats frontiste et assimilé..dès lors qu'elle évite soigneusement les "dérapages".

Au même moment, si anodin cela puisse paraître, sa "relativisation" du combat contre l'euro amène aussi une relativisation du combat "hors système" contre...ceux qui détiennent l'arme du Système par excellence à savoir sa monnaie avec des incohérences pratiques inévitables lorsqu'il s'agira de prendre des mesures opposées à celles qu'impulsent les technocrates de Bruxelles!

En réalité, au moment où Marine laisse tomber le "hors-système culturel" en maintenant le "hors système politique", Marion fait exactement l'inverse, ce qui n'est d'ailleurs pas dénué de fondement lorsqu'il s'agit de penser à des sociétés alternatives-c'est l'intérêt du rapprochement avec les catholiques traditionalistes "durs" en même temps qu'avec les vrais "identitaires", ce qui n'ont pas une vision unifiée de l'identité au niveau européen, par exemple- mais pose la question du sens de son combat si elle arrivait au pouvoir!

En réalité, dans le contexte qui est le nôtre aujourd'hui, même si j'apprécie beaucoup le combat d'organisations telles que "Liberté Politique" de Monsieur Billot de Lochner (avec le général Tauzin), je pense désormais que le contexte actuel ne laissant plus de "marges de manœuvre" (qu'adviendrait-il si la Banque Centrale Européenne augmentait à nouveau ses taux directeurs?), le "hors système politique" et le "hors système culturel" vont de pair et c'est d'ailleurs ce que prônent aujourd'hui les organisations les plus proches du "nationalisme intégral" sources de renouveau...potentiel!

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